En cas d’échecs des pourparlers, Gabbay se désengagerait de la Cisjordanie
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En cas d’échecs des pourparlers, Gabbay se désengagerait de la Cisjordanie

Le chef de l'Union sioniste affirme que la résolution du conflit relève de la responsabilité d'Israël, et non celle de Trump

Le chef de l'Union sioniste Avi Gabbay dirige une réunion de factions à la Knesset le 15 janvier 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le chef de l'Union sioniste Avi Gabbay dirige une réunion de factions à la Knesset le 15 janvier 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le président de l’Union sioniste, Avi Gabbay, a déclaré samedi qu’il promouvrait un plan de désengagement de Cisjordanie s’il ne parvenait pas à conclure un accord de paix avec les Palestiniens.

« Il est dans le meilleur intérêt d’Israël de se séparer des Palestiniens », a-t-il déclaré à une foule lors d’un événement culturel dans la ville centrale de Ness Ziona. Il serait préférable de parvenir à un accord diplomatique négocié, mais « s’ils ne veulent pas parvenir à un accord, nous devrons nous en séparer unilatéralement », a-t-il dit.

« C’est la responsabilité de notre génération de trouver une solution. Pas celle de Trump. Nous pensons que la solution, c’est deux États pour deux peuples », a ajouté M. Gabbay.

À cet égard, le chef de la plus grande faction de l’opposition a déclaré qu’aucune des diverses réunions que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a eues avec les dirigeants étrangers ces dernières semaines n’a porté ses fruits.

« Une fois les réunions et l’attention des médias avec Trump, [le vice-président] Pence et [le président russe] Poutine [terminées], nous restons ici avec 4,5 millions de Palestiniens et nous devons résoudre nos propres problèmes », a déclaré Gabbay.

Le Président américain Donald Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu au Forum économique mondial à Davos, Suisse, le 25 janvier 2018 (AFP Photo/Nicholas Kamm)

Gabbay a critiqué le vote à l’unanimité du Comité central du Likud en décembre en faveur de l’annexion d’une partie de la Cisjordanie.

« Le Comité central du Likud a décidé : annexion de millions de Palestiniens. La conférence du Parti travailliste déterminera : la séparation (des Palestiniens) et un État avec une nette majorité juive. »

« L’État d’Israël a besoin d’un dirigeant qui sache reconnaître une opportunité et sache comment la mettre en œuvre », a-t-il ajouté, affirmant qu’ « une réelle opportunité s’est présentée pour un accord initié par les Arabes, ce que les États arabes modérés veulent également ».

Les déclarations de Gabbay ont marqué la poursuite de ce qui semblait être un virage vers la gauche après les récents sondages qui ont vu le soutien de son parti diminuer considérablement.

Gabbay a récemment promis de ne pas participer à une coalition avec Netanyahu « en aucune circonstance », et a rejeté les allégations selon lesquelles il avait modifié la ligne de son parti – passant de centre-gauche à droite.

Gabbay, qui a servi comme ministre de la Protection de l’environnement pour le parti Koulanou, a quitté le gouvernement en guise de protestation après la nomination d’Avigdor Liberman comme ministre de la Défense en 2016.

Avi Gabbay le jour de son élection à la tête du Parti travailliste, à Tel Aviv, le 10 juillet 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Après avoir été élu en juillet dernier à la tête du Parti travailliste ainsi que de l’Union sioniste – une fusion du Parti travailliste et du parti Hatnua – il a fait un certain nombre de déclarations suggérant qu’il cherchait à orienter le Parti travailliste vers la droite dans une tentative d’attirer le soutien d’un plus grand nombre d’électeurs.

Gabbay s’était engagé à ne pas évacuer les implantations de Cisjordanie dans le cadre d’un accord de paix, a déclaré qu’une Jérusalem unie était plus importante que la paix, et a fait remarquer que la gauche « oubliait ce que signifie être juif » – dans des déclarations qu’il a clarifiées dans une interview avec le Times of Israel fin décembre.

A LIRE – Gabbay : je suis le Premier ministre dont Israël a besoin

La semaine dernière, Gabbay a déclaré aux participants à une conférence des entrepreneurs de la mer Morte que son parti présenterait bientôt son plan pour parvenir à une solution à deux États.

Bien qu’il ait travaillé pour se positionner comme candidat au poste de Premier ministre, son cheminement vers la formation d’une coalition est ardu.

Le chef d’Yisrael Beytenu, Liberman, et le ministre des Finances, Moshe Kahlon, le leader de Koulanou, ont tous deux écarté l’idée de rejoindre un gouvernement dirigé par Gabbay.

Gabbay aura aussi probablement du mal à convaincre le député Yair Lapid de rejoindre une coalition qu’il dirigerait, car le chef du parti centriste Yesh Atid se présente également comme une alternative à Netanyahu, et tente de séduire les électeurs de droite.

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