Des ministres condamnent les messages « Mort à Bibi » à la craie à Tel Aviv
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Des ministres condamnent les messages « Mort à Bibi » à la craie à Tel Aviv

Alors que la police a ouvert une enquête, les députés du Likud réclament de sévères sanctions et parlent de "grave incitation"

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu en route pour la réunion hebdomadaire du Cabinet à son bureau de Jérusalem le 4 février 2018. (photo AFP / Pool / Jim Hollander)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu en route pour la réunion hebdomadaire du Cabinet à son bureau de Jérusalem le 4 février 2018. (photo AFP / Pool / Jim Hollander)

Dimanche, les députés du parti au pouvoir en Israël, le Likud, ont exprimé leur indignation après que des slogans ciblant le Premier ministre Benjamin Netanyahu ont été découverts sur un trottoir et sur les murs d’un immeuble du centre de Tel Aviv, dont l’un a appelé à sa mort.

« Mort à Bibi », disait un message écrit à la craie sur un trottoir de la rue Bilu, près du centre-ville, en utilisant le surnom du Premier ministre.

Les habitants du quartier ont découvert les messages le dimanche matin et ont téléphoné aux fonctionnaires municipaux qui les ont effacés, la police a dit qu’elle ouvrait une enquête.

Israël Katz, ministre des Transports et du Renseignement, a condamné ce message et l’a qualifié de « grave incitation et franchissement d’une ligne rouge, qu’il s’agisse d’une raison personnelle, idéologique ou d’opposition à l’expulsion de migrants en quête de travail ».

Il faisait référence à un plan gouvernemental, dont la mise en œuvre a commencé dimanche, visant à expulser les migrants érythréens et soudanais vers un pays tiers non identifié qui pourrait être le Rwanda ou l’Ouganda. Le projet a été fermement contesté par des militants et a suscité des actions qui ont attiré l’attention, comme des fausses taches de sang à l’entrée d’un bureau du ministère de l’Intérieur.

Têtes de poupée coupées, peinture rouge et notes trouvées devant l’entrée du bureau de Tel Aviv de la Population Immigration and Border Authority, le samedi 27 janvier 2018. (Porte-parole de la police)

« Nous approchons du bord du gouffre. Les criminels doivent être rapidement arrêtés et punis », a ajouté Katz.

Le président de la Knesset, Yuli Edelstein (Likud), a averti que les messages pourraient déclencher de la violence. « Encore des messages de haine, cette fois contre le Premier ministre », écrivait-il sur Twitter. « Quand comprendra-t-on que l’incitation génère de la violence ? C’est bien beau de critiquer et d’être en désaccord, mais il est strictement interdit d’inciter [à la violence]. »

D’autres députés ont également déclaré que ces messages étaient les derniers incidents en date concernant ce qui constituait une incitation à la violence.

Les menaces contre le Premier ministre sont presque quotidiennes, a accusé David Amsalem, le chef de la coalition.

« Maintenant, quand c’est écrit en toute lettre sur le mur, ça suffit », a-t-il dit.

« L’incitation à la haine contre le Premier ministre doit cesser immédiatement », a déclaré le ministre des Communications Ayoub Kara sur Twitter.

« Ne dites pas que l’écriture n’est pas sur le mur, car si elle est présente sur les trottoirs de Tel Aviv, elle provient aussi des guillotines dans les manifestations, des projets à Bezalel et plus encore. Malheureusement, il y aura toujours des gens qui passeront à l’action, et ce n’est qu’alors que nous exprimerons peut-être des remords. »

Lors d’un rassemblement anti-gouvernemental à Tel Aviv en décembre, un manifestant avait suscité l’indignation en défilant avec une guillotine en carton. Cet acte a été condamné par les députés de tous les partis politiques et le président Reuven Rivlin comme une « incitation » contre Netanyahu.

Il y a un an, une affiche réalisée par un étudiant de l’Académie des arts et du design de Bezalel, mettant en scène Netanyahu avec le nœud coulant d’un bourreau autour du cou, a déclenché un tollé similaire, la police enquêtant sur des accusations d’incitation, mais fermant l’enquête deux mois plus tard.

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