Drones des Houthis : quelle menace pour Israël ?
Vendredi, les terroristes ont déclaré qu'un nouveau drone, baptisé "Yafa", a été tiré sur Tel-Aviv, ce qui fait de cette ville la cible la plus éloignée du Yémen

Les Houthis du Yémen, qui ont revendiqué une frappe meurtrière en Israël vendredi, ont amassé un important stock de drones, y compris des engins capables d’éviter selon eux la détection par des radars.
Un mois environ après le début, le 7 octobre, de la guerre entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza, les Houthis, soutenus par l’Iran, ont commencé à lancer des attaques contre des navires marchands en mer Rouge et dans le golfe d’Aden.
Après avoir menacé d’étendre leur action, ils ont revendiqué une attaque de drone vendredi contre Tel-Aviv, qui a fait un mort, soulignant qu’elle marque une « nouvelle phase » dans leur action.
Les Houthis n’ont cessé de développer leurs capacités en matière de drones depuis 2014, date à laquelle ils se sont emparés de la capitale yéménite, Sanaa. Leur arsenal, fabriqué à partir d’équipements ou de composants iraniens, comprend des drones de reconnaissance et des engins furtifs de combat, dont certains ont une grande portée, selon des experts.
Made in Yémen
Niant se fournir en Iran, les terroristes affirment fabriquer leurs drones, mais les experts estiment qu’ils contiennent des composants iraniens entrés au Yémen en contrebande.
« Les Houthis ne fabriquent pas leurs propres drones ni leurs propres missiles », a affirmé Andreas Krieg, analyste militaire et maître de conférences au King’s College de Londres.
« Ils sont assemblés au Yémen, mais sont entièrement basés sur des plans et des technologies iraniens », a-t-il déclaré à l’AFP.
Ils disposent de drones iraniens Shahed-136, d’une portée de 2 000 kilomètres, que la Russie utilise dans sa guerre contre l’Ukraine, et ont un autre modèle, le Samad-3.

Cet engin a été utilisé pour attaquer les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite.
Ces drones sont guidés par GPS et « volent de manière autonome en suivant des points de passage préprogrammés » vers leurs cibles, ont écrit des experts du Center for Strategic and International Studies dans un rapport de 2020.
Depuis janvier, les forces militaires américaines ont abattu des centaines de drones dans les régions du Yémen contrôlées par les Houthis, dans leur campagne visant à les dissuader d’attaquer des navires.
Nouveau drone ?
Vendredi, les terroristes ont déclaré qu’un nouveau drone, baptisé « Yafa » (le nom arabe de Jaffa), a été tiré sur Tel-Aviv, ce qui fait de cette ville la cible la plus éloignée du Yémen.
Leur porte-parole, Yahya Saree, a affirmé que cet engin pouvait contourner les systèmes de défense et la détection radar.

Fabian Hinz, de l’Institut international d’études stratégiques, qui a analysé les images des débris de drone, a estimé que rien n’indiquait qu’il s’agissait d’un modèle actualisé du drone à longue portée des rebelles.
« Si l’on examine attentivement les images, y compris celles du moteur, de parties du fuselage et d’une aile, on peut voir que le drone utilisé présente de très fortes similitudes avec le Samad-3 », a-t-il dit.
« Toutefois, il est tout à fait possible qu’il s’agisse d’une nouvelle version de ce modèle », a ajouté M. Hinz, notant que le moteur semble être plus puissant que celui des modèles précédents.
Mohammed Albasha, analyste pour le groupe américain Navanti, a expliqué à l’AFP que « ce drone est probablement équipé de matériaux absorbants des émissions de radar pour atteindre une invisibilité maximale ».
Une menace pour Israël ?
Les Houthis ont déjà revendiqué des centaines de tirs de missiles et de drones visant la station balnéaire d’Eilat, dans le sud d’Israël, et les villes portuaires d’Ashdod et de Haïfa, dont la plupart ont été interceptés.
Mais l’attaque de vendredi sur Tel-Aviv est une première.
« Il ne fait aucun doute que les capacités du groupe s’améliorent », a déclaré Torbjorn Soltvedt, de la firme de calcul des risques économiques Verisk Maplecroft.
Il a cependant estimé que les affirmations des Houthis sur des drones capables d’échapper aux défenses israéliennes ne sont « probablement que de la propagande ».
Selon M. Hinz, les attaques des Houthis ne constituent pas une « menace stratégique » pour Israël. Pour le devenir, les rebelles devraient, selon lui, déployer de plus gros drones et effectuer des tirs de barrage de nature à submerger les défenses israéliennes.
... alors c’est le moment d'agir. Le Times of Israel est attaché à l’existence d’un Israël juif et démocratique, et le journalisme indépendant est l’une des meilleures garanties de ces valeurs démocratiques. Si, pour vous aussi, ces valeurs ont de l’importance, alors aidez-nous en rejoignant la communauté du Times of Israël.

Nous sommes ravis que vous ayez lu X articles du Times of Israël le mois dernier.
C'est pour cette raison que nous avons créé le Times of Israel, il y a de cela onze ans (neuf ans pour la version française) : offrir à des lecteurs avertis comme vous une information unique sur Israël et le monde juif.
Nous avons aujourd’hui une faveur à vous demander. Contrairement à d'autres organes de presse, notre site Internet est accessible à tous. Mais le travail de journalisme que nous faisons a un prix, aussi nous demandons aux lecteurs attachés à notre travail de nous soutenir en rejoignant la communauté du ToI.
Avec le montant de votre choix, vous pouvez nous aider à fournir un journalisme de qualité tout en bénéficiant d’une lecture du Times of Israël sans publicités.
Merci à vous,
David Horovitz, rédacteur en chef et fondateur du Times of Israel