Des milliers de Marocains manifestent contre Israël
"Non à la peine de mort", "non à l'occupation et au sionisme", "Gaza affamée", ont scandé les manifestants ayant répondu à l'appel du Groupe d'action national pour la Palestine

Dimanche, plusieurs milliers de Marocains ont manifesté à Rabat en soutien aux Palestiniens et contre une récente loi israélienne prévoyant la peine de mort pour les résidents de Cisjordanie reconnus coupables d’actes terroristes meurtriers, ont constaté des journalistes de l’AFP.
Le cortège a défilé le long de l’avenue Mohammed V au centre de la capitale, brandissant des drapeaux palestiniens et marocains.
Selon les journalistes de l’AFP, ils étaient plus de 5 000. Aucun chiffre n’a été communiqué par les autorités.
« Non à la peine de mort », « non à l’occupation et au sionisme », « Gaza affamée », scandaient les manifestants, venus à l’appel du Groupe d’action national pour la Palestine, qui rassemble des islamistes, dont le parti Justice et Développement (PJD), et des militants de gauche.
« Je manifeste aujourd’hui contre la situation alarmante à Gaza et le ciblage des civils », a déclaré à l’AFP Najoua Ouahbi, 26 ans.
« Nous apportons notre soutien aux prisonniers palestiniens qui sont menacés par cette nouvelle loi sur la peine de mort », a expliqué pour sa part Aziz El Hannaoui, un membre de la coalition organisatrice.
Selon cette loi israélienne, toute personne « qui cause intentionnellement la mort d’une [autre] dans le but de porter atteinte à un citoyen ou résident israélien, avec l’intention de mettre fin à l’existence de l’État d’Israël, sera condamnée à mort ou à la prison à perpétuité ».
Pour les Palestiniens de Cisjordanie, le texte prévoit que la peine de mort soit la sanction par défaut si l’homicide est qualifié d’acte de terrorisme par la justice militaire israélienne.
Bien que la peine de mort existe déjà dans la législation israélienne, elle a été appliquée à deux reprises, lors de l’exécution, en 1962, d’Adolf Eichmann, principal instigateur de la « Solution finale » durant la Shoah et contre Meir Tobianski en 1948, qui a ensuite été disculpé à titre posthume. Jusqu’à présent, les tribunaux israéliens ne pouvaient prononcer la peine de mort que dans des circonstances extrêmement limitées, et uniquement à l’unanimité d’un collège de juges, un seuil qui n’a jamais été atteint dans les affaires de terrorisme.
À Rabat, les manifestants ont à nouveau exprimé leur rejet de la normalisation de leur pays avec Israël, actée fin 2020 dans le cadre des Accords d’Abraham.
Plusieurs manifestations anti-Israël de grande ampleur ont eu lieu au Maroc après le début de la guerre contre groupe terroriste palestinien du Hamas dans la bande de Gaza, le 7 octobre 2023, déclenchée par le pogrom perpétré par ce dernier le 7 octobre 2023.







