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Des tags antisémites à l’université de Paris Nanterre

L’inscription "Hitler t’es le meilleur" et une étoile de David sous le mot "MEDIA" ont notamment été tagués ; l'université a depuis procédé au nettoyage des tags

Les tags antisémites découverts à l’université de Nanterre, le 31 mars 2022. (Crédit : Union des étudiants juifs de France)
Les tags antisémites découverts à l’université de Nanterre, le 31 mars 2022. (Crédit : Union des étudiants juifs de France)

L’Union des étudiants juifs de France (UEJF) a rapporté jeudi sur ses réseaux sociaux que des tags antisémites avaient été découverts dans les toilettes du bâtiment de droit de l’université Paris Nanterre.

L’inscription « Hitler t’es le meilleur » et une étoile de David sous le mot « MEDIA » ont notamment été tagués. Un autre tag reprenait le slogan antisémite « Qui ? », devenu populaire par le mouvement anti-vaccin.

« Nous condamnons avec la plus grande fermeté et de manière absolue tout acte antisémite et raciste », a réagi Philippe Gervais-Lambony, président de l’université Paris Nanterre, auprès du Figaro Étudiant.

Le personnel de l’université a rapidement procédé au nettoyage des tags. Une réunion avec les associations étudiantes doit être organisée, et la mission égalité et discrimination de l’université a été saisie pour étudier l’affaire.

« Trop c’est trop ! Cet antisémitisme décomplexé, assumé, devant des milliers d’étudiants et dans l’indifférence totale, c’est tous les jours », a déclaré au Figaro Samuel Lejoyeux, président de l’UEJF.

« C’est compliqué d’être un étudiant juif », a-t-il ajouté. « L’animosité vient aussi bien de l’extrême gauche sur les campus que de l’extrême droite. On est sans cesse ramenés à la question d’Israël, au complotisme selon lequel les blancs domineraient tout, et les Juifs seraient des ‘supers blancs’. Et puis il y a aussi la question du négationnisme. »

Les graffitis antisémites sont relativement fréquents dans les établissements d’enseignement supérieur français.

Des tags antisémites avaient déjà été constatés dans l’université en automne dernier. Il y a un an, la façade de Sciences Po Paris avait été taguée, notamment avec une inscription « Mort à Israël ».

Des tags similaires avaient été découverts à l’université de Grenoble, à HEC ou encore à l’université de Créteil, en 2018.

En 2019, des individus avaient uriné sur du matériel du local de l’UEJF de l’université Paris-Dauphine. Celui de l’université Paris 1 Sorbonne avait été saccagé l’année précédente.

Des inscriptions visant les blancs et les étrangers ont été découvertes plus récemment sur les murs de Paris-8 et de l’école Polytech de Clermont-Ferrand.

Selon une enquête de l’Ifop commandée par l’UEJF en mars 2019, l’antisémitisme se banalise à l’université.

89 % d’étudiants juifs répondaient avoir déjà été victimes d’actes antisémites et 20 % d’agressions.

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