Devant Twitter, un Israélien peint les messages racistes que la plate-forme refuse de retirer
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Devant Twitter, un Israélien peint les messages racistes que la plate-forme refuse de retirer

Shahak Shapira fait de nouveau parler de lui avec ce happening mettant littéralement Twitter face à certaines de ses dérives

Shahak Shapira comprend définitivement le sens du happening pour dénoncer les travers des réseaux sociaux.

L’artiste israélien vivant en Allemagne depuis l’âge de 14 ans, qui avait déjà dénoncé le nombre important de selfies réalisés tout sourire au Mémorial de la Shoah puis postés sur les réseaux sociaux, met aujourd’hui Twitter devant certaines de ses dérives.

« Quand les employés de Twitter sont arrivés au travail, lundi 7 août à Hambourg (Allemagne), raconte Francetvinfo ils ont découvert des tombereaux d’injures xénophobes, homophobes et négationnistes taguées sur le trottoir qui borde le bâtiment. « Niggers are a plague for our society » (« Les nègres sont une plaie pour notre société »), « Schmule raus nach auschwitz » (« Les gays à Auschwitz »), « Jews scum » (« Vermine juive »)… »

Nom de l’opération « #HeyTwitter ». Après avoir peint ces messages, que Twitter avait refusé de retirer malgré ses signalements, Shahak s’est amusé à filmer les réactions des employés de Twitter arrivant le matin sur leur lieu de travail et découvrant ses messages injurieux. « Si Twitter me force à voir ces choses-là, alors Twitter doit également y jeter un œil, » affirme-t-il.

En janvier dernier, Shapira a rassemblé des photographies et des selfies pris au Mémorial de la Shoah à Berlin sur les réseaux sociaux. Il montre des personnes réjouies et insouciantes : un homme jongle, une autre semble faire des pilates, mais aucun ne semble mal intentionné.

Exposer ces photos est déjà une manière de les dénoncer. Mais l’artiste a caché une « surprise » derrière ces photos. Lorsqu’elles sont survolées par le pointeur de la souris, un montage incruste ces personnages sur un fond macabre : des monceaux de corps à Auschwitz, un camp de concentration où encore une tranchée sur un champ de bataille dans lesquels ils semblent se prendre en photo. Comme pour leur dire : « aviez-vous pensez à ça ? »

L’éditeur de Shahak Shapira explique que ce dernier est le petit-fils d’Amitzur Shapira, l’un des 11 Israéliens assassinés aux jeux Olympiques de 1972 par un commando de militants palestiniens et que son autre grand-père est un rescapé de la Shoah.

L’artiste avait fait la Une des journaux en 2015 après avoir été attaqué par une foule de jeunes musulmans qui avaient entamé sur son passage des chants antisémites et n’avaient pas apprécié d’être filmés.

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