Feiglin se présentera aux élections en étant « plus modeste » et « à droite »
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Feiglin se présentera aux élections en étant « plus modeste » et « à droite »

L'ancien candidat inclassable a promis de tirer les leçons de son cinglant échec aux dernières élections d'avril

Le chef du parti Zehut, Moshe Feiglin, est aperçu sur le marché Mahane Yehuda de Jérusalem, lors d'une visite de campagne électorale, le 4 avril 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le chef du parti Zehut, Moshe Feiglin, est aperçu sur le marché Mahane Yehuda de Jérusalem, lors d'une visite de campagne électorale, le 4 avril 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Quelques mois après son ascension surprise et sa chute finale aux élections d’avril, le politicien de droite Moshe Feiglin a déclaré jeudi qu’il essaierait encore de se faire élire à la Knesset lors des prochaines élections de septembre avec son parti Zehut, libertaire et pro-cannabis.

Pendant un moment, Zehut a été perçu comme la Cendrillon de la campagne électorale après des années d’errance de Feiglin dans la jungle politique. Les premiers sondages ignoraient le parti, mais sa position pro-cannabis a pris une place centrale, et Zehut a progressivement gagné en popularité, alors que la plupart des sondages prédisaient qu’il remporterait quatre à sept sièges.

Il a pourtant fini par échouer à franchir le seuil électoral fatidique des
3,25 %, obtenant 2,73 % des voix aux élections, soit 117 587 votes.

Zehut avait présenté un large plan pour « mettre un terme à la persécution des consommateurs des cannabis » à travers « une légalisation complète et régulée du cannabis, en se basant sur les restrictions de la vente d’alcool et sur les restrictions déjà en vigueur là où le cannabis est légal ». Feiglin a aussi joué la carte des politiques intérieures libertaires, y compris un programme contre les syndicats, des bons d’études, des mesures de protection des animaux et une économie du marché libre.

Alors qu’il cherchait à renforcer sa popularité, Feiglin avait largement minimisé ses positions radicales nationalistes et d’extrême droite religieuse – même si elles sont clairement exposées dans son manifeste best-seller de 344 pages – au profit d’un message axé sur la liberté personnelle.

Des militants de Zehut réagissent avec incrédulité alors que les sondages président que leur parti ne passera pas le seuil électoral pour entrer à la Knesset, à Ramat Gan, le 9 avril 2019. (Melanie Lidman/Times of Israël)

Après son échec à entrer au Parlement en avril, Feiglin a affirmé qu’il y avait eu une campagne concertée contre Zehut de la part de l’ensemble de l’échiquier politique.

Jeudi matin, quelques heures après que la Knesset a voté pour se dissoudre et fixer des nouvelles élections le 17 septembre après une impasse dans les négociations de coalition, Feiglin a donné une série d’interviews, annonçant qu’il se présenterait à nouveau. Il a dit qu’alors que le programme de Zehut resterait la même, la stratégie du parti serait différente puisque plusieurs leçons tirées de l’échec précédent seraient appliquées.

Feiglin a dit qu’il ouvrirait la porte à une collaboration et à une unité des forces avec d’autres partis pour augmenter les chances de franchir le seuil électoral.

« Dans ces élections, nous allons envisager de fusionner avec d’autres partis de droite, a-t-il à la Treizième chaîne. Nous sommes ouverts aux fusions ».

Le ministre de l’Education Naftali Bennett lors d’une conférence de presse de son parti HaYamin HaHadash à Ashdod, le 26 mars 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Interrogé pour savoir s’il envisageait une fusion avec le parti HaYamin HaHadash de Naftali Bennett, qui a aussi échoué à obtenir des sièges dans la Knesset en avril, Feiglin a dit qu’il ne « parlerait pas de ce qui se passe en coulisses ».

A part cela, Feiglin a dit que le principal changement qu’il ferait par rapport à la précédente campagne, quand il a refusé de s’engager à soutenir Netanyahu comme Premier ministre et a dit qu’il rejoindrait n’importe quel gouvernement qui accepterait ses demandes, Zehut a dit que cette fois-ci il clarifierait dès le début que Zehut est un parti de droite.

Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux mercredi soir, avant même le vote de la Knesset, Feiglin a dit qu’il ne recommanderait personne de la gauche pour le poste de Premier ministre.

Un autre point important était d’être « plus modeste », a-t-il déclaré.

« Nous voulons toujours une loi sur la légalisation du cannabis mais maintenant nous sommes modestes et ne présentons pas de conditions », a-t-il ajouté, en référence à sa demande clef avant les précédentes élections.

« Le programme politique est le même programme, les principes sont les mêmes, mais le style sera différent et beaucoup plus modeste », a déclaré Feiglin à la Radio de l’Armée.

Raoul Wootliff et Melanie Lidman ont contribué à cet article.

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