Deux nouvelles expositions en ligne et en français de Yad Vashem
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Deux nouvelles expositions en ligne et en français de Yad Vashem

Une exposition sur l'opération militaire nazie Barbarossa, une autre sur l'héroïne juive Hanna Szenes, et une interview sur les orchestres juifs dans les camps

Un agent de la sécurité de Yad Vashem se tient devant le Hall des Noms vide du Musée mémorial de la Shoah à Yad Vashem à Jérusalem, le 19 avril 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Un agent de la sécurité de Yad Vashem se tient devant le Hall des Noms vide du Musée mémorial de la Shoah à Yad Vashem à Jérusalem, le 19 avril 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le site en français de Yad Vashem a récemment publié de nouveaux contenus et expositions en ligne.

« Les orchestres juifs dans les camps de la mort nazis » est une interview de Tamar Machado, conférencière et musicothérapeute, qui est revenue sur les orchestres juifs dans les camps nazis.

Elle explique comment des ensembles d’hommes et de femmes ont été contraints de « manier l’archet pour satisfaire le bon plaisir des Allemands », mais aussi « d’accompagner en musique leurs coreligionnaires au départ et au retour des travaux forcés ».

« Dans certains camps d’extermination, ils sont même postés à l’entrée des chambres à gaz, à jouer des mélodies ou des berceuses, comme pour endormir à jamais les condamnés ; on peut alors parler de ‘sadisme musical’ », écrit Yad Vashem, qui rappelle que « faire partie d’un orchestre représentait un passeport pour la vie ».

« Beaucoup de musiciens survivront en raison des conditions améliorées dont ils ont pu bénéficier. Mais tous ne traverseront pas la Shoah. Car pour les Allemands, les hommes et les femmes derrière l’instrument étaient avant tout des prisonniers juifs », rappelle l’institution.

Le 30 juillet 1942, l’orchestre de Mauthausen escorte les prisonniers vers leur exécution. (Crédit : Yad Vashem)

« Les 80 ans de l’opération Barbarossa – ‘quelque chose de terrible se passe’ » est une exposition organisée à l’occasion de l’anniversaire de cette opération militaire nazie lancée le 22 juin 1941, quand l’Allemagne nazie et les forces de l’Axe ont lancé une attaque surprise contre l’Union soviétique, marquant un tournant dans le déroulement de la Seconde Guerre mondiale.

Alors que la Shoah a démarré au même moment, après plusieurs années de persécutions antisémites, les Einsatzgruppen ont envahi l’Europe de l’Est avec pour mission principale le meurtre systématique des Juifs et des opposants réels ou supposés – un pan quelque peu oublié de la Shoah.

« Ces unités mobiles se déplacent d’un endroit à l’autre, rassemblent leurs victimes au bord de fosses ou de ravins, puis leur ordonnent de se déshabiller avant de les tuer à bout portant. Environ 1 500 000 Juifs ont ainsi péri sous les balles de ces unités opérationnelles et leurs partenaires : unités SS, soldats de la Wehrmacht, bataillons de police allemands, mais aussi milices locales », écrit Yad Vashem.

L’exposition retrace ainsi les histoires de quatre familles juives à la suite de « l’opération Barbarossa » : la famille Eschwege de Francfort, la famille Singer de Vilna, la famille Sabezinski de Riga, les familles London et Ashkenazi de Kiev. Elle revient sur leurs parcours personnels en Lettonie, Lituanie, Pologne orientale, Biélorussie, Ukraine.

« Grâce au matériel des archives et collections de Yad Vashem – lettres personnelles, œuvres d’art, photographies, documents, témoignages audios, feuilles de témoignage et autres –, nous pouvons découvrir les noms et les visages d’une poignée d’hommes, femmes, enfants derrière le nombre immense et insondable de victimes assassinées. Rares sont ceux qui ont survécu à ces vagues de meurtres de masse », rappelle Yad Vashem.

Les soldats de la division SS Viking avancent en Union soviétique pendant l’Opération Barbarossa menée par l’Allemagne nazie en 1941. (Crédit : (Wikipedia/Bundesarchiv/Hummel/CC BY-SA)

Autre nouvelle exposition en ligne de Yad Vahsem : « Sioniste, poétesse, combattante – Hanna Szenes : une parachutiste du Yishouv ».

Hanna Szenes aurait célébré ses 100 ans le 17 juillet 2021. Jeune fille de bonne famille originaire de Hongrie, elle s’est installée en Terre d’Israël en 1939, « troquant l’intérieur douillet de la maison familiale de Budapest pour un habit de combattante dans les rangs de l’armée britannique où elle suit une formation de parachutiste ».

Mais, quelques jours avant l’occupation allemande de la Hongrie, Hannah est envoyée en Yougoslavie. Elle est arrêtée après avoir franchi la frontière hongroise en juin 1944. Le 7 novembre 1944, après comparution devant un tribunal militaire, où elle exprime avec force et courage sa foi juive, Hannah Szenes est exécutée par un peloton d’exécution. Motif : trahison contre la Hongrie. Elle était âgée de 23 ans.

Hannah Szenes, parachutiste du Yishouv, dans son uniforme de l’armée britannique. (Crédit : Yad Vashem)

Par cette mini-exposition, Yad Vashem rend hommage à ce symbole de courage, de fierté et d’intégrité qu’a incarné Hanna Szenes, souvent commémoré par des auteurs et des dramaturges. Son propre héritage littéraire a également été publié et imprimé à maintes reprises. Parmi ses poèmes les plus célèbres : Une promenade à Césarée, plus connu comme Eli, Eli, She lo Igamer le Olam :

Mon Dieu, mon Dieu,
Que jamais ne finissent
Le sable et la mer,
Les eaux jaillissantes,
Le rougeoiement du ciel,
La prière de l’Homme.

Bien connue en Israël, un kibboutz et plusieurs rues portent aujourd’hui le nom de Hanna Szenes, enterrée au mont Herzl.

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