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Le réseau Hesed du JDC continue de s’occuper des Juifs les plus démunis en Ukraine

Le personnel œuvre pour fournir des services à distance et d'autres s'installent chez des Juifs confinés pour assurer la continuité des soins alors que les combats font rage

Un travailleur social de Hesed embrassant un client à Odessa, le lundi 28 février 2022. (Crédit : JDC)
Un travailleur social de Hesed embrassant un client à Odessa, le lundi 28 février 2022. (Crédit : JDC)

Avec les routes bloquées et les transports publics soit fermés, soit réquisitionnés pour les besoins militaires, fournir des soins aux membres de la communauté juive d’Ukraine dans le besoin n’a jamais été aussi difficile. Mais les travailleurs sociaux ukrainiens employés par l’American Jewish Joint Distribution Committee (JDC) continuent à prodiguer leurs services aux Juifs de ce pays assiégé.

« Miraculeusement, les soins à domicile continuent, pour la plupart, même dans des conditions aussi épouvantables », a déclaré Amos Lev-Ran, du département de l’ex-Union soviétique du JDC.

Hesed, qui fait partie du réseau de prestataires de services sociaux juifs du JDC en Ukraine, a dû fermer certains de ses 18 bureaux. Mais les branches restent actives, y compris à Kherson, une ville portuaire sur la mer Noire et le fleuve Dniepr qui a été au centre de l’assaut de la Russie sur le sud de l’Ukraine.

Alexander Vainer, directeur de la branche de Hesed à Kherson, a indiqué dimanche que la situation sur place était « critique ».

« Le bureau de Hesed est fermé, en raison des restrictions de mouvement dans la ville, mais le travail se poursuit, chacun faisant ce qu’il a à faire depuis chez lui. Ils ont tous leur ordinateur portable avec eux, les données sur les clients, et tous les numéros de téléphone, et ils peuvent coordonner le travail des travailleurs sociaux », a déclaré Vainer.

« Les travailleurs sociaux rendent visite à toutes les personnes âgées et essaient de leur fournir tout ce dont elles ont besoin. Sur 165, seuls 40 ont cessé de travailler, pour différentes raisons. »

Des bénévoles triant des vêtements, du matériel et des produits alimentaires dans un centre Hesed encore en activité en Ukraine. (Crédit : JDC)

Des combats intenses ont eu lieu à Kherson, notamment d’importants bombardements, alors que les forces russes tentaient d’établir une tête de pont sur le fleuve Dniepr. Mardi, des médias ont indiqué que les troupes russes étaient entrées dans Kherson, déclenchant des combats de rue dans la ville.

« Il n’est pas possible d’entrer ou de sortir de Kherson. Les transports publics ne fonctionnent pas, tous les bus de la ville sont utilisés pour les combattants ou pour fournir aux gens des produits de première nécessité comme du pain et de l’eau », a déclaré Vainer. « Seuls quelques trolleybus fonctionnent le long des routes de la ville, ce qui rend tout déplacement quasiment impossible pour les gens. »

« On a dit à tout le monde de rester chez soi, près des abris. La ville semble être morte, il n’y a personne dehors. Les sirènes retentissent tout le temps. Il n’y a pas de nourriture dans les magasins et les gens doivent survivre avec ce qu’ils ont acheté auparavant », a poursuivi Vainer.

Le directeur du réseau Hesed, Mikhail Goldenberg, s’est fait l’écho de préoccupations similaires concernant le manque de nourriture et de moyens de transport dans la ville voisine de Mykolaiv, un centre de construction navale sur la mer Noire, qui a connu de violents combats au cours du week-end. Là aussi, le personnel travaille à domicile et les travailleurs sociaux continuent de rendre visite aux personnes âgées et aux malades.

Des personnes faisant la queue pour acheter de la nourriture devant un supermarché avec un bâtiment endommagé en arrière-plan à Kiev, le 1er mars 2022. (Crédit : Dimitar DILKOFF/AFP)

À Sumy, près de la frontière biélorusse dans le nord-est de l’Ukraine, la directrice de Hesed, Yelizaveta Sherstyuk, a déclaré que sa famille avait passé la nuit de samedi à dimanche abritée dans un sous-sol alors que d’intenses combats faisaient rage à l’extérieur, avec des explosions et des tirs.

Là aussi, les travailleurs sociaux continuent de rendre visite aux personnes âgées, notamment celles qui n’ont pas de famille pour s’occuper d’elles, a-t-elle précisé.

« Les travailleurs sociaux continuent de se rendre au domicile des clients, parfois au risque de leur propre sécurité », a confirmé Lev-Ran du JDC. « Beaucoup dorment chez les clients à cause du danger ».

Dans les régions où il est impossible de fournir des soins à domicile pour tous, les travailleurs sociaux se concentrent sur les plus nécessiteux – les personnes bloquées à la maison et les personnes alitées, a-t-il ajouté.

Le réseau Hesed prend en charge près de 40 000 Juifs ukrainiens pauvres, dont 9 900 survivants de la Shoah. Au début de la guerre, le JDC, également connu sous le nom de The Joint, a veillé à ce que des lignes d’assistance locales relient les clients au personnel de Hesed.

Une travailleuse sociale de Hesed chez une cliente à Odessa, le lundi 28 février 2022. (Crédit : JDC)

Bien qu’Internet et les lignes téléphoniques semblent fonctionner normalement en Ukraine, le JDC a également lancé une ligne d’assistance internationale gratuite (+380947111104) avec 20 extensions, au cas où les lignes d’assistance locales de Hesed seraient endommagées pendant les combats.

Lundi, plus de 1 000 Ukrainiens avaient déjà appelé la ligne d’assistance internationale, qui est gérée par des ukrainophones et des russophones en Israël et payée par les sociétés Bezeq International et Partner. Les opérateurs ont relayé les demandes d’aide à leurs homologues en Ukraine.

En outre, un centre de volontaires en Moldavie, créé par le JDC en 2014, a été recruté pour contacter de manière proactive des milliers de clients à domicile et de clients alités parmi les plus nécessiteux en Ukraine, afin de s’assurer qu’ils disposent de tout ce dont ils ont besoin, a précisé M. Lev-Ran.

Il y a deux ans, le JDC a lancé un projet visant à fournir aux personnes âgées dans le besoin des smartphones spécialement conçus pour qu’elles puissent rester en contact étroit avec leur famille et leurs amis.

Ceux-ci ont permis à quelque 200 Ukrainiens de participer à deux sessions Zoom samedi. L’une proposait une séance d’art-thérapie, l’autre l’occasion de parler à un psychologue israélien.

Des groupes juifs occidentaux ont lancé des appels afin de récolter des fonds pour l’Ukraine, qui a connu certains des pires combats en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

Lundi, les Fédérations juives d’Amérique du Nord (JFNA) ont porté à 20 millions de dollars l’objectif d’une campagne d’urgence pour l’aide humanitaire critique.

Les projets pour lesquels les fonds seront récoltés comprennent la prise en charge des besoins de base urgents des Juifs vulnérables, la sécurité communautaire, le logement temporaire des personnes déplacées, les besoins d’urgence dans les écoles juives et l’aide à l’émigration vers Israël.

Les fonds seront alloués par l’intermédiaire des principaux partenaires des Fédérations juives, l’Agence juive pour Israël, l’American Jewish Joint Distribution Committee et World ORT, ainsi que d’autres partenaires présents sur le terrain en Ukraine, selon un communiqué.

La communauté juive d’Ukraine était estimée en 2020 à 43 000 personnes, mais d’autres estiment qu’elle serait de loin supérieure à ce chiffre.

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