Des rabbins rejoignent un appel à réduire l’usage du plastique à usage unique
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Des rabbins rejoignent un appel à réduire l’usage du plastique à usage unique

Une étudiante de l'université de Ben Gurion a réussi à convaincre 30 rabbins de signer la lettre, citant les dangers du plastique pour la santé et l'environnement

Des déchets en plastique abandonnés sur une plage de Tel Aviv en Israël. (Capture d'écran)
Des déchets en plastique abandonnés sur une plage de Tel Aviv en Israël. (Capture d'écran)

Trente rabbins sionistes religieux ont signé une lettre appelant les Israéliens à réduire autant que possible leur consommation d’objets jetables en plastique à partir de ce Nouvel an.

La lettre – écrite à l’initiative d’une étudiante de 27 ans de l’université Ben-Gurion dans le sud d’Israël – note que le pays est un leader mondial dans la consommation d’objets plastiques à usage unique et que 90 % de déchets de plage proviennent du plastique. Le plastique jeté « revient vers nos assiettes dans le poisson, le sel, et même dans l’eau que nous buvons », explique la lettre. « Les recherches montrent que nous consommons en moyenne cinq grammes de plastique chaque semaine et des petites particules de plastique ont même été retrouvées dans le lait maternel ».

Israël est le second consommateur par tête de plastique à usage unique dans le monde, a-t-il été affirmé lors d’une conférence récente.

Parmi les signataires du courrier, le rabbin Rabbi Shlomo Aviner, dirigeant de la Yeshiva Ateret Yerushalim de Jérusalem ; le rabbin Yuval Cherlow, directeur du centre Tzohar d’éthique juive au sein de l’organisation rabbinique éponyme ; le grand-rabbin d’Ofra Avi Gisser ; David Dudkevich, rabbin de l’implantation de Yitzhar et l’organisation Beit Hillel.

Les rabbins appellent leurs communautés à se souvenir des règles du bal tashhit, qui interdisent la destruction et le gaspillage sans nécessité et qui dérivent d’un verset du Deutéronome (20:19-20) qui interdit de couper des arbres fruitiers en temps de guerre.

Ils citent également le Midrash Kohelet Rabbah des Ecclésiastes (7:13) qui dit : « Regarde l’œuvre de Dieu : qui pourra réparer ce qu’il a cassé lui-même ? »

« Au cours des fêtes religieuses, la consommation de plastique et d’emballage en plastique augmente », continue la lettre qui recommande vivement au public d’avoir davantage conscience des dégâts entraînés par le plastique sur la santé et l’environnement, et de tenter de réduire son usage pendant les fêtes comme pendant le reste de l’année.

Shir Shafran.

Cette lettre est une initiative de Shir Shafran, une étudiante en neurologie de 27 ans qui, tout en n’étant pas elle-même pratiquante, a fait ses études à Midreshet Ein Prat, un centre pluraliste d’apprentissage du Judaïsme en Cisjordanie, au nord-est de Jérusalem.

« Ma colocataire était religieuse et j’ai donc un lien avec ce monde-là », explique Shafran.

« Et je pense déjà depuis longtemps au fait qu’un appel émanant de tous les courants sionistes religieux pourrait avoir un impact significatif. À la veille de la fête (Rosh Hashana), le pays va être rempli de montagnes de déchets en plastique et j’ai eu le sentiment qu’il fallait que je fasse quelque chose », a-t-elle ajouté.

Shafran, impliquée dans le mouvement universitaire de lutte pour l’environnement Green Course, poursuit en disant : « Je n’aime pas le doigt accusateur qui est souvent pointé vers la communauté religieuse, comme si c’était la seule qui polluait et qui ne se préoccupait pas de l’environnement. La population laïque, elle non plus, est loin de se comporter de manière parfaite. »

Elle note avoir souligné la question sanitaire parce que de nombreuses personnes estiment que le plastique est plutôt un problème pour les tortues de mer, à distance de leur vie.

« Il a été important pour moi de souligner que ce que nous émettons dans la nature, la nature nous le renvoie », dit-elle. « La recherche, ces dernières années, a mis en évidence la présence de particules de micro-plastique dans les fèces humaines et dans le lait maternel. »

Les dangers représentés par le plastique pour les créatures de l’océan ont été largement médiatisés par le naturaliste britannique Sir David Attenborough.

Shafran a utilisé les réseaux sociaux pour trouver les coordonnées des rabbins, puis des bénévoles issus des communautés religieuses les ont approchés.

« J’avais des doutes sur le fait les rabbins puissent être d’accord avec moi et j’ai été heureuse de constater que c’est un sujet important pour la majorité d’entre eux », continue Shafran.

« Certains rabbins m’ont dit qu’ils tentaient déjà de stopper la consommation de plastique à usage unique chez eux et dans leurs yeshivas, tandis que d’autres ont promis de remettre les choses en ordre et de s’assurer que tout allait dorénavant changer », s’exclame-t-elle.

Au cours des dernières années, les rabbins se sont exprimés sur certaines questions environnementales telles que la pollution engendrée par les feux de joie lors de la fête de Lag BOmer, la nécessité de mettre un terme au kaparot — le rituel consistant à secouer un poulet vivant au-dessus de la tête à la veille de Yom Kippour, pour transférer symboliquement les péchés – et l’industrie du transport de veaux et agneaux vivants sur de longues distances vers Israël pour l’engraissement et l’abattage.

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