GB : la stratégie antiterroriste réorganisée se penche sur l’extrême-droite
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GB : la stratégie antiterroriste réorganisée se penche sur l’extrême-droite

Le secrétaire d'Etat aux Affaires intérieures Sajid Javid a averti que l'extrême-droite et le terrorisme jihadiste "ont plus de similarités qu'ils n'aimeraient le penser"

La police et les secours sur les lieux d'une attaque terroriste à Finsbury Park, à Londres, le 19 juin 2017. (Crédit : Chloe Jihyeon Lee/AFP)
La police et les secours sur les lieux d'une attaque terroriste à Finsbury Park, à Londres, le 19 juin 2017. (Crédit : Chloe Jihyeon Lee/AFP)

Le Royaume-Uni a dévoilé lundi une nouvelle stratégie antiterroriste visant à renforcer le partage de renseignements entre les agences gouvernementales et le secteur privé, tout en adoptant une orientation nouvelle pour répondre à la menace croissante du terrorisme d’extrême-droite.

Le plan intitulé Contest, cherchera à garantir qu’il « n’y a aucun espace sûr pour les terroristes, aucun espace sûr à l’international, au Royaume-Uni ou sur internet », a commenté le secrétaire d’Etat aux Affaires intérieures dans un discours déterminant.

« Les menaces évoluent. Nous devons nous aussi évoluer », a-t-il dit à un public de spécialistes de la lutte antiterroriste selon des extraits livrés par le Bureau de l’Intérieur.

Javid a également identifié le « terrorisme d’extrême-droite » comme étant une menace grandissante, et il a noté des similarités avec le groupe terroriste de l’Etat islamique.

« La plus grande menace est celle du terrorisme islamiste, notamment d’al-Qaida – mais particulièrement de l’EI. Mais elle ne vient pas seulement de l’EI. Le terrorisme d’extrême-droite est aussi une menace qui ne cesse d’augmenter », a-t-il déclaré.

« L’EI et l’extrême-droite ont plus de similarités qu’ils pourraient aimer le croire », a ajouté Javid. « Ils exploitent les mécontentements, dénaturent la vérité et sapent les valeurs qui nous maintiennent ensemble ».

Sajid Javid en conférence de presse près de Finsbury Park, où il a visité la scène d’une attaque véhiculaire, à Londres, le 19 juin 2017. (Crédit : Tolga Akmen/AFP)

Au début de l’année, le chef sortant de la police antiterroriste du Royaume-Uni a fait savoir que les autorités ont déjoué quatre attentats inspirés par l’extrême-droite en 2017, avertissant de ne pas sous-estimer la menace présentée envers le pays.

« La menace terroriste d’extrême-droite est plus significative et plus problématique que ne l’estime peut-être le débat public », a dit Mark Rowley.

Le Royaume-Uni a connu un certain nombre d’attaques inspirées par la droite ces dernières années. Quelques jours avant le référendum du Brexit, un extrémiste de 52 ans avait ouvert le feu et blessé mortellement la députée Jo Cox en raison du vote.

Un an plus tard, un homme de 48 ans avait lancé son camion contre un groupe de musulmans qui se tenait aux abords d’une mosquée de Londres, tuant une personne et faisant neuf blessés. Au terme de son procès, au mois de février, le juge avait conclu que Darren Osborne avait été « rapidement radicalisé par internet par des groupes déterminés à laisser se propager la haine contre les musulmans ».

« Les leçons ont été tirées »

La nouvelle stratégie annoncée dimanche « intègre les leçons tirées des attentats de 2017 et les réponses que nous leur avons apportés ».

Selon ce nouveau texte, les services de sécurité seront alertés plus rapidement d’éventuels achats suspects.

Le Premier ministre britannique David Cameron (centre), la députée travailliste Hilary Benn (à g.) et le chef du Parti travailliste Jeremy Corbyn (à dr.), s’apprêtent à déposer des fleurs en mémoire de la députée travailliste Jo Cox, tuée lors d’un meeting, à Bristall, nord de l’Angleterre, le 17 juin 2016. (Crédits : AFP / Oli Scarff)

Le gouvernement britannique veut que les entreprises tirent le plus rapidement possible la sonnette d’alarme s’ils ont des preuves de transactions inhabituelles – comme l’accumulation d’importantes quantités de produits chimiques ou un comportement suspect lors de la location d’un véhicule.

Cela a été le premier discours majeur de Javid sur la sécurité depuis qu’il est entré au Bureau de l’Intérieur suite à la démission d’Amber Rudd en raison du scandale Windrush, lié à l’immigration.

Fils de parents pakistanais qui avaient émigré au Royaume-Uni dans les années 1960, il a évoqué ses propres origines en abordant la problématique du visage du terrorisme d’aujourd’hui.

« Il y a une autre chose que les Islamistes et l’extrême-droite ont en commun », a-t-il dit. « En tant que secrétaire d’Etat britannique avec un nom tel que Sajid Javid — Je suis tout ce qu’ils méprisent ».

« Alors, de mon point de vue, je dois être en train de faire correctement les choses ».

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