Erdogan accuse Netanyahu de « racisme flagrant »
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Erdogan accuse Netanyahu de « racisme flagrant »

Le Premier ministre a été accusé par l'opposition israélienne d'avoir diabolisé les Arabes israéliens avant les élections ; la Turquie appelle l'Occident à réagir

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président turc Recep Tayyip Erdogan, dans un montage photo fait le 1er avril 2018 (Crédit : RONEN ZVULUN AND OZAN KOSE/AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président turc Recep Tayyip Erdogan, dans un montage photo fait le 1er avril 2018 (Crédit : RONEN ZVULUN AND OZAN KOSE/AFP)

La Turquie a accusé mardi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de « racisme flagrant » après son affirmation qu’Israël n’était pas l’Etat-nation de tous ses citoyens, mais « seulement du peuple juif ».

« Je condamne ce racisme flagrant et cette discrimination », a déclaré sur Twitter Ibrahim Kalin, porte-parole du président turc Recep Tayyip Erdogan.

« 1,6 million d’arabes/musulmans vivent en Israël. Les gouvernements occidentaux vont-ils réagir ou encore une fois garder le silence sous pression ? », a-t-il ajouté.

M. Netanyahu a réaffirmé dimanche qu‘Israël n’était pas l’État-nation « de tous ses citoyens », mais « uniquement du peuple juif », excluant la population arabe du pays, en pleine campagne pour les élections législatives du 9 avril.

M. Netanyahu réagissait sur son compte Instagram à une polémique entraînée par des propos de la comédienne Rotem Selah, tenus la veille sur ce réseau social. Il a également évoqué le sujet en ouverture de la réunion hebdomadaire du cabinet.

L’actrice et mannequin très populaire avait écrit un texte défendant les droits de la minorité arabe, qui représente 17,5 % de la population, affirmant que « l’Etat d’Israël est l’Etat de tous ses citoyens ».

M. Netanyahu a réagi en déclarant que tous les citoyens, y compris les Arabes, jouissaient de l’égalité des droits, mais a rappelé l’existence d’une loi controversée, adoptée l’année dernière, selon laquelle Israël est l’État-nation du peuple juif.

« Israël n’est pas l’État de tous ses citoyens », a écrit M. Netanyahu, « car selon la loi fondamentale sur la nation que nous avons adoptée, Israël est l’État-nation du peuple juif – et uniquement du peuple juif ».

M. Netanyahu a été accusé par l’opposition d’avoir diabolisé les Arabes israéliens avant les élections, dans le but d’augmenter le taux de participation des électeurs de droite.

Les Arabes israéliens sont majoritairement des Palestiniens restés sur leurs terres après la création d’Israël en 1948 et qui soutiennent la cause palestinienne.

Soutien indéfectible de la cause palestinienne, la Turquie de Recep Tayyip Erdogan critique régulièrement la politique israélienne, en dépit d’un dégel des relations entre Ankara et Israël en 2016 après plusieurs années de crise diplomatique, après une confrontation violente sur le Mavi Marmara, une flottille qui visait à rompre le blocus imposé à Gaza par Israël. L’Etat hébreu impose à cette enclave soumise depuis plus de dix ans au contrôle du groupe terroriste palestinien du Hamas de sévères restrictions israéliennes pour éviter tout détournement de matériel à des fins terroristes.

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