Feu vert du gouvernement à l’injection de 82 M NIS dans les implantations
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Feu vert du gouvernement à l’injection de 82 M NIS dans les implantations

L’opposition est exaspérée après l’approbation par le cabinet d’une aide pour renforcer la sécurité et l’économie au-delà de la Ligne verte

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant une conférence de presse à Har Homa, à Jérusalem Est, le 16 mars 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90 )
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant une conférence de presse à Har Homa, à Jérusalem Est, le 16 mars 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90 )

Le gouvernement a voté dimanche une « aide spéciale » de 82 millions de shekels (19,5 millions d’euros) aux implantations de Cisjordanie, affirmant vouloir répondre à une « détérioration de la sécurité ».

Plusieurs millions de shekels supplémentaires seront alloués aux implantations, où vivent actuellement 400 000 Israéliens, en 2017 et 2018.

S’exprimant pendant la réunion hebdomadaire du cabinet, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré que son gouvernement avancerait un large effort destiné à injecter des millions dans les implantations de toute la Cisjordanie.

« C’est un effort pluri-ministériel destiné à renforcer la sécurité, aider les petites entreprises, encourager le tourisme, et plus encore », a déclaré Netanayhu.

Selon le quotidien Yedioth Ahronoth, l’aide comprend 15 millions de shekels alloués aux autorités locales dans les implantations de Cisjordanie, 10 millions pour participer à la rénovation et à l’amélioration de la sécurité des bâtiments et infrastructures publics, 10 millions pour l’éclairage urbain, 5,5 millions pour développer le tourisme, 6 millions pour des programmes sociaux pour les jeunes et 2 millions d’aides aux petites entreprises.

« Les implantations israéliennes en Judée et Samarie vivent une situation sécuritaire quotidienne unique en raison de leur localisation géographique et de la vie dans la région », a déclaré le gouvernement dans un communiqué après le vote. Le pic de huit mois d’attentats terroristes en Cisjordanie a « affecté de nombreux domaines de la vie, notamment sur les plans psychologique et financier, nécessitant une réponse immédiate des autorités. »

Haim Katz (Likud) à  la commission du Travail, des Affaires sociales et de la Santé de la Knesset, en février 2014. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Haim Katz (Likud) à la commission du Travail, des Affaires sociales et de la Santé de la Knesset, en février 2014. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

« C’est notre devoir de renforcer les localités qui sont en première ligne dans la lutte contre le terrorisme et affrontent avec héroïsme les défis sécuritaires et sociaux complexes de cette situation », a déclaré le ministre des Affaires sociales Haim Katz.

Le député de l’opposition Itzik Shmuli (Union sioniste) avait qualifié cette décision d’ « absurde », disant que pendant que les dirigeants régionaux du sud d’Israël s’opposaient au manque d’investissement dans leurs communautés, le gouvernement attribuait des financements aux implantations.

La députée de l’Union sioniste Tzipi Livni avait accusé samedi que le programme national du gouvernement de Netanyahu soit dirigé par le conseil des implantations. Elle avait également répété son appel à un référendum sur une solution à un ou deux états au conflit israélo-palestinien.

Pendant un évènement organisé à Rishon Lezion, Livni avait déclaré que le « gouvernement israélien fait tout ce que veut le conseil Yesha [organisation regroupant les conseils municipaux des implantations juives en Cisjordanie, et autrefois à Gaza] ; c’est une minorité qui impose son programme national au gouvernement. »

Le député travailliste d’opposition Amir Peretz a critiqué le gouvernement « nationaliste », l’accusant de « gâcher de l’argent pour les implantations politiques au lieu d’aider les jeunes couples ».

Saeb Erekat, secrétaire général de l'Organisation de la libération de la Palestine (OLP), à Ramallah le 23 novembre 2015. (Crédit : AFP PHOTO / ABBAS MOMANI)
Saeb Erekat, secrétaire général de l’Organisation de la libération de la Palestine (OLP), à Ramallah le 23 novembre 2015. (Crédit : AFP PHOTO / ABBAS MOMANI)

Le numéro deux de l’Organisation de la Palestine (OLP) Saeb Erekat a pour sa part caractérisé ces nouveaux financements de « claque au visage » des récents efforts de paix internationaux pour négocier un accord de paix.

« Israël fait tout ce qu’il peut pour saboter toute chance d’arriver à la paix », a-t-il déclaré dans un communiqué publié dimanche.

« C’est encore une autre claque au visage de la communauté internationale malgré les récentes tentatives internationales de couvrir les crimes et les violations d’Israël. Il est temps que le communauté internationale assume ses responsabilités face à ce gouvernement extrémiste qui soutient ouvertement l’apartheid et s’oppose à la solution à deux Etats », a déclaré Erekat.

Ce geste va probablement agacer la communauté internationale, qui considère les implantations d’Israël en Cisjordanie comme illégales et a appelé le gouvernement de Netanyahu à y cesser ses activités.

La France veut organiser une conférence de paix internationale pour ramener Israël et les Palestiniens à la table des négociations, après l’échec des derniers pourparlers en 2014 avec des récriminations mutuelles. A la fin de la conférence du début du mois à Paris, les participants avaient exprimé leur préoccupations que « les actions sur le terrain, en particulier els actes de violence continue et les activités d’implantation, mettent dangereusement en péril les perspectives d’une solution à deux états. »

Ni Israël, ni les Palestiniens n’ont pris part à la conférence.

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