Rechercher

Des membres de Lev Tahor font l’éloge d’Israël, menaçant l’espoir d’asile en Iran

Un clip montre le porte-parole de Lev Tahor louant les efforts de Tsahal pour minimiser les pertes civiles, des mois avant que le groupe ne commence à se diriger vers Téhéran

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Le porte-parole d’une secte antisioniste haredi a été filmé faisant l’éloge de Tsahal dans un clip récupéré par le Times of Israël mercredi, ce qui pourrait menacer les efforts actuels du groupe extrémiste pour demander l’asile en République islamique d’Iran.

Le clip – une conversation Zoom enregistrée peu après la guerre qu’Israël a menée avec le Hamas à Gaza en mai – montre le porte-parole de Lev Tahor, Uriel Goldman, rejetant comme une « blague » les accusations selon lesquelles l’armée israélienne aurait fait un usage excessif de la force pendant les 11 jours de combat.

« Il y a [des] personnes qui disent toujours « comment se fait-il que vous attaquiez des enfants ? ». C’est absurde parce que vous savez qu’Israël se soucie beaucoup plus de ces choses que les Américains », a déclaré Goldman.

Le clip a été récupéré alors que la secte d’environ 280 membres – parmi lesquels se trouvent des citoyens d’Israël, des États-Unis et du Canada – a commencé à quitter progressivement le Guatemala, où elle est basée, pour l’Iran, ont déclaré des sources familières de l’affaire au Times of Israël mercredi.

Les proches des membres de la secte et les groupes de défense des droits des victimes ont informé les gouvernements israélien, américain et guatémaltèque de ce qu’ils craignent être un « incident diplomatique massif » si Lev Tahor arrive en Iran, mais les autorités ont été lentes à agir, a déclaré l’une des sources.

« L’accord Shalit aura l’air d’un jeu d’enfant à côté de cela », a déclaré un proche au site d’information Ynet mercredi, faisant référence à l’accord de 2011 sur les prisonniers avec le Hamas, dans lequel Israël a libéré 1 027 condamnés pour terrorisme palestinien en échange du soldat Gilad Shalit, qui était retenu en captivité depuis 2006.

Lev Tahor a déposé une demande d’asile en Iran en 2018, jurant allégeance au guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, et affirmant qu’il faisait face à des persécutions en raison de ses positions antisionistes, selon les documents présentés à un tribunal fédéral américain en 2019.

Ces dernières semaines, plusieurs petits groupes de membres de Lev Tahor ont quitté le Guatemala pour le Moyen-Orient, cherchant à entrer en Iran par sa frontière avec le Kurdistan irakien, a déclaré une source familière. Les efforts des autorités et des enquêteurs privés engagés par des groupes de défense des droits des victimes ont réussi à retarder temporairement les plans de voyage de la secte, certains des membres arrivant à l’aéroport au Guatemala pour constater que leurs passeports ont été rejetés.

Les autorités guatémaltèques ont déjà arrêté un certain nombre de membres de la secte, qui ont la nationalité américaine et qui auraient été en route pour l’Iran ces derniers jours, suite à une demande des autorités américaines, rapporte Ynet.

Selon Yeshiva World News, qui a été le premier à faire état de la tentative de déplacement de la secte vers l’Iran ces dernières semaines, l’un des membres déjà en Irak était le porte-parole de Lev Tahor Goldman, ainsi qu’Amram Moshe Yosef Rosner et Yosef Hanoch Helbrans.

Des filles de Lev Tahor se promenant à Chatham, en Ontario, en décembre 2013. (capture d’écran : YouTube)

Dans la vidéo Zoom de l’été dernier, on pouvait entendre Goldman se moquer de ceux qui sympathisent avec les Palestiniens. « Nous rions quand ils disent : ‘Oh les Palestiniens ! Si nebach (malheureux en yiddish). Ils les attaquent. C’est une blague. Entre vous et moi, tout le monde sait que c’est une blague ».

Assis à côté de Goldman et hochant la tête pendant qu’il parle, se trouve Shmiel Weingarten, qui a été arrêté lors d’un raid conjoint des autorités américaines et guatémaltèques en juillet, soupçonné d’avoir abusé et enlevé des enfants. Weingarten serait un autre leader influent de Lev Tahor.

Le groupe a été décrit comme un culte et est régulièrement désigné comme les « Talibans juif », car les femmes et les filles âgées de plus de 3 ans doivent se vêtir de longues robes noires couvrant tout leur corps, ne laissant que leur visage exposé. Les hommes passent la plupart de leurs journées en prière et à étudier des passages spécifiques de la Torah.

Les « mariages » entre des adolescents mineurs et des membres plus âgés sont courants.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...