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Étude israélienne: Le risque de myocardite après le vaccin COVID est très faible

Selon les données recueillies auprès de 2,5 millions de vaccinés, la maladie n'a touché que 0,002 % des personnes et n'était grave que dans 2 % des cas, malgré un décès

Schématisation d'un cœur humain. (Crédit : YouTube)
Schématisation d'un cœur humain. (Crédit : YouTube)

Selon une nouvelle étude israélienne, le risque d’inflammation cardiaque lié au vaccin Pfizer contre le coronavirus est extrêmement faible et parfaitement traitable.

Un lien a été établi ces derniers mois entre les vaccins contre le coronavirus utilisant la technologie ARNm et de très rares cas de myocardite (inflammation du muscle cardiaque) et de péricardite (inflammation de la paroi du cœur).

Les recherches menées par Clalit, le plus grand prestataire de soins de santé d’Israël, et le centre médical Beilinson, publiées mercredi dans le New England Journal of Medicine, ont examiné les données de 2,5 millions d’Israéliens vaccinés, dont 94 % avaient reçu deux doses du vaccin.

Ils ont constaté que les cas de cette inflammation sont survenus chez 54 personnes (51 hommes, trois femmes), soit 2,13 sur 100 000 vaccinés (environ deux millièmes de pourcentage). Parmi ces personnes, 98 % des cas étaient légers (76 %) ou modérés (22 %) et n’ont pas causé de dommages à la fonction cardiaque. Une seule personne sur les 2,5 millions a connu un cas grave qui a nécessité une hospitalisation, mais elle s’est rétablie, selon l’étude.

En mars, des rapports ont indiqué qu’une jeune femme de 22 ans était décédée d’une inflammation cardiaque après avoir reçu sa deuxième dose de vaccin, mais les membres de la famille ont imputé le décès à une négligence extrême pendant plusieurs jours d’hospitalisation, au cours desquels son état s’est détérioré sans avoir été traitée à temps.

Lorsqu’il se produit, l’effet secondaire d’inflammation cardiaque a été observé en particulier chez les jeunes hommes, après leur deuxième dose. La nouvelle étude le confirme, avec 69 % des cas survenant après la deuxième injection, principalement chez les hommes et dans la tranche d’âge 16-29 ans (où la prévalence des cas était de 10,7 pour 100 000).

« Cette étude est la première à permettre une évaluation crédible de l’incidence de la myocardite », a déclaré le chercheur Dr Guy Witberg de Beilinson. « Les résultats montrent qu’il s’agit d’une occurrence relativement rare, même dans la population la plus à risque – les jeunes hommes. »

Une femme se fait vacciner contre la COVID-19 dans un centre de la Clalit à Jérusalem, le 3 octobre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Ran Kornowski, de Beilinson, a qualifié les résultats de « significatifs », ajoutant qu’il espérait qu’ils aideraient à la prise de décision sur le vaccin, qui, selon lui, a « prouvé un énorme avantage dans la prévention de la maladie à coronavirus et de ses nombreuses conséquences. »

Les responsables américains de la santé ont examiné les données provenant d’Israël pour aider à faire la lumière sur la sécurité des injections de rappel du COVID-19 de Pfizer-BioNtech chez les jeunes, et sur les risques de développer une myocardite.

Le Dr Anthony Fauci, conseiller médical en chef des États-Unis et principal expert américain en matière de maladies infectieuses, avait déclaré à Reuters vendredi dernier qu’une question clé à laquelle il fallait encore répondre était « les données relatives à la sécurité d’un ARNm chez les jeunes vis-à-vis de la myocardite. »

« Les Israéliens disposeront relativement vite de ces données car ils vaccinent tout le monde dans le pays à partir de 12 ans, je pense, y compris leurs recrues militaires », a déclaré Fauci. Il a ajouté que ces données pourraient « contribuer à combler le manque d’informations sur la sécurité des vaccins à ARNm », selon le rapport.

Vendredi, le ministère israélien de la Santé a publié des données montrant que les effets secondaires connus des vaccins COVID-19 étaient nettement moins importants lors de l’injection de rappel que lors des deux premières doses. Les effets secondaires signalés, tels que la fatigue, la faiblesse et la douleur dans le bras où l’injection a été administrée, étaient tous moins fréquents la troisième fois dans chaque groupe d’âge, selon le ministère.

Sur les quelque 3,2 millions d’Israéliens ayant reçu une troisième injection du vaccin COVID-19, seuls 19 ont signalé des effets secondaires plus graves, a déclaré le ministère, ajoutant que certains d’entre eux sont encore examinés par des experts afin de déterminer le lien entre les effets secondaires et le vaccin.

Le Dr Anthony Fauci, directeur de l’Institut national américain des allergies et des maladies infectieuses aux Instituts nationaux de la santé, écoute lors d’une audience de la commission sénatoriale de la santé, de l’éducation, du travail et des pensions sur la réponse du gouvernement fédéral au COVID-19 Capitol Hill, le 23 septembre 2020, à Washington. (Crédit : Graeme Jennings/Pool via AP)

Par ailleurs, le ministère a également publié des données sur les cas de myocardite signalés chez les jeunes âgés de 12 à 15 ans qui avaient reçu leur première et deuxième dose de vaccin COVID-19, indiquant que cette affection était observée à un « taux insignifiant ».

Un cas a été signalé sur les 331 538 enfants ayant reçu une seule dose de vaccin. Le garçon a été victime d’une inflammation cinq jours après avoir reçu le vaccin, selon les données du ministère. Et parmi les 255 444 enfants ayant reçu deux doses, 11 cas de myocardite ont été signalés. Dix d’entre eux concernaient des garçons et un concernait une fille. Ils ont été diagnostiqués comme souffrant de cette maladie rare 3 à 5 jours après avoir reçu le vaccin, a indiqué le ministère.

Le ministère a précisé que les 12 personnes ont pu quitter l’hôpital pour être soignées à domicile et que la maladie a disparu peu après. Il a ajouté que les risques de souffrir d’une myocardite sont moins probables dans les groupes d’âge plus élevés et presque négligeables chez les femmes.

M. Fauci a déclaré à la radio de l’armée israélienne qu’il pensait qu’il y aurait bientôt de « bonnes données de sécurité » sur les personnes plus jeunes recevant la troisième dose.

« C’est pourquoi je regarde de très près quand Israël obtiendra ses données de sécurité sur les jeunes individus », a-t-il dit.

« Il y a une grande inquiétude quant au rapport bénéfice/risque des jeunes individus dans le contexte de la myocardite », a déclaré Fauci. « Nous savons qu’il s’agit d’un événement très rare et nous savons que les Israéliens commencent à rassembler une quantité considérable de données qui, en fait, nous donneront un bon aperçu du risque, en particulier dans la vaccination des jeunes gens dans votre armée. »

Israël a fait de la vaccination l’élément central de ses efforts pour enrayer une résurgence majeure des infections virales après avoir réduit le nombre de cas quotidiens en juin à à peine plus d’une douzaine.

Alors que les recherches suggèrent que les niveaux d’immunité des personnes vaccinées diminuent avec le temps – un effet qui peut être inversé par des rappels – le vaccin Pfizer-BioNTech offre toujours une protection élevée contre les maladies graves et les décès, même dans un contexte de propagation du variant Delta hautement contagieux.

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