Excuses d’une élue démocrate pour des propos jugés antisémites
Rechercher

Excuses d’une élue démocrate pour des propos jugés antisémites

Ilhan Omar a provoqué un tollé dimanche soir affirmant que l'AIPAC "les responsables politiques américains pour être pro-Israël" ; Donald Trump juge ses excuses insuffisantes

La représentante Ilhan Omar, Démocrate Minnesota, arrive pour le discours de l'Etat de l'union du président américain Donald Trump lors d'une session conjointe du congrès au Capitole, à Washington, le 5 février 2019 (Crédit : AP Photo/Andrew Harnik)
La représentante Ilhan Omar, Démocrate Minnesota, arrive pour le discours de l'Etat de l'union du président américain Donald Trump lors d'une session conjointe du congrès au Capitole, à Washington, le 5 février 2019 (Crédit : AP Photo/Andrew Harnik)

Une élue musulmane démocrate a présenté des excuses lundi pour avoir affirmé que le soutien américain à Israël était alimenté par des financements de l’AIPAC, le principal lobby pro-israélien aux Etats-Unis, des déclarations considérées comme antisémites et dénoncées jusque dans son camp.

« L’antisémitisme est réel et je suis reconnaissante à mes alliés et collègues juifs qui me donnent une leçon sur cette histoire douloureuse de rhétorique antisémite », a indiqué Ilhan Omar, qui siège à la Chambre des représentants depuis début janvier, dans un communiqué.

« Mon intention n’était pas d’offenser mes administrés ou les juifs américains. Il faut toujours être prêt à reculer et à réfléchir aux critiques, comme j’attends des gens qu’ils m’écoutent quand on m’attaque à cause de mon identité », a-t-elle ajouté en présentant des « excuses sans équivoque ».

Le président américain Donald Trump a cependant estimé que ce communiqué était insuffisant.

Le président américain Donald Trump embarque à bord de l’Airforce One à destination de Mar-a-Lago, au départ de la Joint Base Andrews, dans le Maryland, le 12 janvier 2018, (Crédit : AFP / Nicholas Kamm)

« Je pense qu’elle devrait avoir honte », a-t-il déclaré aux journalistes à bord d’Air Force One. « Ses déclarations étaient vraiment horribles et je ne pense pas que ses excuses étaient adaptées », a-t-il ajouté.

Mme Omar, fille de réfugiés somaliens, a provoqué un tollé dimanche soir répondant « l’AIPAC! » à un message sur Twitter lui demandant « qui paie les responsables politiques américains pour être pro-Israël ».

Elle avait affirmé auparavant que la controverse avait grandi « à cause des Benjamin », en référence au visage de Benjamin Franklin qui figure sur les billets de 100 dollars.

Dans son message d’excuses, Ilhan Omar a toutefois insisté sur « le rôle problématique des lobbyistes dans notre système politique, que ce soit l’AIPAC, la NRA (le lobby pro-armes) ou l’industrie des énergies fossiles ».

« Ça dure depuis trop longtemps et on doit être prêt à le régler », a-t-elle ajouté.

Les dirigeants démocrates à la Chambre, dont sa présidente Nancy Pelosi, avaient condamné lundi l’usage par Ilhan Omar d' »une rhétorique antisémite et d’accusations préjudiciables sur les partisans d’Israël ».

Au moins une dizaine de parlementaires, républicains comme démocrates, avaient demandé que l’élue soit sanctionnée pour ses propos.

Eliot Engel, président démocrate de la puissante commission des Affaires étrangères de la Chambre, a estimé « choquant qu’un membre du Congrès évoque la rhétorique antisémite de ‘l’argent juif' ».

La démocrate Debbie Wasserman Schultz, également élue à la Chambre, a dénoncé « des tweets impliquant que le soutien américain à Israël est mené par l’argent, plutôt que par des intérêts et des valeurs partagées ».

Ilhan Omar, seule élue à porter le voile islamique, est au centre d’une controverse depuis qu’elle a annoncé son soutien au mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) qui appelle au boycottage économique, culturel ou scientifique d’Israël pour protester contre l’occupation des territoires palestiniens. Mais certains partisans d’Israël accusent le BDS d’être une forme d’antisémitisme.

Le soutien à la campagne BDS de Mme Omar et de Rashida Tlaib, l’autre élue musulmane au Congrès, embarrasse le parti démocrate. La poussée de l’aile gauche aux élections de novembre pourrait rebuter l’électorat modéré, notamment les juifs libéraux, dans l’optique de la présidentielle de 2020.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...