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« Des jours meilleurs reviendront », dit une survivante de la Shoah coincée à Kiev

Alors que près de la moitié des habitants de la capitale ont fui, Ludmila, dont l'état de santé ne permet pas une évacuation, salue le dévouement de sa soignante employée par Hesed

Anna et Ludmila à Kiev, mars 2022. (Crédit : Avec l'aimable autorisation du Joint Distribution Committee)
Anna et Ludmila à Kiev, mars 2022. (Crédit : Avec l'aimable autorisation du Joint Distribution Committee)

Alors que, selon le maire de la capitale, près de la moitié de la population de Kiev a fui depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, il devient de plus en plus compliqué de s’occuper de ceux qui sont trop vieux ou trop malades pour partir.

Sur les plus de trois millions d’habitants que compte la ville, un peu moins de deux millions sont partis, a déclaré jeudi Vitali Klitschko.

Ludmila, 85 ans, survivante juive de la Shoah, qui ne peut quitter son appartement du troisième étage à Kiev, fait partie des privilégiés – pour le moment.

Anna, une aide à domicile de 40 ans employée par l’organisation de services sociaux du Joint Distribution Committee (JDC), Hesed, avec le soutien financier de la Claims Conference, continue de lui prodiguer ses soins avec dévouement.

« Je ne peux pas accepter cette guerre dans ma tête. Je ressens de la frustration, mais je ne suis pas seule », dit Ludmila. « Ma chère Anna ne m’a pas quittée. Le soutien que je reçois est extrêmement important. J’ai de la nourriture qu’Anna m’apporte, et j’ai la possibilité de rester en vie et de croire en des jours meilleurs à venir. »

Bien qu’elle doive s’occuper de sa propre famille, Anna fait les courses pour Ludmila tous les matins et reste avec elle jusqu’au couvre-feu imposé par la ville.

« Ludmila vit au troisième étage, et elle ne peut pas descendre à cause de ses jambes », explique Anna. « Alors quand les sirènes retentissent, nous nous dirigeons lentement vers la salle de bain ou le couloir. Nous nous sentons plus en sécurité là-bas. »

« Nous entendons très souvent les bruits d’explosion, mais nous nous soutenons mutuellement en nous serrant dans les bras lorsque nous avons très peur. Nous nous serrons dans les bras l’une de l’autre et nous prions pour la paix », a-t-elle ajouté.

Le JDC gère 18 bureaux Hesed à travers l’Ukraine, dont beaucoup ont dû fermer physiquement depuis le début de la guerre.

Dans la mesure du possible, le personnel continue à travailler à domicile, et les travailleurs sociaux qui se trouvent encore dans le pays, comme Anna, risquent leur vie pour continuer à venir en aide aux personnes âgées et aux juifs infirmes.

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