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Enquête de police sur les crimes sexuels commis par le Hamas le 7 octobre

L'unité Lahav 443 travaille sur plusieurs cas et collecte des indices médico-légaux auprès de survivants, des images de vidéosurveillance et des aveux de terroristes palestiniens

Les bureaux de l'unité Lahav 433 de la police israélienne. (Police israélienne)
Les bureaux de l'unité Lahav 433 de la police israélienne. (Police israélienne)

La police israélienne a annoncé mardi enquêter sur des violences sexuelles, dont des viols et mutilations, soupçonnées d’avoir été commises sur des femmes par des terroristes du Hamas le 7 octobre.

Ce jour-là, près de 3 000 terroristes armés du Hamas se sont infiltrés dans le sud d’Israël depuis la bande de Gaza, aux mains du groupe terroriste islamiste palestinien, menant des attaques contre des civils d’une ampleur et d’une violence sans précédent depuis la création d’Israël en 1948. Environ 1 200 personnes ont été tuées et près de 240 prises en otage, en majorité des civils, selon les autorités.

David Katz, l’un des chefs de l’unité de police criminelle Lahav 443, a annoncé « travailler sur plusieurs cas » d’agressions sexuelles et collecter des indices médico-légaux auprès de survivants, des images de vidéosurveillance et des informations données lors d’interrogatoires de terroristes palestiniens arrêtés après le massacre.

« Cette enquête (…) est la plus importante de notre histoire », a déclaré le commissaire en chef d’Israël Kobi Shabtaï.

Selon des spécialistes du droit interrogés par l’AFP, les attaques du 7 octobre sont susceptibles de relever des crimes de guerre qui, tels que définis dans le statut de Rome de 1998 ayant institué la Cour pénale internationale (CPI), incluent le viol.

La police a présenté à la presse internationale des documents servant de base à cette enquête qui prendra « plusieurs mois », selon M. Katz.

Une photo prise sur le site de la rave-party de Reim (sud), visée par une des attaques, montre le corps d’une femme avec le bas du corps dénudé, allongée au sol sur le dos, les jambes écartées et présentant des traces de brûlure à la taille et aux membres.

Une autre photo montre une femme nue, jambes écartées, sa culotte baissée.

Le corps d’une femme, trouvé le 7 octobre 2023, avec une tête partiellement brûlée et déshabillée à partir de la taille ; la vidéo a été téléchargée sur les réseaux sociaux et projetée par l’armée israélienne dans le cadre d’une compilation d’images brutes des atrocités commises par le Hamas. (Crédit : Capture d’écran)

La police a encore montré l’audition filmée d’une survivante du massacre de la rave party..

La jeune femme, « S. », raconte avoir vu une femme être violée par plusieurs hommes : « ils la tenaient par les cheveux. Un homme lui a tiré dans la tête alors qu’il la violait », dit-elle.

« Il est ici en train de la violer, puis ils la passent à une autre personne. Les terroristes étaient vêtus d’uniformes vert olive », a-t-elle ajouté. La police a montré sur la vidéo que plusieurs terroristes du Hamas s’étaient fait passer pour des soldats israéliens afin de s’approcher des victimes.

Confirmant que la victime était encore en vie lors du viol, S. a déclaré qu' »elle se tenait sur ses pieds, elle saignait du dos ».

Ensuite, l’un des terroristes « lui a tranché la poitrine et l’a jetée sur la route, et ils ont joué avec ».

« Ensuite », poursuit S., « quelqu’un l’a vraiment pénétrée et lui a tiré une balle dans la tête avant de terminer. Ce n’est pas comme s’il éjaculait et ramassait son pantalon… Il lui tire une balle dans la tête alors qu’il est encore à l’intérieur d’elle », dit-elle.

Ben Mayor a confirmé que la police avait identifié la victime du viol, aujourd’hui décédée.

La police a refusé de préciser le nombre de cas de viols en cours d’examen.

Les forces de l’ordre travaillent à l’élaboration d’un « dossier contre chaque terroriste, chaque membre du Hamas » en détention, a déclaré Katz, pour l’ensemble des atrocités commises le 7 octobre.

M. Katz a indiqué qu’il y avait « quelques centaines » de terroristes du 7 octobre détenus par Israël.

ADN, photos

« La grande majorité des victimes des viols et autres agressions sexuelles du 7 octobre, dont des mutilations génitales, ont été assassinées et ne pourront jamais témoigner« , affirme Cochav Elkayam Levy, présidente de la commission parlementaire sur les crimes commis contre les femmes le 7 octobre.

Dean Elsdunne, porte-parole de la police israélienne, explique que des examens médico-légaux ont été pratiqués dans « la zone de combat » même, sur « des corps récupérés » et ensuite emmenés à la base militaire de Shura, dans le centre d’Israël.

Les kits de viol, qui doivent être collectés dans les 48 heures suivant l’agression, n’ont pas été traités en priorité. « Au cours des premières 48 heures, il y avait encore une zone de combat active dans une grande partie du sud d’Israël, a déclaré mardi Dean Elsdunne, porte-parole de la police.

« Nous savons (…) d’après les corps que nous avons vus sur le terrain, qu’il y a eu des viols et des agressions sexuelles », a-t-il déclaré aux journalistes.

« Nous avons rassemblé des indices visuels, des preuves ADN, nous avons pris des photos détaillées des corps », lorsqu’ils sont arrivés à Shura, même si tous n’ont pas pu faire l’objet d’une autopsie et de recherche des causes de la mort.

Mais sur les 1 200 corps recensés, « des centaines » étaient dans un état très dégradé, selon la police.

Dès la première semaine, des témoignages des secouristes de Zaka, parmi les tout premiers sur les lieux, mentionnaient des viols parmi les exactions des terroristes islamistes.

Au centre d’identification des corps de Shura, le docteur Alon Oz, chargé des dépouilles des « centaines de soldats » qui figurent aussi parmi les victimes du 7 octobre, a déclaré à l’AFP avoir vu « des femmes brûlées avec les mains et les pieds entravés ».

Des conteneurs réfrigérés contenant des corps à la morgue improvisée de la base de Shura, le 31 octobre 2023. (Crédit : Carrie Keller-Lynn/Times of Israel)

« J’ai vu des (impacts de) tirs sur les parties intimes (…) une tête manquante et des membres manquants », dit-il, ajoutant que ces mutilations étaient « aussi » présentes sur les corps de soldats hommes.

« Pelvis brisés »

Une autre intervenante, chargée de la toilette mortuaire et ayant demandé à être identifiée uniquement comme Sherry, a indiqué à l’AFP que certaines soldates avaient des « sous-vêtements plein de sang ».

« D’autres personnes dans l’équipe ont constaté des bassins, des jambes et des pelvis brisés », a-t-elle ajouté.

Lorsque les terroristes du Hamas ont fait exploser le poste-frontière d’Erez entre Israël et la bande de Gaza, ils sont rapidement arrivés dans une base militaire israélienne dédiée à la surveillance de la frontière, une fonction uniquement assurée par des soldates.

Plusieurs femmes y ont été enlevées, selon des témoignages de survivantes.

L’une d’elles est rapidement apparue dans une vidéo diffusée par le Hamas, tirée par les cheveux de l’arrière d’un véhicule dans Gaza, des blessures au niveau des chevilles et le pantalon maculé de sang à l’arrière.

Des Israéliens enlevés et emmenés à Gaza par des terroristes du Hamas, le 7 octobre 2023, comme le montrent les vidéos floutées des réseaux sociaux diffusées par la télévision israélienne. (Crédit : Capture d’écran de la Douzième chaîne)

Mirit Ben Mayor, qui dirige les communications de la police israélienne, a déclaré que l’enquête sur les crimes du 7 octobre « n’est pas une enquête traditionnelle sur un viol ».

Une grande partie du dossier de l’État reposera sur des « preuves circonstancielles », a-t-elle déclaré, ajoutant que « cela suffit pour inculper quelqu’un ».

Shabtai a également déclaré que l’enquête en cours de la police avait permis de recueillir des « preuves de viols [et] d’amputations d’organes », y compris de seins.

« De nombreuses victimes qui ont survécu aux massacres ne sont pas prêtes à parler », a expliqué Shabtai.

Ben Mayor a déclaré qu’elle n’avait pas connaissance que des survivants de viol du 7 octobre avaient déposé des plaintes officielles auprès de la police.

Sur la base de « l’état des corps qui nous sont parvenus, des corps sur le terrain, des histoires que les gens racontent, de la situation des corps qui sont arrivés pour les vérifications médico-légales à Shura », a déclaré Ben Mayor, « nous affirmons qu’il y a eu viol, qu’il y a eu harcèlement sexuel. Il n’y a pas de place pour le doute concernant ces événements ».

Les services de sécurité israéliens ont publié le 24 octobre des séquences vidéo de l’interrogatoire de sept terroristes du Hamas capturés après le déferlement meurtrier du groupe terroriste palestinien, le 7 octobre, au cours duquel ils disent avoir reçu l’ordre de commettre des atrocités contre des civils israéliens. L’un des terroristes arrêté dit avoir reçu, avec d’autres, l’autorisation de violer le cadavre d’une jeune fille.

Les parents d’otages, dont au moins 80 sur 240 sont des femmes et des filles selon un décompte de l’AFP, tremblent à l’idée que des violences sexuelles puissent être commises sur leur proche pendant leur détention.

Les images devenues virales de l’Israélo-Allemande Shani Louk, 22 ans, apparue le haut du corps dénudé et malmenée par des hommes à l’arrière d’un pick-up à Gaza, ont crée un climat d’angoisse. La mort de la jeune femme, qui participait à la rave-party, a été confirmée par les autorités israéliennes en octobre.

Dans les hôpitaux susceptibles d’accueillir des otages libérées, un protocole a déjà été mis en place. Il a été conçu par des associations féministes et d’aide aux victimes qui ont sensibilisé tout le personnel à une prise en charge attentive.

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