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Fausse plainte contre des Israéliens pour viol à Chypre : la Britannique acquittée

La famille de la victime a fait part d'un "grand soulagement" et elle a réclamé la réouverture d'une enquête sur les accusations de viol afin qu'une "vraie justice" soit rendue

Des officiers de police escortent une jeune femme britannique de 19 ans, (au centre), au tribunal de Famagusta dans la ville de Paralimni, à Chypre, lundi 29 juillet 2019. (AP/Petros Karadjias)
Des officiers de police escortent une jeune femme britannique de 19 ans, (au centre), au tribunal de Famagusta dans la ville de Paralimni, à Chypre, lundi 29 juillet 2019. (AP/Petros Karadjias)

La Cour suprême chypriote a annulé lundi une peine de prison avec sursis énoncée il y a deux ans à Chypre contre une Britannique qui avait été condamnée pour fausses accusations de viol envers des touristes israéliens.

La cour a donné raison aux avocats de la défense qui avaient dénoncé un déni de justice lorsqu’un tribunal de district avait condamné en janvier 2020 cette jeune femme aujourd’hui âgée de 21 ans à quatre mois de prison avec sursis.

Estimant que le procès avait été entaché d’irrégularités, notamment avec le refus répété du juge de considérer qu’elle avait été violée, les avocats avaient fait appel auprès de la Cour suprême.

La Britannique a affirmé avoir été violée le 17 juillet 2019 par un groupe de jeunes israéliens dans leur chambre d’hôtel de la station balnéaire d’Ayia Napa (sud-est).

Des touristes israéliens, soupçonnés d’avoir violé une jeune Britannique de 19 ans à Ayia Napa, quittent les locaux du tribunal dans la station balnéaire chypriote orientale de Paralimni, le 26 juillet 2019. (Iakovos Hatzistavrou / AFP)

Plusieurs Israéliens avaient ensuite été arrêtés, puis libérés fin juillet après un nouvel interrogatoire de plusieurs heures de la jeune femme lors duquel elle était revenue sur ses déclarations.

Le juge l’avait reconnue coupable de « méfait public » – qui consiste à faire entreprendre une enquête avec l’intention d’induire en erreur – affirmant qu’elle avait fait de « fausses » déclarations.

Selon lui, les explications de la jeune femme lors du procès avaient été marquées par des « contradictions, de la confusion, un manque de logique et de l’exagération ».

Ses avocats affirmaient, eux, qu’elle s’était rétractée sous la pression de la police et qu’elle souffrait de Trouble de stress post-traumatique (TSPT).

La station balnéaire d’Ayia Napa, au sud-est de Chypre. (Crédit : Wikipedia/Vitaly Lischenko/CC BY-SA)

L’annonce de la décision lundi a été accueillie par les applaudissements de dizaines de personnes venues soutenir la Britannique devant la Cour suprême et arborant des pancartes sur lesquelles était écrit: « On la croit ».

De son côté, la famille de la victime a fait part dans un communiqué d’un « grand soulagement » et a réclamé la réouverture d’une enquête sur les accusations de viol afin qu’une « vraie justice » soit rendue. La Britannique n’était pas présente à l’audience devant la Cour suprême.

Michael Polak, du groupe basé au Royaume Uni, Justice Abroad, qui a apporté une aide juridique à la jeune femme et sa famille, s’est aussi félicité de la décision dans un communiqué.

La Britannique « a toujours clamé son innocence », a-t-il dit.

L’avocat a demandé une enquête externe sur ce qu’il a décrit comme « un processus de procès manifestement injuste ».

« Nous avons toujours maintenu que notre cliente n’avait pas fait l’objet d’un procès équitable, et aujourd’hui la Cour suprême de Chypre est d’accord avec nous », a-t-il ajouté.

Polak a allégué que le juge de son procès avait essayé de supprimer des preuves en faveur de son client et avait décidé de l’affaire avant le début du procès. Il a dit que la défense se battait « avec une main attachée dans le dos ».

« Au cours du procès, notre cliente s’est fait crier dessus et a été traitée avec mépris, tout comme nos avocates chypriotes qui ont continué à présenter des preuves étayant les propos de notre client sur le viol qui a eu lieu, même lorsque le juge a cherché à les en empêcher », a expliqué le directeur du groupe de défense Justice Abroad, basé au Royaume-Uni.

Il a qualifié le jugement de « moment décisif ».

« Nous espérons maintenant que des garanties vitales, pour que quelque chose comme cela ne se reproduise pas à Chypre, soient mises en place. Par exemple, l’enregistrement des interrogatoires dans les postes de police. Cela doit être fait le plus rapidement possible », a-t-il ajouté.

Nir Yaslovitzh, l’avocat israélien qui a défendu le principal suspect, « Sam », et deux autres personnes accusées d’avoir participé au viol collectif d’une touriste britannique, qui a été innocenté lundi d’avoir menti en revendiquant le viol, a pour sa part déclaré au Times of Israël que le jugement « ne change rien ».

Il a indiqué que sa confiance découlait du fait que les juges n’avaient pas ordonné un réexamen de l’affaire initiale concernant le viol présumé de l’adolescente britannique.

Nir Yaslovitzh, l’avocat de Mordy et Natali Oknin qui avaient été emprisonnés pour avoir photographié le palais du président turc, arrive au domicile du couple à Modiin, le 18 novembre 2021. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

« La décision ne change rien. Si je comprends bien, cela signifie qu’ils ne vont pas tout rouvrir depuis le début maintenant, et pour cette raison, je ne suis pas du tout inquiet pour l’avenir », a dit Yaslovitzh en anglais, qui n’est pas sa langue maternelle.

S’adressant à Ynet, il a déclaré que le jugement indique seulement « les défaillances du procès [de la femme], et non la culpabilité de mes clients ».

Il maintient que ses clients ont eu des « relations sexuelles en groupe ». Il a ajouté qu’il pourra faire d’autres commentaires après avoir lu la décision du tribunal.

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