Elkin : les députés arabes sont des « traîtres »
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Elkin : les députés arabes sont des « traîtres »

La déclaration du ministre survient alors que les élus de la Liste arabe unie ont brandi des pancartes disant "Jérusalem est la capitale de la Palestine" lors du discours de Pence

Zeev Elkin arrive à la réunion hebdomadaire du cabinet, au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 14 février 2016. (Crédit : Olivier Fitoussi/Pool)
Zeev Elkin arrive à la réunion hebdomadaire du cabinet, au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 14 février 2016. (Crédit : Olivier Fitoussi/Pool)

Un ministre israélien a fustigé les députés arabes de la Knesset pour avoir perturbé lundi le discours du vice-président américain Mike Pence au Parlement, les qualifiant de « traîtres ». En réponse, les députés arabes ont demandé une action en justice contre le ministre pour « incitation » au racisme.

Après que des députés de la Liste arabe unie ont brandi des pancartes disant « Jérusalem est la capitale de la Palestine », pendant le discours, Zeev Elkin, ministre des Affaires de Jérusalem et de la Protection de l’environnement, a tweeté que « les membres de la Liste arabe unie sont des traîtres ».

Elkin a écrit que lorsque les députés arabes « disent qu’à partir du moment où les États-Unis se tiennent avec Israël plutôt qu’avec l’Autorité palestinienne ils deviennent un ennemi, ils favorisent l’intérêt de l’Autorité Palestinienne par rapport à l’intérêt israélien et c’est de la trahison ».

« Ceux qui soutiennent les groupes terroristes et s’opposent au renforcement des intérêts israéliens sont des traîtres ! » a-t-il dit.

Yuli Edelstein, à droite, président de la Knesset, avec les 72 signatures de député demandant un vote sur la destitution du député arabe Basel Ghattas, remises par Zeev Elkin, à gauche, ministre du Likud, à la Knesset, le 16 janvier 2017. (Crédit : département des portes-paroles de la Knesset)

« Ils ne sont en fonction que grâce à la bienveillance de la Cour suprême », a ajouté M. Elkin, faisant allusion aux décisions répétées de la cour contre les efforts visant à disqualifier les membres de la Liste arabe unie de se présenter aux élections.

Les députés ont été expulsés du plénum par les huissiers pour avoir brandi des pancartes. L’incident a duré moins d’une minute, mais les bousculades furent violentes.

Le slogan « Jérusalem est la capitale de la Palestine » était écrit en anglais et en arabe, mais la version arabe mentionnait « Jérusalem-Est ».

Le député Issawi Frej du parti de gauche Meretz a déclaré avoir demandé au procureur général Avichai Mandelblit d’examiner si la déclaration d’Elkin était illégale et constituait une incitation au racisme.

« Un tel ministre et membre du cabinet de sécurité devrait donner l’exemple, plutôt que d’inciter les fonctionnaires et les nombreuses personnes qui ont voté pour eux », a écrit Frej au procureur général.

« En plus de déformer les faits, Elkin affiche une grave incompréhension des règles du jeu démocratique lorsqu’il rejette un parti qui a remporté près d’un demi-million de voix lors des dernières élections et affirme qu’il ne reste en fonction que grâce à la Cour suprême », a ajouté M. Frej.

Les députés de la Liste arabe unie brandissent des pancartes sur lesquelles est écrit « Jérusalem est la capitale de la Palestine » lors du discours du vice-président américain Mike Pence à la Knesset à Jérusalem le 22 janvier 2018. (Photo AFP / Pool / Ariel Schalit)

Des membres de la Liste arabe unie ont déclaré qu’Elkin devrait être jugé pour son tweet, en le qualifiant de « provocation » contre la « position politique légitime » de ses membres.

« Benjamin Netanyahu a qualifié la position de la Liste arabe unie de « honte », a déclaré le parti dans un communiqué. « Mais la véritable honte est l’axe de partenariat maléfique Netanyahu-Trump, qui vise à empêcher la paix et à provoquer des effusions de sang. Trump a battu tous les records et est devenu un partisan de la droite [israélienne] et des implantations ».

Le discours de Pence « est un éloge funèbre aux funérailles du processus de paix, encourageant l’annexion, l’établissement et la poursuite de l’occupation », a conclu la Liste arabe unie.

Frej ajouta à propos du discours de Pence que « la Knesset ressemblait aujourd’hui à la salle de bal du Titanic ; tout le monde fait la fête, tandis que les capitaines du navire le dirigent droit dans un iceberg. Ceux qui ont manifesté aujourd’hui ont célébré la fin du processus de paix.

« L’appel à la paix et la promotion de la solution à deux états ne sont que des déclarations de pure forme, dans le seul but de légitimer une politique unilatérale qui contrecarre les négociations ».

Le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, a été parmi les premiers députés à condamner publiquement l’attitude des députés arabes, ajoutant que les membres de la Liste arabe unie « prouvaientt une fois de plus qu’ils étaient des représentants d’organisations terroristes à la Knesset ».

« Leur comportement honteux a prouvé à tous leur déloyauté envers l’Etat d’Israël et ses symboles. Ce n’est que lorsque les Arabes israéliens permettront à d’autres voix de les représenter qu’il y aura une chance pour une véritable paix », a-t-il conclu.

Le député du Likud Oren Hazan a plus tard affronté Zahalka à l’extérieur du plénum et l’a traité de « terroriste ».

Alors que Zahalka tentait de parler aux journalistes, Hazan l’a interpellé et a dit qu’il était un « handicap » pour l’électorat qu’il représente.

La protestation de lundi était en réponse à la reconnaissance par le président américain Donald Trump, le 6 décembre, de Jérusalem en tant que capitale d’Israël.

Pence, pour sa part, a commenté l’interruption, disant qu’il était « impressionné de parler dans une démocratie si dynamique » avant de poursuivre son discours, dans lequel il a promis que l’ambassade américaine serait déplacée à Jérusalem avant la fin de 2019.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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