Des souccot géantes vues dans des quartiers ultra-orthodoxes
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Des souccot géantes vues dans des quartiers ultra-orthodoxes

Des structures géantes capables d'accueillir des milliers de personnes pendant la semaine de fête font craindre la multiplication des cas dans les communautés durement touchées

Une souccah géante, visiblement destinée à des rassemblements de masse, est préparée dans le quartier ultra-orthodoxe de Mea Shearim malgré les niveaux élevés de contamination par le virus, le 30 septembre 2020. (Capture d'écran/Ynet)
Une souccah géante, visiblement destinée à des rassemblements de masse, est préparée dans le quartier ultra-orthodoxe de Mea Shearim malgré les niveaux élevés de contamination par le virus, le 30 septembre 2020. (Capture d'écran/Ynet)

Au moins trois communautés ultra-orthodoxes se seraient préparées mercredi à des rassemblements de masse à Jérusalem pendant les prochaines fêtes de Souccot, malgré les interdictions visant les grands rassemblements et une recrudescence du coronavirus au sein de la communauté.

Des témoignages publiés par des sites d’information en hébreu ont fait état de plusieurs grandes cabanes, structures temporaires utilisées par les Juifs pendant la fête de Souccot, en cours de construction dans des quartiers ultra-orthodoxes de la capitale, ce qui fait craindre que le virus continue à avoir une occasion de se propager dans certaines parties de la communauté Haredi déjà durement touchée.

La fête de Souccot commencera vendredi soir et se terminera le 9 octobre. Pendant la fête, de nombreux Juifs religieux ont pour tradition de prendre leurs repas et de dormir dans des souccot, qui sont généralement construites spécialement pour la fête à l’extérieur de la maison.

Dans les quartiers ultra-orthodoxes très peuplés de Jérusalem, de nombreux habitants n’ont pas la place pour construire une soucca individuelle, un problème souvent résolu par la mise à disposition de souccot collectives.

De nombreuses communautés ultra-orthodoxes construisent également de grandes souccot pour organiser des repas communautaires et d’autres événements, dont certains peuvent rassembler des milliers de personnes.

Des Juifs ultra-orthodoxes de la dynastie de Vishnitz assistent à un événement dans une soucca à Bnei Brak, le 12 octobre 2014. (Dror garti/FLASH90)

Selon le site d’information Walla, trois cours hassidiques du quartier de Mea Shearim à Jérusalem sont en train de construire des souccot géantes, capables de contenir des milliers de personnes chaque jour pendant toute la semaine de fête.

Souccot à la synagogue Breslev, dans le quartier de Mea Shearim à Jérusalem, le 16 octobre 2008. (Nati Shohat/Flash90)

Le reportage de Walla indique que les communautés Toldos Aharon, Slonim et Toldos Avrohom Yitzchok ont installé leurs structures temporaires sur des terrains privés pour éviter les frictions avec la municipalité.

Une source ultra-orthodoxe de haut niveau a dit à Walla que d’autres communautés de Jérusalem et Bnei Brak faisaient des préparatifs similaires pour la fête à venir.

La municipalité de Jérusalem interrogée par le site web sur les souccot ou sur toute implication de la police dans cette affaire s’est refusée à tout commentaire.

En outre, un grand marché pour la vente des quatre espèces utilisées pendant la fête a été installé dans le quartier de Geula à Jérusalem mercredi, selon le quotidien Yedioth Ahronoth. De tels marchés, qui ont généralement lieu avant les fêtes, ont été interdits cette année par le gouvernement.

Un jeune juif transporte des branches de palmier pour réaliser un toit de soucca dans le quartier ultra-orthodoxe de Mea Shearim, le 30 septembre 2020. (Olivier Fitoussi/FLASH90)

Mercredi, les ministres ont approuvé la fixation d’une amende de 500 NIS pour toute personne surprise dans un soucca qui n’est pas la sienne. On ne sait pas encore si le propriétaire de la soucca sera également condamné à une amende, ni quelle sera l’incidence de cette mesure sur les souccot communautaires.

Les communautés Haredi sont de plus en plus critiquées pour ne pas avoir respecté les directives du gouvernement, notamment en continuant à organiser des rassemblements de masse pendant la période des grandes fêtes.

Cette population a été parmi les plus durement touchées par le virus en Israël, de nombreuses villes ultra-orthodoxes étant à l’origine de nouvelles infections quotidiennes.

Le responsable de la lutte contre le COVID-19 au sein du gouvernement, Ronni Gamzu, aurait déclaré aux ministres, lors de la réunion du cabinet du coronavirus mercredi, que les Israéliens ultra-orthodoxes ont 2,5 fois plus de probabilités que le grand public d’être testés positifs au coronavirus.

Des hommes juifs ultra-orthodoxes achètent des branches de palmier pour construire une Soucca, en prévision de la prochaine fête juive de Souccot dans le quartier juif orthodoxe de Mea Shearim à Jérusalem, le 30 septembre 2020. (AP Photo/Oded Balilty)

Le directeur général du ministère de la Santé, Chezy Levy, a déclaré mercredi aux journalistes que 34 % des personnes chez qui le virus a été diagnostiqué en Israël étaient ultra-orthodoxes, bien que la communauté ne constitue qu’environ 12 % de la population.

M. Levy a noté que les responsables de la santé étaient préoccupés par la prochaine fête de Souccot, dont les grandes célébrations se déroulent généralement en étroite proximité.

« Ce qui nous préoccupe, c’est la fête de Souccot, qui comporte des événements susceptibles d’avoir un impact sur la contamination : Simhat Torah, hakafot, ventes des quatre espèces, Ushpizin, retour des étudiants de yeshiva chez eux », a déclaré M. Levy.

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