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Égypte: Des réponses sont attendues suite à l’excavation de documents juifs

Le sénateur Gary Peters appelle l'administration Biden à faire pression sur le Caire après la confiscation d'une gueniza avant que des universitaires juifs n'aient pu les examiner

Parcelles funéraires au cimetière juif historique du quartier Bassatine au Caire. (Crédit: Courtoisie)
Parcelles funéraires au cimetière juif historique du quartier Bassatine au Caire. (Crédit: Courtoisie)

JTA — Une équipe de nettoyage d’un ancien cimetière juif au Caire a fait ce qui pourrait être une découverte unique : une gueniza, nom en hébreu donné à l’endroit où l’on conserve avec respect les textes juifs abandonnés.

La loi juive dicte l’enterrement ou la préservation de tout texte qui invoque le nom de Dieu. L’excavation des guenizah peut donner lieu à des découvertes de grande envergure : une guenizah découverte au Caire à la fin du XIXe siècle a considérablement élargi la compréhension de la pratique juive et de la vie quotidienne d’antan et du moyen âge, dans des textes religieux et des objets aussi banals que des contrats et lettres.

Reste à savoir si ce serait le cas dans la dernière découverte : les autorités égyptiennes des antiquités ont retiré les objets en février avant que des universitaires juifs n’aient pu les examiner, malgré les supplications des Juifs aidant au nettoyage, a rapporté le service de presse Kan, géré par le gouvernement israélien.

Le sénateur Gary Peters, un démocrate du Michigan, presse l’administration Biden de superviser le retrait. « Nous sommes impatients de travailler avec le Département d’État pour faciliter l’engagement avec le gouvernement égyptien sur cette question », a déclaré mardi une porte-parole à l’Agence télégraphique juive.

La porte-parole a partagé une lettre que Peters a envoyée à l’ambassadeur des États-Unis en Égypte, Jonathan Cohen, le 25 mars, un jour après que Kan a signalé le renvoi.

« Je vous exhorte à protester contre la saisie de ces documents aux plus hauts niveaux du gouvernement égyptien », a déclaré Peters. Il a ajouté que l’administration Biden devrait faire pression pour mettre fin immédiatement à tout retrait des documents et faire appel à un groupe d’experts internationaux pour les examiner.

Les documents appartiennent bien à la communauté juive du Caire, et il n’y a aucune chance qu’ils soient retirés d’Égypte, a déclaré Peters.

« Ces documents sont la propriété incontestable de la communauté juive égyptienne et leur saisie soudaine est extrêmement troublante », a-t-il déclaré. « Ce sont des artefacts religieux sensibles, qui doivent être traités avec respect et soin, non seulement à des fins religieuses, mais aussi pour préserver leurs caractéristiques physiques afin de permettre la recherche et l’examen scientifiques. Ce que le ministère du Tourisme et des Antiquités a fait n’est pas simplement injuste mais totalement inutile. Ces documents devaient rester en Égypte pour être étudiés et conservés par la communauté juive. »

Le cimetière Bassatine au Caire date au moins du IXe siècle et est considéré comme le deuxième plus ancien cimetière juif du monde, après le mont des Oliviers. Ces dernières années, il a subi une rénovation financée par les États-Unis.

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