Des groupes organisent la vaccination prioritaire des survivants de la Shoah
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Des groupes organisent la vaccination prioritaire des survivants de la Shoah

United Hatzalah et la Claims Conference ont contacté 20 000 survivants bloqués chez eux, offrant un rendez-vous pour l'immunisation en assurant le transport vers le centre concerné

Les personnels de la United Hatzalah emmènent une survivante de la Shoah à la plage, à Nahariya, après une visite dans un centre de vaccination. (Autorisation : United Hatzalah)
Les personnels de la United Hatzalah emmènent une survivante de la Shoah à la plage, à Nahariya, après une visite dans un centre de vaccination. (Autorisation : United Hatzalah)

Après avoir découvert qu’un grand nombre de survivants de la Shoah, actuellement confinés chez eux, n’ont pas été vaccinés, une organisation urgentiste israélienne s’est associée à un groupe s’occupant des droits des survivants pour lancer un nouveau service qui leur prendra des rendez-vous dans les centres de vaccination et assurera le transport vers ces dispensaires.

« De nombreux survivants n’ont pas quitté leurs habitations depuis la fin du mois de mars, et parfois même depuis encore plus longtemps, et ils ont besoin d’être aidés pour enfin accéder à la campagne de vaccination mise en place par l’Etat. C’est cette aide que nous leur apportons très exactement », a commenté Raphael Poch, porte-parole de United Hatzalah, auprès du Times of Israel. « Nous sommes déterminés à entrer en contact avec chacun des survivants en garantissant qu’aucun d’entre eux ne sera laissé pour compte dans cette campagne de vaccination ».

Pour certains survivants, la « journée du vaccin » est devenue une occasion d’aventure devenue rare. Jennifer Attias, médecin dans la ville côtière de Nahariya, a raconté que les ambulanciers, là-bas, avaient commencé à offrir aux survivants une visite à la plage lors du retour du centre de vaccination, au vu du caractère exceptionnel de leur sortie.

Et en raison du succès formidable qui avait été remporté par ces balades inattendues à la plage, un « arrêt plage » devait être ajouté au programme officiel de la campagne de vaccination. Un ajout qui a été malheureusement reporté. En effet, ces derniers jours, les plages israéliennes ont été officiellement interdites d’accès suite à une marée noire qui s’est déversée sur le littoral.

« Ces gens sont enfermés chez eux, un grand nombre d’entre eux sont placés sous oxygène et c’est très rare qu’ils quittent leurs habitations parce que s’ils ne prennent pas une ambulance, ils ne peuvent tout simplement pas sortir », a ajouté Attias. « Alors nous les emmenons se faire vacciner et sur le chemin du retour, nous les emmenons à la plage que certains n’ont pas vu depuis cinq ans ou plus, même s’ils vivent à proximité ».

« On emmène l’ambulance à la mer et c’est un moment très émouvant. Leurs yeux brillent », continue Attias.

Un porte-parole de Hatzalah a déclaré que les personnes vaccinées pourraient être emmenées ailleurs suite à la fermeture des plages, même s’il n’a pas apporté de précision sur les éventuelles alternatives.

Les personnels de la United Hatzalah emmènent un survivant à la plage, à Nahariya, après une visite dans un centre de vaccination. (Autorisation : United Hatzalah)

De nombreux survivants de la Shoah israéliens sont isolés et ne sont que finalement peu informés au sujet de la campagne de vaccination. Si l’Etat fournit les vaccins, les autorités responsables des services sociaux ne prennent pas un rôle actif lorsqu’il s’agit de contacter les survivants et de leur fournir un transport.

Ainsi, dimanche, les personnels de Hatzalah ont commencé à travailler par le biais d’une liste d’environ 20 000 survivants confinés chez eux, les appelant au téléphone pour discuter du vaccin et leur offrant de prendre rendez-vous pour eux dans un centre où ils pourront se faire vacciner.

Ils assurent également le transport en ambulance vers les centres, en présence de médecins.

« Nous avons le sentiment que cette population mérite un niveau accru d’attention et de soins pour franchir les obstacles physiques et les inquiétudes liées au fait de quitter, une fois encore, leur logement, afin de recevoir un vaccin qui leur permettra de revenir à une forme de normalité », a indiqué Poch. « Nos employés les appellent, ils discutent avec eux, ils les apaisent, ils parlent de l’importance de se faire vacciner et ils proposent de se charger de tous les arrangements pratiques ».

Poch a précisé que l’équipe téléphonique pouvait s’adresser aux survivants en plusieurs langues : en hébreu, en yiddish, en anglais et en français.

« Nous devons assurément cela à toutes celles et à tous ceux qui ont survécu à la plus grande atrocité jamais connue par l’humanité : leur offrir des soins et mettre à leur disposition un service qui pourra leur faciliter un petit peu la vie », a commenté de son côté le fondateur de Hatzalah, Eli Beer. « C’est une mission que nous sommes fiers d’assumer ».

Joseph Zalman Kleinman, 92 ans, survivant de la Shoah, désigne le bras sur lequel il préfère recevoir la seconde dose du vaccin Pfizer contre la COVID-19 au centre de vaccination de la caisse d’assurance-maladie de la Clalit dans un stade de Jérusalem, le 21 janvier 2021. (Crédit : AP Photo/Maya Alleruzzo)

La liste de survivants a été fournie par la Claims Conference (Conference on Jewish Material Claims Against Germany), qui négocie les indemnisations, les restitutions et autres demandes de compensation émanant des victimes de la Shoah. Le groupe a fourni un financement de cinq millions de shekels pour ce projet.

« L’importance de permettre aux survivants de la Shoah de reprendre leur quotidien, leur routine sociale, est une haute priorité », a déclaré le vice-président de la Claims Conference, Shlomo Gur. « Nous savons que l’année passée a été particulièrement difficile et nous allons donc faire tout ce qui est possible pour mettre un terme à cet isolement social ».

Avant même le lancement du nouveau projet de la Hatzalah, l’organisation avait commencé à recevoir des appels de survivants demandant une aide pour accéder à la vaccination – ce qui explique pourquoi les visites à la plage avaient été possibles même avant le lancement, dimanche, du programme national.

« Nous aidons les survivants à faire les premiers pas vers une vie normale et c’est quelque chose de très émouvant », a dit Poch.

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