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Doron Almog exhorte les juifs américains à réagir au projet de réforme judiciaire

"Il est temps de vous faire entendre", déclare le chef de l'Agence juive aux dirigeants juifs américains en visite, qualifie "d’inacceptable" le projet de limiter la loi du retour

Judah Ari Gross est le correspondant du Times of Israël pour les sujets religieux et les affaires de la Diaspora.

Le président de l'Agence juive, Doron Almog, s'adresse à la Conférence des présidents des principales organisations juives américaines à Jérusalem, le 23 février 2023. (Crédit : Amit Elkayam/Conférence des présidents)
Le président de l'Agence juive, Doron Almog, s'adresse à la Conférence des présidents des principales organisations juives américaines à Jérusalem, le 23 février 2023. (Crédit : Amit Elkayam/Conférence des présidents)

Le président de l’Agence juive, Doron Almog, appelle les dirigeants juifs américains à « faire entendre leur voix » dans le débat acerbe actuel sur la réforme judiciaire proposée par le gouvernement.

S’adressant jeudi à la Conférence des présidents des principales organisations juives américaines en visite, Almog a déclaré qu’il soutenait le compromis du président Isaac Herzog pour la réforme judiciaire et a appelé à un discours plus civilisé sur la question.

« Nous devons veiller à ce que le discours public, aussi passionné soit-il, reste dans les limites du débat démocratique et ne dégénère pas en haine de nos frères », a-t-il déclaré.

La réforme judiciaire proposée par le gouvernement, dans sa forme actuelle, modifierait radicalement le système israélien de contre-pouvoirs, en donnant à la coalition au pouvoir le contrôle absolu sur la nomination des juges et en lui permettant d’annuler les décisions de la Cour suprême avec une majorité simple de 61 sièges.

Les opposants à ce remaniement préviennent que celui-ci serait un sérieux coup à la démocratie israélienne et qu’il limiterait les droits des minorités, tandis que ses partisans le considèrent comme un correctif nécessaire à ce qu’ils considèrent comme une magistrature trop activiste.

Depuis des semaines, des dizaines de milliers d’Israéliens manifestent dans les grandes villes le samedi soir et devant la Knesset le lundi.

Manifestation contre la refonte du système judiciaire, devant le Parlement israélien à Jérusalem, le 13 février 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Almog a évité de faire connaître sa position sur la réforme, dont certaines parties ont déjà passé les premières lectures à la Knesset, mais a dit aux dirigeants juifs américains en visite de ne pas perdre espoir et de ne pas prendre leurs distances avec Israël, mais au contraire de s’exprimer et d’être plus impliqués.

« Face aux profonds désaccords politiques en Israël, certaines voix parmi les Juifs d’outre-mer disent que le moment est venu de prendre leur distance avec les activités sionistes et Israël. Je tiens à leur affirmer que c’est exactement le contraire qu’il faut faire », a déclaré M. Almog.

« C’est le moment de renforcer votre engagement, de faire entendre votre voix et de soutenir l’État d’Israël – chaque organisation parmi le public qui partage ses opinions, mais aussi qui a foi en l’unité, plus forte que les désaccords, et dans laquelle réside notre force », a-t-il ajouté.

Dans ce discours, Almog a également exprimé sa profonde inquiétude concernant les projets du gouvernement de modifier la Loi du retour, en particulier la clause dite « des petits-enfants », qui garantit la citoyenneté à toute personne ayant au moins un grand-parent juif.

A LIRE : La « clause des petits-enfants » de la Loi du retour de nouveau sur la sellette

« L’abolition de la clause des petits-enfants de la Loi du retour est inacceptable pour nous, car nous craignons sincèrement que cette clause ne creuse un fossé au sein du peuple juif – tant en Israël que dans le monde juif », a déclaré Almog. « Elle stigmatise des pans de la population israélienne qui contribuent à l’État et en font partie intégrante. Cet amendement éloignerait également d’Israël des millions de Juifs à travers le monde. »

Des immigrants ukrainiens ayant fui la guerre arrivent à l’aéroport Ben Gurion par un vol de secours, le 17 mars 2022. (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)

Bien que le processus de modification de la Loi du retour soit au point mort et que même certains de ses partisans affirment aujourd’hui que la clause des petits-enfants ne sera probablement pas entièrement supprimée, la question reste une préoccupation importante pour Almog et l’Agence juive, un organisme quasi-gouvernemental chargé d’encourager et de faciliter l’immigration en Israël, ou aliyah.

« L’État d’Israël est l’État-nation du peuple juif. C’est la patrie de chaque juif quelle que soit sa dénomination ou son milieu. Nous entendons encourager un dialogue ouvert et inclusif concernant les questions sensibles, pour nos frères et sœurs qui vivent en Israël en vertu de la loi du retour, car nous avons une obligation morale envers eux. »

L’appel d’Almog aux dirigeants juifs américains pour qu’ils fassent entendre leur voix fait suite à de nombreux alertes lancées par différents groupes américains.

Mardi, les fédérations juives d’Amérique du Nord ont adressé une lettre ouverte au Premier ministre Benjamin Netanyahu et au leader de l’opposition Yair Lapid, les appelant à trouver un compromis sur la réforme judiciaire et exprimant leur inquiétude au sujet de la clause dérogatoire proposée.

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