Netanyahu à une star de la télé : « Israël n’est pas l’État de tous ses citoyens »
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Netanyahu à une star de la télé : « Israël n’est pas l’État de tous ses citoyens »

Après que Rotem Sela a écrit qu’il "y a aussi des citoyens arabes dans ce pays […] Israël est le pays de tous ses citoyens", Netanyahu a apporté une "correction importante"

La présentatrice télé, mannequin et actrice israélienne Rotem Sela. (Crédit : CC-BY-SA-4.0 דבש סדן/Wikipedia)
La présentatrice télé, mannequin et actrice israélienne Rotem Sela. (Crédit : CC-BY-SA-4.0 דבש סדן/Wikipedia)

Dimanche, le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est lancé dans un débat avec une présentatrice populaire de télé-réalité qui a critiqué la rhétorique anti-arabe du parti du Likud, après que la ministre de la Culture Miri Regev a répété dans un entretien de samedi une affirmation fréquente du Likud que le parti Kakhol lavan de Benny Gantz tenterait de former un gouvernement avec des partis arabes.

Dans sa confrontation écrite avec l’actrice et mannequin Rotem Sela, Netanyahu a souligné qu’Israël n’est « pas l’État-nation de tous ses citoyens », mais plutôt « l’État-nation du peuple juif ».

« Quel est le problème avec les Arabes ??? », avait écrit l’actrice de 35 ans sur Instagram.

« Bon sang, il y a aussi des citoyens arabes dans ce pays. Quand donc quelqu’un dans ce gouvernement passera le message au public qu’Israël est l’État de tous ses citoyens et que tous les gens ont été créés égaux, et que même les Arabes, les Druzes, les LGBT et – grand choc – les gauchistes sont humains », a-t-elle déclaré.

Netanyahu a répliqué sur les réseaux sociaux : « Chère Rotem, une correction importante : Israël n’est pas un État de tous ses citoyens. Selon la loi sur l’Etat-nation que nous avons adoptée, Israël est l’État-nation du peuple juif – et personne d’autre ».

MK Ahmad Tibi speaks with prime minister Benjamin Netanyahu during a Knesset session (photo credit: Kobi Gideon/Flash90)
Le député Ahmad Tibi avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la Knesset. (Crédit : Kobi Gideon/Flash90)

« Comme vous l’avez écrit, il n’y a pas de problème avec les citoyens arabes d’Israël. Ils ont des droits égaux et le gouvernement du Likud a investi plus que n’importe quel gouvernement dans la population arabe », a-t-il ajouté, avant d’affirmer immédiatement, une fois encore, qu’un gouvernement dirigé par Gantz avec des partis arabes « nuirait à la sécurité de l’État ».

Rotem Sela a déclaré avoir reçu une avalanche de commentaires enragés critiquant sa publication et a fait savoir dans une autre publication que les réponses « dégoûtantes ne m’empêcheront jamais d’exprimer mon opinion ».

La ministre de la Culture a aussi répondu à la présentatrice, déclarant : « Nous n’avons aucun problème avec les Arabes. Nous avons un problème avec l’hypocrisie et avec [Yair] Lapid et Gantz qui essaient de toutes leurs forces de cacher le fait qu’ils sont des gauchistes déguisés en centristes ».

Les députés Ayman Odeh et Ahmad Tibi se réjouissent après avoir soumis une liste commune de candidats de leurs partis Hadash et Taal à la Commission électorale centrale de la Knesset, le 21 février 2019. (Hadash)

Des élus arabes sont venus à la défense de l’actrice et ont salué son « courage ».

« Rotem Sela, nous ne nous connaissons pas, mais bravo », a déclaré Ayman Odeh, le président d’Hadash-Taal.

« Le fait même qu’une personnalité médiatique importante comme Rotem Sela ait besoin de courage pour dire que les Arabes sont aussi des humains est une preuve des temps sombres que nous vivons », a déclaré le numéro 2 du parti Ahmad Tibi, qui a été la cible fréquente des attaques de Netanyahu.

Selon Netanyahu, les Israéliens ont le choix entre « Bibi » (son surnom) et « Tibi », du nom du député arabe israélien Ahmed Tibi, ancien conseiller de Yasser Arafat, qui pourrait selon lui soutenir un gouvernement dirigé par M. Gantz.

Dimanche également, la Ligue anti-diffamation a fustigé cette rhétorique politique de « stigmatisation » des Arabes israéliens.

« Le rôle des partis arabes dans la Knesset apparaît de plus en plus comme un argument clef de l’actuelle campagne électorale, alors que plusieurs dirigeants de partis et responsables politiques promettent de ne pas les inclure dans toute coalition future, tout en accusant leurs adversaires politiques de vouloir le faire », a déclaré Carole Nuriel, directrice du bureau israélien de l’ADL, dans un communiqué qui ne mentionnait pas directement Netanyahu.

L’AFP a contribué à cet article.

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