Greenblatt appelle au départ de Saeb Erekat
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Greenblatt appelle au départ de Saeb Erekat

L'envoyé américain pour la paix au Moyen-Orient a dit qu'il était temps d'ouvrir "d'autres perspectives palestiniennes"

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

L'envoyé spécial américain Jason Greenblatt, à gauche, lors du lancement d'un projet d'amélioration du traitement des eaux usées et de l'eau pour les agriculteurs palestiniens dans la ville de Jéricho, en Cisjordanie,, le 15 octobre 2017  (Crédit : AFP Photo/Jaafar Ashtiyeh)
L'envoyé spécial américain Jason Greenblatt, à gauche, lors du lancement d'un projet d'amélioration du traitement des eaux usées et de l'eau pour les agriculteurs palestiniens dans la ville de Jéricho, en Cisjordanie,, le 15 octobre 2017 (Crédit : AFP Photo/Jaafar Ashtiyeh)

WASHINGTON — L’envoyé de l’administration Trump en charge de la relance des pourparlers israélo-palestiniens de paix a appelé dimanche au départ de Saeb Erekat, haut-responsable des négociations du côté palestinien, l’accusant d’exacerber le conflit et d’entraver les progrès vers la paix après que ce dernier a attaqué Washington sur son rôle.

« Cela fait des décennies que nous entendons votre voix et elle n’a rien accompli qui puisse se rapprocher des aspirations palestiniennes ou qui puisse se rapprocher d’un accord de paix global », a écrit Jason Greenblatt, s’adressant directement à Erekat, dans le quotidien israélien Haaretz.

« D’autres perspectives palestiniennes pourraient finalement nous aider à réaliser un accord de paix total où les vies des Israéliens et des Palestiniens pourraient être meilleures ».

Greenblatt n’a pas mentionné qui il envisagerait au poste éminent occupé depuis longtemps par le diplomate.

Dans sa lettre ouverte, Greenblatt, représentant spécial de Trump pour les négociations internationales, répondait à une tribune acerbe rédigée par Erekat dans le même journal le mois dernier, dans laquelle il déplorait la décision prise par le président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem en tant que capitale israélienne et d’y déplacer l’ambassade américaine depuis Tel Aviv.

Il fustigeait également la Maison Blanche pour ce qu’il qualifiait de « complicité » dans les mauvais traitements infligés aux Palestiniens par l’Etat juif.

Erekat tournait en dérision la relation proche entre Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, et notait avec mépris la présence souriante de Jared Kushner et d’Ivanka Trump à la cérémonie d’inauguration de l’ambassade alors même que des violences meurtrières avaient lieu sur la frontière avec Gaza.

L’article était intitulé « Partenaires dans l’occupation : Trump offre les incitations anti-palestiniennes et Israël les balles ».

Depuis plus de 30 ans, Erekat est l’un des responsables palestiniens les plus importants, menant fréquemment des efforts de négociation avec Israël et les Etats-Unis. Il avait déjà participé à la conférence de Madrid pour la paix sous les auspices du président H.W. Bush, en 1991. Plus récemment, il a pris part aux initiatives prises par l’ancien secrétaire d’Etat John Kerry de donner corps à un accord, face à son homologue israélienne Tzipi Livni.

Erekat est très proche du président de l’AP Mahmoud Abbas, dont la santé a été mise en doute. La perspective du décès d’Abbas ou de son retrait du pouvoir a mené de nombreux analystes du Moyen-Orient à s’inquiéter de son éventuel remplaçant et de la manière dont l’AP pourrait changer suite à sa désignation.

Saeb Erekat, secrétaire général de l’Organisation de la libération de la Palestine (OLP), à Ramallah, le 23 novembre 2015. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Au cours des deux derniers mois, des dizaines de milliers de Gazaouis ont participé aux manifestations dans le cadre de la « marche du retour » organisée à la frontière. Les émeutiers ont tenté d’endommager ou d’ouvrir des brèches dans la clôture de sécurité pour entrer en Israël tandis que d’autres ont attaqué les soldats à l’aide de cocktails molotov, de bombes, de pierres et de pneus en feu.

Ces affrontements ont atteint leur niveau le plus intense le jour de l’inauguration de l’ambassade américaine, le 14 mai, une journée où 60 Palestiniens avaient été tués par les forces israéliennes, un bilan transmis par le ministère de la Santé de Gaza avec à sa tête le Hamas. Les personnes tuées étaient, dans leur grande majorité, membres des groupes terroristes du Hamas et du Jihad islamique palestinien.

Alors que le mouvement de protestation avait commencé de manière naturelle, le Hamas – groupe terroriste islamiste qui gouverne la bande – s’était rapidement saisi des manifestations et avait commencé à les orchestrer.

La tribune initiale d’Erekat – à laquelle Greenblatt a répondu – avait été publiée quelques jours après ces affrontements particulièrement violents.

Dans son article de samedi paru dans Haaretz, Greenblatt a estimé que les écrits d’Erekat comprenaient des affirmations qui « sont inexactes à de nombreux égards ». Il n’est pas entré dans les détails, ne citant que l’allégation palestinienne selon laquelle le transfert de l’ambassade n’a été « qu’une tentative américaine d’imposer un accord écrit par les Israéliens aux Palestiniens ».

Greenblatt a rejeté cette affirmation. Il a cité des extraits du discours prononcé par Trump au mois de décembre dernier, au cours duquel il avait formellement reconnu Jérusalem en tant que capitale israélienne, dans lesquels le président affirmait que, malgré la relocalisation de la mission diplomatique, « les frontières spécifiques de la souveraineté des Israéliens sur Jérusalem feront l’objet de négociations de statut final entre les deux parties ».

L’initiative de Trump avait suscité une forte controverse, attisant les critiques d’une grande partie de la communauté internationale ainsi que des anciens négociateurs de paix américains qui avaient estimé qu’elle ne pourrait qu’enflammer les tensions et compromettre davantage les capacités des Etats-Unis à agir en tant qu’intermédiaire – utile mais imparfait – dans les pourparlers.

Depuis cette décision, le président de l’AP Mahmoud Abbas a refusé de rencontrer des responsables de Trump et il a déclaré que les Etats-Unis n’étaient plus en mesure de jouer le rôle de médiateur honnête entre les parties.

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