Des responsables de l’AP et US s’entretiennent au téléphone
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Des responsables de l’AP et US s’entretiennent au téléphone

Les Palestiniens boycottent Washington depuis 2017, même si des contacts informels subsistaient ; un responsable palestinien dit avoir discuté de questions bilatérales

Le vice-président américain Joe Biden, (à gauche), avec le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 9 mars 2016. (Crédit : FLASH90)
Le vice-président américain Joe Biden, (à gauche), avec le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 9 mars 2016. (Crédit : FLASH90)

Lors de ce qui semble être le premier contact officiel entre Washington et Ramallah sous la nouvelle administration du président Joe Biden, deux hauts fonctionnaires palestiniens et américains se sont entretenus au téléphone lundi pour discuter des relations entre les deux parties.

Le président de la Commission des affaires civiles de l’Autorité palestinienne, Hussein al-Sheikh, a déclaré dans un communiqué qu’il avait parlé au sous-secrétaire d’État adjoint américain aux affaires israéliennes et palestiniennes, Hady Amr.

« Il a été question des relations bilatérales, de la situation politique et des derniers développements actuels. C’était une conversation constructive, et d’autres échanges ont été convenus », a écrit al-Sheikh sur Twitter.

Al-Sheikh est l’un des collaborateurs les plus proches du président de l’AP Mahmoud Abbas. Le responsable du Fatah est chargé de la coordination entre Ramallah et Israël.

Hady Amr, aujourd’hui sous-secrétaire d’État adjoint américain aux affaires israéliennes et palestiniennes, s’exprime le 3 décembre 2018 au Brookings Institute. (Capture d’écran/YouTube)

En plus d’al-Sheikh, le Premier ministre de l’AP, Mohammad Shtayyeh, s’est également entretenu avec Amr, selon la Radio publique nationale palestinienne.

Le Département d’Etat n’a pas publié de déclaration officielle à ce sujet.

Cependant, un fonctionnaire du département a déclaré au Times of Israël qu’Amr « fait une série d’appels préliminaires avec le gouvernement d’Israël et ses homologues de l’Autorité palestinienne alors qu’il prend ses nouvelles fonctions ».

« Nous ne discutons pas des détails des discussions diplomatiques privées », a ajouté le fonctionnaire américain.

Alors que les Palestiniens ont officiellement rompu leurs liens avec Washington en 2017, des contacts clandestins et informels entre les Palestiniens et Washington se poursuivent depuis la victoire de Biden, dans une tentative de rétablir les relations bilatérales.

Amr, qui a occupé plusieurs postes gouvernementaux de niveau intermédiaire au cours des deux dernières décennies, partage le portefeuille israélo-palestinien avec le secrétaire adjoint Daniel Benaim.

Ramallah a officiellement rompu ses liens avec Washington en 2017, lorsque l’ancien président Donald Trump a annoncé son intention de transférer l’ambassade des États-Unis à Jérusalem. Les relations n’ont fait que se détériorer pendant le reste du mandat de Trump.

Trump a fait fermer la mission de l’Organisation de libération de la Palestine à Washington et a considérablement réduit l’aide à l’Autorité palestinienne. Les Palestiniens ont sévèrement critiqué un plan de paix présenté par Washington qu’ils jugeaient déséquilibré et trop favorable à Israël, ainsi que les récents accords de normalisation entre Israël et certains États arabes.

Le commandant Yoav Mordechai, (à gauche), alors coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT), et le ministre des Affaires civiles de l’Autorité palestinienne, Hussein al-Sheikh, signent un accord pour revitaliser la commission conjointe israélo-palestinienne sur l’eau, le 15 janvier 2017. (Autorisation du COGAT)

Lorsque les Américains se sont rendus aux urnes en novembre dernier, le Premier ministre de l’Autorité palestinienne, Mohammad Shtayyeh, a publiquement espéré une victoire de Biden, déclarant que cela devrait l’emporter : « Que Dieu nous vienne en aide ».

Cependant, même après la reconnaissance de Jérusalem, quelques responsables de l’AP, dont le chef des services de renseignement Majed Faraj, auraient été en contact périodique avec Washington, qui a montré son intérêt pour le maintien des liens de sécurité israélo-palestiniens, alors même que les contacts entre les États-Unis et l’AP étaient pratiquement inexistants.

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