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Discrimination religieuse, sexuelle : Tollé après les propos d’Orit Strouk

Netanyahu a condamné les propos de la députée du parti HaTzionout HaDatit, et a promis que le Likud n'autorisera pas de discrimination anti-LGBT

La député Orit Strouk assistant à une réunion de la commission des Arrangements de la Knesset, à Jérusalem, le 21 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
La député Orit Strouk assistant à une réunion de la commission des Arrangements de la Knesset, à Jérusalem, le 21 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La députée du parti HaTzionout HaDatit, Orit Strouk, a déclaré dimanche que les médecins devraient être autorisés à refuser de fournir des traitements à des patients qui vont à l’encontre de leur foi religieuse, tant qu’un autre médecin est en mesure de fournir le même traitement.

Les commentaires, qualifiés de racistes et discriminatoires, de Strouk ont été dénoncés par de nombreux politiciens de la coalition sortante. Le Premier ministre désigné, Benjamin Netanyahu, s’est distancé de cette prise de position et a affirmé que sa coalition ne permettra pas l’adoption d’une telle loi.

Pour sa part, le président de l’Association médicale israélienne, le professeur Zion Hagay, a insisté sur le fait que les médecins israéliens défieraient toute tentative d’autoriser l’utilisation de pratiques discriminatoires dans le traitement des patients.

« Si on demande à un médecin de fournir un traitement à quelqu’un qui viole sa foi religieuse, et qu’il y a un autre médecin qui peut le faire à sa place, alors vous ne pouvez pas le forcer à fournir le dit traitement », a déclaré Strouk à la chaîne publique israélienne Kan.

Le leader du Likud, député Benjamin Netanyahu, à gauche, parlant avec le chef du parti HaTzionout HaDatit, député Bezalel Smotrich, lors d’un vote à la Knesset, le 20 décembre 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Les lois anti-discrimination sont justes et bonnes lorsqu’elles créent une société juste, égale, ouverte et inclusive », a-t-elle dit. « Mais il y a une certaine déviation dans laquelle la foi religieuse est piétinée et nous voulons modifier cela. »

Strouk parlait des traitements pour lesquels un médecin peut avoir une certaine objection religieuse, comme le traitement de la fertilité pour les femmes célibataires, dans le contexte général de la législation proposée par son parti pour permettre aux commerces ou aux entreprises privées de refuser un service pour des raisons de conscience religieuse.

Selon Kan, une clause de l’accord de coalition entre le Likud et HaTzionout HaDatit stipule qu’une loi sera adoptée par le nouveau gouvernement pour permettre aux propriétaires d’entreprises de refuser de servir leurs clients si cela va à l’encontre de leur foi.

Netanyahu a toutefois démenti que l’accord de coalition prévoyait une telle loi.

Orit Strouk, députée HaTzionout HaDatit sur la Douzième chaîne. (Capture d’écran)

« Les propos de la députée Orit Strouk sont inacceptables pour mes collègues du Likud et moi-même. Les accords de coalition ne prévoient pas de permettre de discriminer les personnes LGBT ou de porter atteinte au droit de quelque citoyen que ce soit en Israël de recevoir un service. Le Likud garantira qu’aucun préjudice ne sera causé à la communauté LGBT ni à tout autre citoyen israélien », a déclaré Netanyahu à la presse.

Dans sa forme actuelle, la loi interdit toute discrimination de la part de ceux qui fournissent des services ou des produits publics sur la base de la race, de la religion, du sexe, de l’orientation sexuelle et d’autres considérations similaires, et quiconque le ferait est passible d’une amende.

Selon Strouk, le projet de loi qu’elle et le parti HaTzionout HaDatit proposent permettrait aux prestataires de refuser un service s’ils estiment qu’il contrevient à leur foi religieuse, pour autant qu’il existe un autre service similaire dans un périmètre raisonnable.

Strouk a donné comme exemple une situation dans laquelle un chrétien voulait organiser une fête de Noël avec un arbre de Noël dans un lieu appartenant à un Juif religieux.

Simcha Rothman, député du parti HaTzionout HaDatit, lors d’une réunion de la commission des Arrangements de la Knesset, le 21 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Je suppose qu’une personne juive pratiquante ne voudra pas faire cela parce que cela va à l’encontre de sa foi religieuse. Les Juifs ont sacrifié leur vie pour ne pas faire de telles choses tout au long de l’Histoire. La loi ne doit pas traiter la loi juive comme quelque chose de moindre valeur », a-t-elle déclaré.

« L’État d’Israël est l’État du peuple juif, un peuple qui a sacrifié sa vie pour sa foi religieuse. Il est inacceptable que, après avoir établi un pays après 2 000 ans d’exil et au sacrifice de leur vie pour la Torah, ce pays qualifie la foi religieuse de ‘discrimination’. »

Soutenant Strouk, son collègue député du parti HaTzionout HaDatit, Simcha Rothman, a fait des commentaires similaires dimanche, affirmant que si un hôtel voulait refuser le service à des personnes homosexuelles pour des raisons religieuses, il aurait le droit de le faire.

« Un propriétaire doit pouvoir faire ce qu’il veut dans son entreprise. Il l’a créée et il ne doit rien à personne », a déclaré Rothman à Kan.

Le Premier ministre Yair Lapid lors d’une réunion du cabinet au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 2 octobre 2022. (Crédit : Amit Shabi/POOL)

« La loi stipule qu’une entreprise ne peut pas faire de discrimination d’après toute une série de raisons. Ce projet de loi ne cherche pas à abolir l’interdiction générale de la discrimination, mais précise que lorsqu’il y a un obstacle religieux à ce que quelqu’un fasse quelque chose, il lui sera permis de refuser le service – plutôt que de le forcer à faire quelque chose qui contrevient à ses croyances », a déclaré Rothman.

À la question de savoir s’il serait permis à un Juif de refuser de servir des Arabes au motif qu’il estime que ceux-ci ne devraient pas vivre en Terre d’Israël, Rothman a refusé de répondre, refusant également de dire quel mécanisme serait mis en place pour définir si un refus de service est fondé, ou non, sur une croyance religieuse légitime.

Les commentaires de Strouk et de Rothman ont été dénoncés par de nombreux membres de l’opposition entrante et décrits comme racistes, homophobes et discriminatoires.

Le Premier ministre sortant, Yair Lapid, a dénoncé les remarques d’Orit Strouk et a tenu Netanyahu pour responsable de la montée de ces sentiments, affirmant qu’il « nous conduit vers un État ignorant [régi par] la halakha ».

Le député travailliste Gilad Kariv s’exprime devant le plénum de la Knesset le 21 juin 2021. (Crédit: Olivier Fitoussi/Flash90)

« Nous ne devons pas être surpris par les commentaires racistes d’Orit Strouk. C’est ce qui lui a été enseigné. Nous devrions plutôt être indignés par le flegme des député du Likud à la lumière de ces commentaires honteux et dangereux », a tweeté le député Avoda, Gilad Kariv.

Ram Ben Barak, député Yesh Atid, a déclaré qu’il ne croyait pas aux dénégations de Netanyahu et a averti que le pays évoluait dans une direction qui autoriserait une discrimination généralisée.

« Nous avons vécu des périodes où il y avait des panneaux disant ‘interdiction d’entrée aux Juifs’, et maintenant nous voyons ces lois qui stipulent que les propriétaires peuvent décider à qui ils veulent vendre. Il y aura des épiceries qui diront ‘interdit d’accès aux femmes‘ et demain il y en aura une autre qui dira ‘interdit d’accès aux Arabes' », a prévenu Ben Barak.

Le Pr. Hagay, a insisté sur le fait que « les médecins en Israël sont attachés au serment d’Hippocrate et ne permettront à aucune personne ni à aucune loi de changer ce fait » en réponse aux commentaires de Strouk.

Le professeur Zion Hagay, président de l’Association médicale d’Israël. (Crédit : Twitter)

« Nous ne permettrons pas que des considérations étrangères ou politiques soient introduites entre les médecins et les patients. Le système de santé a toujours été un îlot de bon sens, un symbole de coexistence, un lieu où Juifs et Arabes travaillent côte à côte, la valeur de l’égalité les guidant », a tweeté le Pr. Hagay.

« Le serment d’Hippocrate dit explicitement ‘Tu aideras un malade puisqu’il est malade, qu’il soit étranger ou non-Juif, et qu’il soit un citoyen, méprisable ou honorable’. De plus, il est écrit dans la prière des médecins de Maïmonide ‘Je ne verrai que l’humain dans un malade’. Il en a toujours été ainsi et il en sera toujours ainsi. »

La présidente de l’Association pour l’égalité LGBTQ en Israël, Hila Peer, a également condamné ces remarques, les décrivant, ainsi que le projet de loi, comme « non-juives » et honteuses.

« Les députés Strouk et Rothman veulent marquer au fer rouge les personnes LGBT pour que nous restions cachés comme aux jours les plus sombres de l’Histoire de l’Humanité. Nous n’accepterons cela d’aucune manière », a déclaré Peer, appelant Netanyahu à s’opposer à une telle législation.

« Personne n’a l’intention de discriminer la communauté LGBT en raison de leur identité ou de ce à quoi elles s’identifient. Ni dans les traitements médicaux, ni d’une quelconque autre manière. Les personnes LGBT sont des êtres humains qui méritent le respect et l’amour au même titre que tout le monde », a déclaré Strouk en réponse aux critiques.

Elle a toutefois insisté sur le fait que s’il y avait « un traitement médical qui contrevient à la loi juive orthodoxe – ou halakha – un médecin pratiquant ne sera pas forcé de le donner, quelle que soit l’identité du patient ».

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