Greenblatt : les accusations de parti pris de Erekat sont infondées
Rechercher

Greenblatt : les accusations de parti pris de Erekat sont infondées

Le responsable palestinien a déclaré que l'envoyé américain "assumait le rôle de porte-parole des autorités israéliennes" et "répétait systématiquement leurs éléments de langage"

L'envoyé spécial des États-Unis, Jason Greenblatt, assiste à une conférence de presse concernant l'accord sur l'eau entre Israël et l'Autorité palestinienne, le 13 juillet 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)
L'envoyé spécial des États-Unis, Jason Greenblatt, assiste à une conférence de presse concernant l'accord sur l'eau entre Israël et l'Autorité palestinienne, le 13 juillet 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)

Jason Greenblatt, envoyé spécial du président américain Donald Trump pour le Moyen-Orient, a riposté aux remarques « vides et infondées » d’un haut responsable palestinien qui a accusé cette semaine le représentant américain d’être le porte-parole du gouvernement israélien.

Le négociateur en chef palestinien Saeb Erekat avait affirmé à des diplomates étrangers à Ramallah que Greenblatt avait « assumé le rôle de porte-parole des autorités israéliennes » et « répété régulièrement les éléments de langage israéliens » qui « condamnent les Palestiniens qui vivent sous occupation ».

Dans une lettre adressée aux diplomates, Erekat a fustigé Greenblatt pour avoir demandé aux habitants de Gaza de rester éloignés de la barrière frontalière lors des manifestations lancées à la fin du mois dernier et pour ne pas avoir exigé d’Israël qu’il évite les pertes civiles.

« Il est clair que ceux qui considèrent que la vie des Palestiniens et des Israéliens n’a pas la même valeur ne peuvent promouvoir un plan de paix juste et durable », a écrit Erekat. « Au contraire, l’administration Trump continue d’adopter des positions israéliennes. »

Vendredi, Greenblatt a critiqué Erekat pour sa lettre, affirmant que sa « colère » ne faisait qu’éloigner l’attention concernant le blocage des pourparlers de paix.

« L’attaque personnelle de Saëb Erekat à mon encontre est un symptôme des difficultés du chemin vers la paix. Saeb sait que son accusation ne comporte aucune vérité », a tweeté Greenblatt. « Cette colère, comme toutes ses récentes explosions de colère, ne fait que nous éloigner de l’important travail qui nous attend. »

Le négociateur en chef palestinien Saeb Erekat en 2010 (Crédit : Issan Rimawi / Flash90)

« Mais cette rhétorique vide et infondée ne nous empêchera pas d’essayer », a déclaré Greenblatt. « Saeb : Il est temps de se retrousser les manches et de se mettre au travail. Ou alors, vous pouvez continuer à tourner en rond, pour aller à peu près nulle part ! »

L’incident diplomatique survient alors que les tensions se sont aggravés le long de la barrière de sécurité au cours des dernières semaines. Au cours des trois derniers week-ends consécutifs, les Palestiniens ont organisé de grandes marches et émeutes à proximité de la frontière et, dans certains cas, des émeutes ont éclaté. Israël affirme que cette violence est orchestrée par le Hamas, qu’il accuse d’essayer de mener des attaques à la frontière sous couvert de grandes manifestations.

Plus de 30 Palestiniens ont été tués dans les affrontements au cours des trois dernières semaines, selon les autorités sanitaires du Hamas. Le Hamas a reconnu que plusieurs de ses victimes faisaient partie de ses membres et Israël a identifié d’autres victimes comme membres de groupes terroristes.

Vendredi, au moins 10 000 Gazaouis ont participé à de grandes manifestations, l’armée israélienne affirmant que des manifestants avaient lancé un engin explosif et des bombes incendiaires sur les troupes israéliennes déployées à la frontière et avaient tenté à plusieurs endroits d’endommager la clôture entre Israël et Gaza afin de traverser en territoire israélien.

Les manifestants ont incendié des pneus, provoquant ainsi une grande fumée noire, et brûlé des drapeaux israéliens, ainsi que des posters du Premier ministre israélien et du ministre de la Défense. Ils ont également brûlé des photos de Trump et du prince héritier saoudien Mohammed ben Salman.

Des Palestiniens brûlent des pneus à la frontière avec Israël, à l’est de Jabalia, dans le centre de la ville de Gaza, lors d’une manifestation le 13 avril 2018 (Crédit: AFP PHOTO / MOHAMMED ABED)

Suite aux manifestations d’il y a trois semaines, Greenblatt a critiqué les incitations du leader du Hamas, Yahya Sinwar, à organiser des manifestations à grande échelle contre Israël et les a qualifiées de « monstrueuses ».

« Est-ce le rôle d’un leader ? », a-t-il dit. « Cela ne fait que nuire aux Palestiniens de Gaza. Cette vieille ligne de pensée et d’idéologie nuit à tous les Palestiniens. Cela peut entraîner une escalade de la situation et de nombreuses vies pourraient être perdues. Le Hamas ne tirera donc jamais de leçons ? »

Greenblatt n’a pas réagi concernant la réponse militaire israélienne aux manifestations, que de nombreuses voix ont qualifié de disproportionnée.

Il a ensuite réitéré la demande américaine à ce que le Hamas, désigné comme une organisation terroriste par les Etats-Unis, cède le contrôle de la bande de Gaza à l’Autorité palestinienne.

« Le Hamas doit abandonner son contrôle de Gaza à l’AP et se désarmer », a-t-il déclaré. « S’il veut rejoindre le monde réel, il doit renoncer à la violence, reconnaître Israël et respecter les accords passés. Il est temps que le Hamas prenne de véritables décisions. »

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...