Des voix pro-Israël critiquent Sanders qui a qualifié Netanyahu de « raciste »
Rechercher

Des voix pro-Israël critiquent Sanders qui a qualifié Netanyahu de « raciste »

L'AIPAC n'a pas explicitement mentionné le candidat américain à la présidentielle mais a déclaré que les insultes étaient contre-productives

Le sénateur du Vermont Bernie Sanders participe à un événement organisé par Fox News, le lundi 15 avril 2019 à Bethléem en  Pennsylvanie . (AP/Matt Rourke)
Le sénateur du Vermont Bernie Sanders participe à un événement organisé par Fox News, le lundi 15 avril 2019 à Bethléem en Pennsylvanie . (AP/Matt Rourke)

Mardi, l’AIPAC et un ministre israélien ont répondu au sénateur américain Bernie Sanders qui a qualifié le gouvernement de Benjamin Netanyahu de « raciste ».

Dans un tweet qui ne mentionnait pas directement le candidat à l’investiture présidentielle démocrate, l’organisation pro-Israël a déclaré qu’il était « contre-productif » que des dirigeants américains « insultent » leurs homologues israéliens.

« L’alliance entre les Etats-Unis et Israël servent les intérêts américains », a déclaré mardi l’AIPAC sur twitter.

« Nous profitons des liens proches entre les gouvernements et les peuples. Des insultes de la part de dirigeants politiques contre le gouvernement démocratiquement élu d’Israël est contre-productif pour maintenir des liens étroits et faire avancer la paix. »

Un responsable de l’AIPAC a confirmé que le tweet visait bien Sanders qui est actuellement en tête de la course à l’investiture présidentielle démocrate.

Sanders a ouvertement critiqué Israël lors d’un événement organisé par CNN lundi dans la ville de Manchester dans le New Hampshire, le premier Etat de la primaire.

« L’objectif doit être de rassembler les gens et pas seulement de soutenir un pays, qui est maintenant dirigé – et j’ose le dire – par un gouvernement raciste », a-t-il déclaré sous les applaudissements du public.

Tzachi Hanegbi, un membre du cabinet et un allié clef de Netanyahu, a déclaré à la Treizième chaîne d’information d’Israël qu’il condamnait les remarques de Sanders. Il les a qualifiées « d’étranges ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (gauche) et Tzachi Hanegbi lors d’une réunion du parti du Likud à la Knesset à Jérusalem, le 22 février 2016. (Miriam Alsterl/Flash90)

« Les remarques méritent d’être condamnées. Elles ne représentent pas le sentiment général du parti Démocrate ni même l’aile libérale modérée », a déclaré Hanegbi, ministre de la coopération régionale.

« Le gouvernement d’Israël n’est pas un gouvernement raciste. Il n’y a pas un seul ministre raciste. Sanders devrait contrôler ce qu’il dit, a-t-il ajouté. Être de droite n’est pas interdit. Il est étrange que le parti démocrate autorise un de ses membres à ne pas respecter les choix démocratiques d’Israël ».

Il a déclaré que Jérusalem faisait des efforts afin de s’assurer qu’Israël continuerait à bénéficier d’un soutien bipartisan à Washington, alors que fait surface une inquiétude que les liens entre le gouvernement d’Israël et les Démocrates se distendent de plus en plus.

Matt Brooks, directeur exécutif de la coalition juive des Républicains, a qualifié les commentaires de Sanders « d’absurdes et de blessants ».

« Nous ne laisserons pas Israël devenir un punching ball pour les Démocrates qui veulent marquer des points auprès de leur base électorale radicale », a-t-il ajouté.

Netanyahu, qui plus tôt ce mois-ci a été réélu Premier ministre, est en pleines négociations visant à former un nouveau gouvernement de droite qui devrait comprendre l’Union des partis de droite, avec notamment des responsables d’extrême droite.

Un certain nombre de candidats démocrates ont fustigé Netanyahu avant l’élection, parce qu’il avait arrangé l’alliance de l’Union des partis de droite avec Otzma Yehudit, un parti dont les positions extrêmes ont été inspirées par un rabbin, le défunt Meir Kahane, qui a été exclu du parlement israélien pour « incitation au racisme ».

Les membres du parti Otzma Yehudit Michael Ben Ari, au centre, Itamar Ben Gvir, à droite, et Baruch Marzel, à gauche, pendant une conférence de presse en réponse à la décision de la haute cour de rejeter la candidature de Ben Ari lors des prochaines élections à la Knesset à Jérusalem, le 17 mars 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

A l’époque de l’accord d’alliance, l’AIPAC avait aussi critiqué Otzma comme étant « raciste », même si l’organisation n’avait pas explicitement critiqué Netanyahu pour avoir scellé cet accord.

« L’AIPAC a pour politique de longue date de ne pas rencontrer des membres de ce parti raciste et répréhensible », avait déclaré l’organisation dans un tweet en février, en référence au parti d’extrême droite.

Lors de l’événement, Sanders a également dit qu’il était « 100 % pro-Israël ».

« Israël a tous les droits du monde à exister, et à exister en paix et en sécurité sans être soumis aux attaques terroristes, a-t-il dit. Pourtant, les Etats-Unis ne doivent pas seulement se soucier d’Israël, mais aussi du peuple palestinien. »

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...