Gabbay : Gantz ne s’alliera pas aux travaillistes pour évincer Netanyahu
Rechercher

Gabbay : Gantz ne s’alliera pas aux travaillistes pour évincer Netanyahu

Le chef du parti d'opposition, en chute libre dans les sondages, exhorte le chef de Hossen LeYisrael et Lapid de Yesh Atid à s'engager à ne pas siéger dans un gouvernement Likud

Le dirigeant du Parti travailliste Avi Gabbay (Yonatan Sindel/Flash90)
Le dirigeant du Parti travailliste Avi Gabbay (Yonatan Sindel/Flash90)

Le président du parti travailliste, Avi Gabbay, a admis mercredi que Benny Gantz, l’ancien chef d’état-major de Tsahal, et son nouveau parti ne s’allieront pas aux travaillistes pour tenter de renverser le Premier ministre et son parti le Likud lors des élections à venir.

Dans un discours prononcé lors d’une conférence du mouvement kibboutz à la mer Morte, Gabbay a déclaré qu’il avait essayé de convaincre Gantz de se présenter sur sa liste, mais « comme il en a le droit, il a choisi une autre voie », a indiqué la chaîne d’information Hadashot.

« Nous sommes dans une période politique à nulle autre pareille, de nouveaux partis apparaissent chaque jour et essaient de nous raconter une nouvelle histoire », a dit M. Gabbay.

« L’année dernière, j’ai essayé et j’essaie toujours de rassembler ces partis », a-t-il ajouté, appelant alors les partis Hossen LeYisrael de Gantz et Yesh Atid de Yair Lapid à s’engager à ne pas faire partie du gouvernement du Premier Ministre Benjamin Netanyahu.

Le discours de Gabbay est intervenu alors que le député travailliste Mickey Rosenthal annonçait qu’il ne se présenterait pas aux élections d’avril après six ans à la Knesset, indiquant qu’il « démissionne de la politique partisane mais pas des citoyens israéliens ».

L’ancien chef d’état-major de Tsahal, le général Benny Gantz, lors d’une réunion de cabinet au ministère de la Défense à Tel Aviv, le 31 juillet 2014. (AP Photo/Dan Balilty)

Gabbay, vendredi, a exhorté Gantz et Lapid à se joindre aux travaillistes avant les prochaines élections, afin d’évincer Netanyahu, mais a souligné qu’il allait tout faire pour être le leader de cette alliance et qu’il était convaincu d’être le futur Premier ministre d’Israël.

La semaine dernière, Gabbay a rompu l’Union sioniste, l’alliance des travaillistes avec le parti Hatnua de Tzipi Livni, humiliant Livni par une annonce en direct à la télévision sans l’en informer au préalable.

Plutôt que de renforcer le parti travailliste dans les sondages d’opinion, la scission a réduit les résultats attendus du parti à seulement sept ou huit sièges lors des élections du 9 avril. Dans la Knesset sortante, l’Union sioniste détient 24 sièges.

Lors de plusieurs interviews télévisées vendredi soir, Gabbay a ignoré les critiques, y compris celles venant de son propre parti, sur la manière dont il a lâché Livni, et a déclaré rester confiant pour gagner les élections. Le Likud de Netanyahu compte une trentaine de sièges – le même nombre que lors des élections de 2015 – et les sondages actuels montrent tous que les différents partis de droite et ultra-orthodoxes se dirigent ensemble vers une autre majorité à la Knesset.

Pourtant, un sondage de la Dixième chaîne publié mardi révélait qu’en cas d’opposition Netanyahu-Gantz, 41 % des votants choisiraient Netanyahu et 38 % Gantz comme Premier ministre.

Lorsqu’on leur a demandé de choisir entre Netanyahu et le leader de Yesh Atid, Yair Lapid, Netanyahu remportait 45 % des voix tandis que Lapid obtenait 29 %.

Gabbay a également écarté la menace d’une rébellion contre lui au sein du parti travailliste, promettant à Hadashot TV, « Je dirigerai le parti travailliste quoi qu’il arrive » lors des élections, et répondant « je le crois bien », quand on lui a demandé s’il pensait devenir le futur Premier ministre d’Israël.

Le président de l’Union sioniste, Avi Gabbay (à gauche), annonce la rupture brutale de l’Union sioniste avec son ancienne partenaire, Tzipi Livni, chef de l’opposition, pendant une réunion du parti à la Knesset, le 1er janvier 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Gabbay a dénoncé les développements étranges observés en Israël sous Netanyahu, affirmant, par exemple, que « le Premier ministre a peur des ‘Jeunes des collines' » – faisant référence à la controverse entourant l’évacuation la semaine dernière d’un avant-poste illégal en Cisjordanie.

Gantz n’a pas encore présenté son programme politique, mais beaucoup s’accordent pour dire qu’il adoptera une position centriste. La Dixième chaîne a rapporté qu’il pourrait chercher à s’associer avec l’ancien ministre de la Défense du Likud Moshe Yaalon, un autre ancien chef d’état-major qui a fondé son propre parti récemment, mais que cette alliance était retardée par une série d’exigences de la part de Yaalon envers Gantz.

De son côté, la chaîne publique Kan a indiqué que Netanyahu était intéressé par une alliance avec le parti Koulanou de Moshe Kahlon et Yisrael Beytenu d’Avigdor Liberman. Cependant, la résistance au sein du Likud ne rendrait cela possible que si les partis du centre et du centre-gauche nouaient des alliances qui constitueraient une menace pour le Likud. Si cela devait se produire, d’après Kan, Netanyahu chercherait à fusionner les partis et à obtenir des sièges sûrs pour Kahlon et Liberman sur la liste du Likud pour la Knesset.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...