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Des orphelins juifs d’Ukraine fuient vers la Roumanie, pour s’envoler vers Israël

Au sud-est de l’Ukraine, dans l’orphelinat géré par le centre Habad, de nombreux enfants revivent le traumatisme de la guerre de 2014

Des orphelins juifs qui ont fui Zhytomyr, près de la frontière biélorusse, jouent dans le sud-ouest de l’Ukraine, février 2022. (Avec l’aimable autorisation de l’orphelinat Alumim)
Des orphelins juifs qui ont fui Zhytomyr, près de la frontière biélorusse, jouent dans le sud-ouest de l’Ukraine, février 2022. (Avec l’aimable autorisation de l’orphelinat Alumim)

Les orphelins juifs de la ville ukrainienne de Jytomyr près de la frontière de la Biélorussie se dirigent vers le sud-ouest de l’Ukraine, pour arriver en Roumanie et de là s’envoler vers Israël.

Dimanche, des missiles tirés depuis la Biélorussie ont touché un aéroport de Jytomyr, selon Reuters.

Près d’une centaine d’ enfants, âgés de 4 à 18 ans, de l’orphelinat Habad de Jytomyr, se trouvent dans un pays qui, en temps normal, est en proie aux problèmes d’alcoolisme et de toxicomanie. Certains n’ont pas de parents, tandis que d’autres sont ce qu’on appelle des « orphelins sociaux » Il ont un ou deux parents qui, pour diverses raisons, ne sont pas en mesure d’élever leurs enfants.

Un certain nombre d’enfants avaient déjà vécu des situations de guerre à Donetsk et à Lougansk, des régions déclarées indépendantes par les séparatistes soutenus par la Russie en 2014. Depuis l’invasion russe de l’Ukraine il y a cinq jours, ils revivent le traumatisme, selon Malka Bukiet, la directrice de l’orphelinat Alumim et native d’Israël.

Orphelins juifs qui ont fui Jytomyr près de la frontière biélorusse, jouent dans le sud-ouest de l’Ukraine,février 2022 (Courtoisie, Orphelinat Alumim)

Tous sont maintenant logés dans un hôtel à Boiany, près de Chernivtsi (Czernowitz), proche des montagnes des Carpates.

« Ils souffrent d’anxiété, de toutes sortes de maux », explique Malka Bukiet.
« Certains disent qu’ils ne se sentent pas bien, qu’ils ne peuvent rien entreprendre, qu’ils ne peuvent pas dormir, qu’ils ne peuvent pas se lever ou en parler tout le temps. Je suis en contact avec des psychologues et nous essayons de garder tout le monde aussi occupé que possible en permanence. »

« Jeudi matin très tôt, j’ai été réveillée par une détonation très forte », a confié Malka Bukiet au Times of Israël. « Je pensais que c’était peut-être un avion. Je n’ai pas compris. Quand j’ai pris mon téléphone et que j’ai appris que tous mes amis étaient témoins des mêmes bruits, j’ai compris que c’était grave. »

« Mon rabbin m’a appelé et m’a dit qu’il y avait une activité militaire à quelques kilomètres de là, c’est pourquoi nous avons entendu une telle explosion. Il a dit « nous n’attendons pas. Nous trouverons les endroits [où vous pourrez vous enfuir], vous trouverez des autobus ». A présent, nous venons d’emmener les enfants et, avec trois familles Habad, nous avons entrepris le voyage vers un hôtel à Boiany, qui a pris quinze heures de plus que les sept habituelles. »

« Ici, c’est très calme », a-t-elle dit au sujet de leurs installations provisoires.
« Vous avez conscience de la guerre, en ce sens que des réfugiés de partout en Ukraine arrivent ici en permanence. Nous sommes maintenant environ 200 Juifs, et nous avons ouvert ici un second accueil. »

Les réfugiés envahissant le sud-ouest du pays, la population de Chernivtsi devrait tripler, a déclaré Bukiet, qui coordonne les opérations avec le rabbin Habad de Chernivtsi.

Malka Bukiet, qui dirige l’orphelinat depuis quinze ans et qui est à Jytomyr depuis dix neuf ans, affirme que « l’important c’est de donner aux enfants un sentiment de sécurité. »

« Ils lisent les nouvelles tout le temps, mais n’entendent pas de sirènes et n’ont pas à se précipiter vers des abris », a-t-elle souligné. « Il y a des enfants qui s’inquiètent pour leur famille et leurs amis. Ce n’est pas simple. Nous n’avons pas les conseillers habituels et les habitants de la région. Les enfants plus âgés aident les plus jeunes et ils organisent des activités en commun. Nous voulions que d’autres personnes viennent nous rejoindre pour fuir les combats, mais à ce moment-là, ils nous prenaient pour des fous.»

Essayer de sortir d’Ukraine est une entreprise difficile , a-t-elle ajouté. La plupart des enfants n’ont pas de passeport, et il est difficile d’obtenir la permission de leurs parents. Certains sont même difficiles à trouver.

« Je suis tellement heureux que nous n’ayons pas attendu. Notre principal objectif est de sortir d’ici. Nous avons apporté de la nourriture et nous achetons la nourriture casher que nous pouvons trouver. Nous avons suffisamment de provisions pour dix jours. J’espère que nous resterons ici moins longtemps que cela », a ajouté Malka Bukiet.

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