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Eli Cohen : « Les Palestiniens devraient être jugés, pas Israël »

Le nouveau ministre des Affaires étrangères a annoncé la tenue du prochain sommet du Néguev au Maroc , ajoutant qu'Israël parlera moins de la guerre entre la Russie et l'Ukraine

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le nouveau ministre des Affaires étrangères, Eli Cohen, s'exprimant au ministère des Affaires étrangères, à Jérusalem, le 2 janvier 2023. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Le nouveau ministre des Affaires étrangères, Eli Cohen, s'exprimant au ministère des Affaires étrangères, à Jérusalem, le 2 janvier 2023. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le nouveau ministre des Affaires étrangères, Eli Cohen, a déclaré lundi que les dirigeants palestiniens devraient être traduits en justice plutôt qu’Israël, accusant l’Autorité palestinienne (AP) d’encourager les attaques terroristes contre les Juifs.

« La communauté internationale doit envoyer un message clair aux dirigeants palestiniens », a déclaré Cohen dans son discours d’ouverture devant les diplomates et le personnel du ministère des Affaires étrangères à Jérusalem. « Les incitations dans les institutions éducatives et le financement des assassins de Juifs, ça suffit. »

Cohen a tenu ces propos peu après avoir rencontré son prédécesseur Yair Lapid, dont le mandat de ministre des Affaires étrangères et de Premier ministre a pris fin la semaine dernière. Selon le ministère des Affaires étrangères, les deux hommes ont discuté des liens entre Israël et les États-Unis, de la menace iranienne et de l’élargissement des Accords d’Abraham.

L’Assemblée générale des Nations unies a voté vendredi soir en faveur d’une résolution demandant à la Cour internationale de justice d’intervenir et de rendre un avis sur l’état du conflit israélo-palestinien.

Dans son discours, Cohen a qualifié cette démarche de « preuve de l’hypocrisie des Palestiniens », les accusant de rejeter toutes les tentatives de paix de ces 75 dernières années.

L’ancien ministre du Renseignement et de l’Économie a également indiqué qu’il y aurait des changements dans l’approche israélienne de la guerre en Ukraine. « Nous ferons une chose à coup sûr – moins en parler », a-t-il promis.

Une session de la Cour internationale de justice, à La Haye, le 1er octobre 2018. (Crédit : Bas Zerwinski/ANP/AFP)

Alors que le gouvernement Naftali Bennett-Yair Lapid a choisi de ne pas prendre parti dans la guerre qui dure depuis dix mois, Lapid et d’autres ministres ont dénoncé nommément la Russie à plusieurs reprises, notamment le premier jour de l’invasion.

Cohen a ajouté que le cabinet était en train de formuler une « politique responsable » à l’égard du conflit, et a noté que l’aide humanitaire d’Israël à l’Ukraine se poursuivrait.

Il doit s’entretenir avec son homologue russe, Sergueï Lavrov, mardi. Il n’a pas mentionné d’appels prévus avec des responsables ukrainiens.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, à gauche, et son homologue syrien, Faisal Mekdad, arrivant pour une réunion à Moscou, le 23 août 2022. (Crédit : Natalia Kolesnikova/Pool/AFP)

« Le nouveau Premier ministre, Benjamin Netanyahu, n’a pas encore finalisé sa politique à l’égard de Kiev et de Moscou », a déclaré un responsable israélien au Times of Israel. Il a transmis ce message au président ukrainien, Volodymyr Zelensky, après son élection.

Bien qu’Israël ait fourni une aide humanitaire et certains équipements non-létaux, tels que des casques et des gilets pare-balles, les responsables ukrainiens ont fait pression à plusieurs reprises – sans succès – pour obtenir des armes de défense aérienne.

Le raisonnement qui sous-tend cette décision semble être le besoin stratégique d’Israël de maintenir une liberté d’action en Syrie, dans le cadre de ses efforts pour empêcher l’Iran de s’installer à ses portes. À cette fin, Israël coopère avec l’armée russe, qui contrôle largement l’espace aérien de la Syrie.

Alors que la Russie a manifesté sa frustration à l’égard d’Israël pour sa sympathie déclarée envers Kiev dans le cadre de la guerre en cours en Ukraine, Vladimir Poutine s’est montré optimiste quant au retour de Netanyahu.

Le mois dernier, une délégation officielle du gouvernement de la ville de Moscou s’est rendue en Israël, une visite qui n’aurait probablement pas eu lieu sans le feu vert de Poutine, alors que Netanyahu se préparait à prendre officiellement les rênes d’Israël.

Des personnes se tenant à côté d’un bâtiment démoli suite à une frappe russe sur Kiev, en Ukraine, le 31 décembre 2022. (Crédit : AP Photo/Efrem Lukatsky)

Cohen, 50 ans, a également abordé les Accords d’Abraham dans son discours, annonçant que la prochaine réunion du Sommet du Néguev aurait lieu au mois de mars, au Maroc. Un an auparavant, des diplomates israéliens, américains et arabes s’étaient réunis dans le désert du Néguev, convenant que le sommet deviendrait une conférence régulière dans les pays participants.

« L’extension des Accords d’Abraham n’est pas une question de si, mais de quand », a promis Cohen.

Netanyahu prévoit de se rendre officiellement aux Émirats arabes unis pour la première fois au cours des deux prochaines semaines, ont confirmé lundi des sources proches du Premier ministre au Times of Israel.

À l’issue de leurs discussions au sommet du Néguev, le ministre des Affaires étrangères du Bahreïn, Abdullatif bin Rashid al-Zayani, à gauche, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Shoukry, le ministre israélien des Affaires étrangères, Yair Lapid, le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, et le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, le Cheikh Abdullah bin Zayed al-Nahyan, à Sde Boker, en Israël, le 28 mars 2022. (Crédit : AP Photo/Jacquelyn Martin/Pool)

Cette visite serait la première de Netanyahu depuis son retour au poste de Premier ministre. Les dates et l’itinéraire exacts sont encore en cours d’élaboration, selon la source.

Les liens entre Israël et les Émirats arabes unis ont été établis il y a deux ans dans le cadre des Accords d’Abraham.

L’un des principaux objectifs de Netanyahu depuis la signature des accords historiques avec le Bahreïn et les Émirats arabes unis en septembre 2020 est la paix avec l’Arabie saoudite, comme il l’a depuis déclaré à plusieurs reprises.

Si le Maroc et le Soudan ont également rejoint les accords par la suite, Ryad s’est montré réticent, bien qu’il semble entretenir des liens officieux mais solides avec Israël.

Cohen a également abordé la menace nucléaire iranienne lundi, déclarant qu’Israël s’attachera à développer ses capacités militaires tout en créant un front international uni contre les ambitions nucléaires de Téhéran.

Ali Bagheri Kani, négociateur en chef iranien sur le nucléaire, après des entretiens au Palais de Cobourg, lieu de négociations du Plan d’action global conjoint (JCPOA) à Vienne, le 4 août 2022. (Crédit : Alex Halada/AFP)

Au cours des deux dernières années, Tsahal a intensifié ses efforts pour préparer une menace militaire crédible contre les sites nucléaires de Téhéran, alors qu’il semble de plus en plus improbable que l’Iran revienne à l’accord nucléaire (JCPOA) de 2015 avec les puissances mondiales.

« Les pays du monde doivent cesser de faire l’autruche », a déclaré Cohen.

Le JCPOA a été conçu pour empêcher l’Iran de développer secrètement une bombe nucléaire, un objectif que la République islamique a toujours nié. Il ne tient toutefois qu’à un fil depuis le retrait unilatéral des États-Unis en 2018 sous la houlette de l’ancien président Donald Trump.

Les négociations à Vienne visant à relancer l’accord nucléaire sont au point mort.

Les médias d’État iraniens ont annoncé le mois dernier qu’ils avaient commencé à produire de l’uranium enrichi à 60 % de pureté dans l’usine nucléaire souterraine de Fordo, en plus de l’enrichissement au même niveau dans une usine à Natanz qui, selon eux, avait commencé en 2019.

Le leader de l’opposition Benjamin Netanyahu parlant au président américain Joe Biden, depuis un bureau du Likud, à Tel Aviv, le 7 novembre 2022. (Crédit : Likud/Dossier)

Cohen a commencé son discours en affirmant que la relation d’Israël avec les États-Unis « se situe au sommet de nos priorités ».

« Il n’y a pas de remplacement pour les liens entre Israël et les États-Unis », a-t-il déclaré. « Il s’agit d’un partenariat stratégique à long-terme fondé avant tout sur des valeurs communes et sur des intérêts que nous partageons. »

Il devait s’entretenir avec le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, lundi après-midi.

Cohen a également déclaré qu’Israël était un partenaire clé pour l’Europe et qu’il avait la possibilité d’approfondir ses liens avec l’Union européenne.

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