Des yeshivot non réglementées de Londres sur la sellette
Rechercher

Des yeshivot non réglementées de Londres sur la sellette

Après une enquête d'un an, le Conseil de Hackney signale que 1 500 jeunes garçons ne reçoivent pas une éducation adéquate

Des étudiants de yéchivas marchant dans la rue dans la région de Stamford Hill à Londres, le 17 janvier 2015. (Rob Stothard / Getty Images via JTA)
Des étudiants de yéchivas marchant dans la rue dans la région de Stamford Hill à Londres, le 17 janvier 2015. (Rob Stothard / Getty Images via JTA)

Le conseil local d’une banlieue de Londres comptant de nombreux résidents juifs a critiqué l’inaction supposée du gouvernement concernant les institutions éducatives non réglementées au service des juifs orthodoxes [haredim].

Le Conseil de Hackney a formulé sa critique dans un rapport publié cette semaine, a rapporté le Jewish Chronicle.

Il y indique que de nouvelles lois devraient être prises « d’urgence » pour réglementer les institutions sans agréments, qui enseignent à environ 1 500 garçons âgés de 13 à 18 ans dans le quartier de North London.

« Il y a peu ou pas de mesures de protection en place pour assurer leur sécurité et leur bien-être ou pour que le niveau d’instruction soit acceptable », indique le rapport après plus d’un an d’enquête menée par la Commission de contrôle des enfants et des jeunes du conseil.

Il n’y a aucun signe de programme couvrant convenablement l’anglais, les mathématiques, la science ou les sujets plus larges de sciences humaines, a jugé la commission.

« Le fait qu’une partie de la population ne reçoive pas l’éducation jugée nécessaire pour s’épanouir et vivre de manière autonome ne peut pas être toléré indéfiniment », indique le rapport.

Malgré la législation « terriblement inappropriée » qui s’applique aux enfants non scolarisés, le gouvernement a montré un « manque de volonté de s’attaquer sérieusement à la question et sur ses conséquences potentielles », ont écrit les auteurs du rapport.

Bien qu’il soit illégal de diriger une école sans agrément pour les enfants de moins de 16 ans, la commission a déclaré que les yeshivot ne sont pas classées comme illégales parce que leur type d’éducation ne correspond pas à la définition légale d’une école.

Il a été appelé à de nouvelles lois pour surveiller les environnements éducatifs « extra-scolaires »; donner aux inspecteurs plus de pouvoirs pour y entrer; et d’exiger des parents qui scolarisent leurs enfants d’enregistrer leur nom auprès des autorités locales.

Le conseil estime qu’il y a entre 29 et 35 yeshivas non enregistrées, bien que les sources locales haredi affirment qu’il y en a moins. On pense que quelque 13 institutions non enregistrées sont liées à des écoles indépendantes orthodoxes enregistrées.

Des représentants haredis ont expliqué que l’une des principales raisons de ne pas enregistrer les yeshivot en tant qu’écoles indépendantes était dû aux exigences du programme, qui provoqueraient « des différences irréconciliables entre ce qui devrait être enseigné dans les écoles indépendantes et ce que la communauté juive orthodoxe considère comme acceptable ».

Suite aux inspections des responsables de l’éducation dans les écoles indépendantes, la communauté s’est sentie « ciblée » et les parents envoient leurs enfants à l’étranger ou les éduquent chez eux plutôt que de porter atteinte à leurs convictions, ont prévenu les inspecteurs.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...