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Eli Feldstein aurait agi sous les ordres de Jonatan Urich, selon son avocat

Selon l'avocat de l'ex-porte-parole du Premier ministre, des messages adressés au conseiller principal prouvent que son client pensait agir avec l'accord de Benjamin Netanyahu

Eli Feldstein, l'un des suspects dans l’affaire du « Qatargate » et accusé dans le scandale des fuites à Bild, arrivant pour une audience, au tribunal de Tel Aviv, le 15 juillet 2025. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
Eli Feldstein, l'un des suspects dans l’affaire du « Qatargate » et accusé dans le scandale des fuites à Bild, arrivant pour une audience, au tribunal de Tel Aviv, le 15 juillet 2025. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

L’avocat de la défense d’Eli Feldstein, ancien porte-parole du bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu et figure clé dans deux enquêtes, a tenté de prouver devant le tribunal que son client avait agi sous les ordres du conseiller principal du Premier ministre, Jonatan Urich, selon les médias israéliens.

Me Oded Savoray a présenté dimanche au tribunal de Tel Aviv les enregistrements de l’interrogatoire d’Urich par la police ainsi que les messages WhatsApp échangés avec Feldstein pendant l’audience, après une demande de l’avocat de la défense visant à assouplir les conditions d’assignation à résidence de son client, ont rapporté les médias.

Me Savoray a fait valoir que Feldstein n’était pas pénalement responsable de la fuite d’informations classifiées au tabloïd allemand Bild, car il pensait agir sur ordre du Premier ministre.

Feldstein a notamment suggéré à Urich de publier certaines informations, ce à quoi ce dernier a répondu dans un message WhatsApp présenté par Me Savoray : « Il [Netanyahu] a demandé de ne pas encore y toucher. »

Le soir de la deuxième attaque iranienne contre Israël, le 1ᵉʳ octobre 2024, Urich aurait également ordonné à Feldstein de ne rien publier, démontrant ainsi la hiérarchie au sein du bureau, toujours selon l’avocat.

« Ne cite personne, le Premier ministre demande de ne pas y toucher », a écrit Urich à Feldstein.

Jonatan Urich après une audience à la Cour suprême, à Jérusalem, le 27 octobre 2025 (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Me Savoray a également présenté un autre exemple dans lequel Feldstein souhaitait publier une réponse à l’attaque par drone contre la résidence privée de Netanyahu à Césarée, en octobre 2024. Urich lui a répondu par SMS : « Il ne veut rien. »

Un autre échange de messages présenté par Me Savoray concernait des informations transmises au journaliste Yaron Avraham, de la chaîne N12.

« Je les ai transmises à Yaron Avraham », a écrit Feldstein.

« Aucun problème », a répondu Urich.

« Tu l’as autorisé », a écrit Feldstein, à quoi Urich a répondu : « Je l’ai autorisé. »

Fin 2024, Feldstein a été accusé d’avoir transmis des informations classifiées dans le but de nuire à l’État, un chef d’accusation passible d’une peine de prison à perpétuité, ainsi que de possession illicite d’informations classifiées et d’entrave à la justice.

Avec Urich, il est également une figure centrale de l’affaire dite du « Qatargate », dans laquelle il est accusé d’avoir reçu de l’argent de Doha pour redorer l’image de ce pays en Israël, après le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.

Lors de son interrogatoire il y a trois semaines, la police a accusé Urich d’être « l’autorité suprême » au sein du bureau du Premier ministre, selon les preuves présentées par Me Savoray devant la Cour.

Yisrael Einhorn (à gauche) avec Jonatan Urich (au centre) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, en 2019. (Crédit : Autorisation)

« Je n’ai jamais été responsable et je n’ai jamais été l’employeur de Feldstein, car il ne relevait pas de mon autorité », a déclaré Urich aux enquêteurs. Après avoir insisté, Urich a répondu : « Si Eli s’est tourné vers moi à trois ou quatre reprises, alors c’était en marge de son travail. »

La police a continué à affirmer qu’Urich agissait en tant que supérieur hiérarchique de Feldstein, citant notamment un exemple où il avait ordonné au porte-parole de préparer les questions pour une conférence de presse et une liste de journalistes à contacter.

« Vous lui demandez d’organiser des points presse, de mener des enquêtes, de répondre aux journalistes ou de ne pas leur répondre. Je viens de vous présenter plusieurs exemples tirés de l’enquête qui montrent que c’est vous qui gérez les choses en réalité », a déclaré un enquêteur.

« Je ne gérais pas Eli, et je ne le poussais pas », a répondu Urich.

Lors d’un autre interrogatoire mené en février, Urich a déclaré aux enquêteurs que « chaque message destiné aux médias devait être approuvé » par le Premier ministre, et a ajouté avoir reçu « un certain nombre » de documents de Feldstein qui devaient être validés par Netanyahu.

« Compte tenu des preuves, la question se pose : qui approuve les questions relatives aux médias au sein du bureau du Premier ministre ? Est-ce Feldstein lui-même ou Urich, sur ordre du Premier ministre ? », a demandé Me Savoray au tribunal dimanche, selon la Treizième chaîne.

« En d’autres termes, le demandeur a-t-il communiqué directement avec le Premier ministre, ou Urich a-t-il travaillé sur les questions médiatiques en concertation avec le Premier ministre au nom de Feldstein ? », a-t-il déclaré.

En réaction aux preuves présentées lors de l’audience, les avocats d’Urich ont déclaré dans un communiqué publié par le site d’information Ynet : « Eli Feldstein a clairement indiqué à plusieurs reprises, lors de ses premiers interrogatoires, que Jonatan Urich et le Premier ministre n’avaient rien à voir avec ses actions. Il a même été soumis à un test au polygraphe par le Shin Bet, qui a conclu qu’il était une personne honnête. »

« Que chacun se demande ce qui l’a poussé à changer radicalement de version », ont-ils ajouté.

L’article citant un document que l’armée israélienne aurait trouvé sur l’ordinateur du défunt dirigeant du Hamas, Yahya Sinwar, publié par Bild le 6 septembre 2024. (Crédit : Autorisation)

Feldstein a été arrêté fin 2024, soupçonné d’avoir divulgué des informations classifiées au tabloïd allemand Bild, qui a présenté le document comme une preuve que le Hamas n’était pas intéressé par un accord sérieux de cessez-le-feu et de libération des otages avec Israël.

Il a été révélé par la suite dans les médias que la publication avait altéré le dossier de manière significative pour servir les intérêts du gouvernement Netanyahu.

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