Des maires voisins de Gaza boycottent une réunion avec Netanyahu
Rechercher

Des maires voisins de Gaza boycottent une réunion avec Netanyahu

Après s'être entretenu avec des officiers de Tsahal, le Premier ministre dit qu'Israël espère le calme dans le sud mais se prépare à une action militaire

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Un soldat israélien combat un incendie déclenché par un engin incendiaire lancé depuis la bande de Gaza dans le sud d'Israël, le 26 juin 2019. (AP Photo/Tsafrir Abayov)
Un soldat israélien combat un incendie déclenché par un engin incendiaire lancé depuis la bande de Gaza dans le sud d'Israël, le 26 juin 2019. (AP Photo/Tsafrir Abayov)

Les chefs de deux conseils régionaux à la frontière de Gaza, ravagés ces derniers mois par des incendies criminels dus  des ballons incendiaires jetés par des Palestiniens et des tirs de roquettes, ont boycotté mercredi une réunion avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu et de hauts fonctionnaires, accusant le gouvernement de ne pas faire cas de la sécurité dans les localités israéliennes les plus proches de l’enclave palestinienne.

S’exprimant après la réunion de son cabinet de sécurité de haut niveau, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré qu’Israël espérait un retour au calme dans la région, mais qu’il avait néanmoins ordonné à l’armée israélienne de préparer une éventuelle opération militaire dans la bande de Gaza.

La réunion s’est tenue au quartier général de la Division de Gaza de Tsahal, près du kibboutz Rehim. Des représentants de villes et de villages du sud d’Israël ont été invités à la réunion pour discuter de la situation sécuritaire à Gaza et d’autres questions touchant la région.

Le chef de la région d’Eshkol, Gadi Yarkoni, et le chef de la région de Shaar Hanegev, Ofir Libstein, ont annoncé dans un communiqué conjoint qu’ils ne participeraient pas à cette réunion en protestation contre la décision de réunir toutes les communes du sud, et non pas seulement celles qui ont subi l’essentiel des attaques menées depuis la Bande de Gaza pendant ces dix-huit derniers mois.

Le Premier ministre Netanyahu et le ministre des Finances Kahlon rencontrent les chefs de conseil de la région adjacente à la bande de Gaza, le 3 juillet 2019. (Ariel Hermoni / Ministère de la Défense)

« Nous respectons nos collègues, les chefs de régions du Sud, eux aussi sont confrontés à des situations d’urgence complexes, mais nous sommes convaincus que les défis, les besoins et la réalité auxquels la périphérie de Gaza est confrontée sont sans aucun doute fondamentalement différents des autres régions », ont-ils dit.

Le général de division Eyal Zamir, chef du commandement sud de Tsahal, (au centre), le chef de la brigade sud de Gaza, le colonel Kobi Heller, (à gauche), et le chef du conseil régional local, Gadi Yarkoni, (à droite), se retrouvent près du passage Kerem Shalom le 14 janvier 2018 où un prétendu tunnel d’attaque du Hamas fut découvert et détruit par les militaires la veille. (Armée israélienne)

Yarkoni et Libstein ont dit qu’ils pensaient que le gouvernement n’était pas vraiment intéressé à comprendre la situation dans la zone frontalière de Gaza.

« Nous ne pouvons pas accepter cela et nous ne participerons donc pas », ont-ils écrit.

Les deux hommes ont demandé au gouvernement de tenir une autre réunion uniquement avec les autorités locales de la périphérie de Gaza.

Netanyahu a répondu que le boycott de l’événement était un geste étrange pour un groupe qui se plaint souvent d’être ignoré.

« Je regrette que certains chefs de conseils régionaux qui disent toujours qu’on ne les écoute pas aient décidé de partir quand nous sommes venus les écouter. Mais nous ferons ce qu’il faut pour tout le monde », a déclaré le Premier ministre.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu prend la parole lors d’une cérémonie en l’honneur des unités de réserve de l’armée israélienne, le 1er juillet 2019. (Amos Ben-Gershom / GPO)

En plus des chefs des gouvernements locaux, M. Netanyahu et le cabinet ont également rencontré les chefs du Commandement sud de Tsahal et de la Division Gaza.

« Notre politique est claire : nous voulons rétablir le calme, mais en même temps, nous nous préparons à une opération militaire d’envergure, si nécessaire. Ce sont les ordres que je donne à l’armée », a déclaré le Premier ministre.

La réunion a eu lieu moins d’une semaine après qu’Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas au pouvoir à Gaza ont conclu un nouvel accord de cessez-le-feu, qui visait à mettre fin au lancement d’engins incendiaires et explosifs aéroportés depuis la bande de Gaza vers le sud d’Israël et à contenir la violence générale le long de la frontière, en échange de plusieurs concessions économiques.

Depuis son entrée en vigueur vendredi dernier, il y a eu une baisse marquée du nombre d’incendies criminels aériens, bien qu’ils n’aient pas complètement cessé.

Des Palestiniens préparent des ballons incendiaires près de la ville de Jabalia dans la bande de Gaza, 25 juin 2019. (Hassan Jedi/Flash90)

Le gouvernement de M. Netanyahu a fait l’objet de nombreuses critiques de la part des résidents du Sud et des politiciens des deux bords politiques qui lui reprochent de ne pas réagir adéquatement aux violences continues du Hamas et des autres groupes terroristes de la bande de Gaza, que ce soit par la force, ou en faisant la paix à long terme.

Depuis que la violence le long de la frontière a commencé à s’intensifier en mars dernier, les habitants de la périphérie de Gaza ont également organisé un certain nombre de manifestations dans tout le pays en réaction à ce qu’ils considèrent comme une inaction du gouvernement face au terrorisme.

Plus tôt cette semaine, le Premier ministre a défendu son bilan en rejetant les plaintes de ses rivaux politiques comme des attaques partisanes et peu sincères.

« Je ne suis pas impressionné par la propagande des ‘experts’. Beaucoup d’entre eux nous donnent des conseils qu’ils n’ont pas eux-mêmes mis en œuvre lorsqu’ils étaient en fonction », a déclaré M. Netanyahu avant la réunion hebdomadaire du cabinet du Premier ministre à Jérusalem, faisant référence aux déclarations faites par des politiciens qui avaient servi auparavant à la Défense et en tant que chefs des armées.

« Et ne vous y trompez pas, ils seront aussi les premiers à nous critiquer après que nous nous soyons lancés dans une opération militaire à grande échelle, ce que nous pourrions être obligés de faire. Ce qui me guide n’est donc qu’une chose : la sécurité de l’État d’Israël », a déclaré le Premier ministre.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...