Des heurts éclatent après une prière juive au Tombeau de Joseph
Rechercher

Des heurts éclatent après une prière juive au Tombeau de Joseph

Yossi Dagan a dit aux fidèles réunis dans une région sous contrôle de l'AP, que "l'histoire ne pardonnera pas à ceux qui abandonnent les lieux saints"

Yossi Dagan, chef du Conseil régional de Samarie visite le Tombeau de Joseph', à Naplouse le 23 juin 2020 (Crédit : Roi Hadi)
Yossi Dagan, chef du Conseil régional de Samarie visite le Tombeau de Joseph', à Naplouse le 23 juin 2020 (Crédit : Roi Hadi)

Un groupe de résidents d’implantations a déclaré mardi matin que quelque 2 500 Israéliens s’étaient rendus la nuit précédente au Tombeau de Joseph, un lieu saint situé dans une zone de Cisjordanie sous contrôle palestinien total.

Selon les rapports palestiniens, un nombre indéterminé de Palestiniens ont été blessés lors d’affrontements avec des troupes israéliennes au moment de la visite.

La police n’a pas fait de déclaration au sujet de la visite ou des violences signalées, qui sont survenues une semaine avant la date à laquelle Israël prévoit de commencer à annexer unilatéralement des parties de la Cisjordanie.

Le chef du Conseil régional de Samarie, Yossi Dagan, a fait savoir que les fidèles priaient pour une annexion complète et réussie de la Cisjordanie.

« Nous sommes ici pour envoyer un message clair : peuple d’Israël, l’État d’Israël ne renoncera pas aux lieux saints », a-t-il déclaré. « L’histoire ne pardonnera pas à ceux qui abandonnent les lieux saints en ce moment. Nous n’accepterons pas de souveraineté symbolique ».

Le mois dernier, Yossi Dagan a lancé une campagne contre la création d’un État palestinien et la formation d' »enclaves » d’implantations isolées en Cisjordanie dans le cadre du plan du président américain Donald Trump.

Des milliers de Juifs religieux en pèlerinage dans le lieu saint de la Tombe de Joseph à Naplouse, en Cisjordanie, le 17 septembre 2018. (Armée israélienne)

Les visites quasi mensuelles des Israéliens au Tombeau de Joseph sont autorisées par l’armée israélienne et sont effectuées sous une garde lourdement armée.

Le Tombeau de Joseph est situé dans la zone A de la Cisjordanie, qui est officiellement sous contrôle total de l’Autorité palestinienne, bien que l’armée israélienne y mène des activités. Tsahal interdit aux citoyens israéliens d’entrer dans la zone A sans autorisation préalable.

Le site est vénéré par les juifs, les chrétiens et les musulmans, et a souvent été un foyer de violence confessionnelle. Lors de ces visites de pèlerins juifs, les Palestiniens lancent régulièrement des pierres aux troupes israéliennes, et les attaquent parfois avec des cocktails Molotov et des coups de feu.

Incendie allumé par des émeutiers palestiniens au tombeau de Joseph à Naplouse en Cisjordanie, le 16 octobre 2015. (Crédit : capture d’écran)

En 2015, un groupe de Palestiniens avait mis le feu au complexe contenant la Tombe de Joseph. Les forces de sécurité de l’Autorité palestinienne avaient dispersé la foule d’une centaine de personnes et réussi à éteindre l’incendie sur le site qui, selon la tradition, contient les restes du patriarche biblique Joseph.

D’autres incendies criminels et des actes de vandalisme ont été commis sur le site, y compris des dommages importants causés par des émeutiers palestiniens en 2000.

Le mois dernier, un tribunal israélien a condamné un ancien policier palestinien pour avoir ouvert le feu en 2011 sur un groupe d’Israéliens qui s’étaient rendus sur le site sans coordination. Un homme avait été tué.

La dernière visite nocturne a eu lieu malgré l’annonce faite le mois dernier par le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas de mettre fin à la coopération en matière de sécurité avec Israël.

Le président de l’AP, Mahmoud Abbas, dirige une réunion de dirigeants à son siège, dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 19 mai 2020. (Alaa Badarneh/Pool via AP)

Le 21 mai, Abbas avait déclaré que l’AP était « absoute » de tous les accords et arrangements avec Israël et les États-Unis. Il a expliqué que sa déclaration était une réponse aux violations répétées par Israël de ces accords, y compris son projet d’annexion unilatérale de certaines parties de la Cisjordanie, et que ses forces de sécurité coupaient les liens avec l’armée israélienne.

Cette affirmation s’est depuis révélée exagérée, car un certain degré de coordination s’est poursuivi malgré cette annonce dramatique, bien que dans une moindre mesure que d’habitude.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a insisté sur le fait qu’il mettra en œuvre l’extension de la souveraineté israélienne aux implantations et à la vallée du Jourdain – environ 30 % de la Cisjordanie – à partir du 1er juillet.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...