Grève des travailleurs sociaux, dont 54 % ont subi des violences physiques
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Grève des travailleurs sociaux, dont 54 % ont subi des violences physiques

À l'occasion du Social Work Day 2021, des statistiques illustrent la détérioration des services sociaux due au COVID-19 - manque de personnel, salaires insuffisants et violences

Un manifestant brandit une pancarte indiquant "nous méritons un salaire décent" devant le ministère des Finances à Jérusalem lors d'une manifestation pour les travailleurs sociaux, le 14 juillet 2020 à Jérusalem, en Israël. (Autorisation du Syndicat des travailleurs sociaux d'Israël)
Un manifestant brandit une pancarte indiquant "nous méritons un salaire décent" devant le ministère des Finances à Jérusalem lors d'une manifestation pour les travailleurs sociaux, le 14 juillet 2020 à Jérusalem, en Israël. (Autorisation du Syndicat des travailleurs sociaux d'Israël)

Les employés fermeront le ministère des Affaires sociales pendant quelques heures en guise de « grève d’avertissement » ce dimanche, alors qu’une nouvelle étude a révélé comment la pandémie de coronavirus a détérioré les conditions de travail des travailleurs sociaux, – plus de la moitié d’entre eux déclarant par ailleurs avoir subi des violences physiques.

Une nouvelle étude de l’université Ben Gurion, publiée mardi, un an après l’apparition du coronavirus, témoigne de l’effondrement de l’état des services sociaux israéliens. Un pic de la demande de services, associé à la détérioration des conditions sociales et économiques, a laissé le secteur des services sociaux épuisé et les travailleurs sociaux sous-payés et surchargés de travail.

Les travailleurs sociaux ont signalé des réductions de personnel et de services, des sous-paiements, des heures supplémentaires non compensées, ainsi que l’exposition à la violence et au harcèlement.

L’étude, dirigée par la chercheuse Talia Meital Schwartz-Tayri, a montré que les travailleurs sociaux sont incapables de fournir un service de qualité en raison de l’insuffisance des ressources, des contraintes de temps et de la fatigue.

La moitié des travailleurs sociaux ont déclaré que l’accent était mis sur les objectifs à court terme et les cas urgents ; 40 % ont fait remarquer que les temps d’attente étaient trop longs pour les services nécessaires ; et 77 % ont indiqué qu’ils avaient fait des heures supplémentaires non rémunérées pour s’assurer que les demandeurs reçoivent une assistance.

En outre, 83 % des travailleurs sociaux ont déclaré qu’ils ne pouvaient pas terminer leur travail pendant les heures de travail et qu’ils étaient obligés d’“emporter” leur travail à la maison, ce qui amène 77 % d’entre eux à dire que le travail nuit à leur vie familiale.

Idan Khalili, une assistante sociale qui a quitté son emploi en raison des conditions insupportables, a déclaré au site d’information Ynet : « La charge de travail était insensée. Je ne pouvais consacrer en moyenne que quatre minutes à une personne par semaine. »

« Vous prenez des décisions impossibles en permanence. Et vous ne pouvez rien faire d’autre qu’éteindre les incendies – et souvent, vous n’arrivez même pas à le faire », a-t-elle déclaré.

Des travailleurs sociaux protestent contre leurs conditions de travail, pendant la crise de la COVID-19, à Tel Aviv, le 21 juillet 2020. La pancarte dit « Honte ». (Miriam Alster/Flash90)

Les travailleurs sociaux sont également confrontés à des conditions de travail violentes. Quelque 84 % d’entre eux ont déclaré avoir été victimes de violences verbales, 54 % de violences physiques et 29 % de harcèlement sexuel de la part des demandeurs ou de leur famille.

En plus de ces conditions pénibles, le secteur des services sociaux a subi de sévères coupes budgétaires. Environ 46 % des travailleurs ont déclaré que les programmes, les services et les projets ont été réduits, 36 % ont déclaré que les programmes ont été complètement annulés et 23 % ont déclaré que le personnel et les emplois ont été réduits.

Des femmes âgées israéliennes portent des masques faciaux en pleine crise COVID-19, dans le quartier de Beit Hakerem à Jérusalem. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Israël Amir, un travailleur social communautaire, a détaillé les nouveaux défis que pose la COVID-19 aux services sociaux : « Les personnes âgées sont entassées dans des maisons. Habituellement, elles s’aventuraient dans un centre de jour et vivaient de bonnes expériences sociales, et étaient accueillies par un travailleur social qui les accompagnait. Mais les travailleurs sociaux ne peuvent pas se rendre dans les centres de jour ou rendre visite aux personnes âgées à domicile. Ils n’ont donc aucun moyen de déterminer si les personnes âgées souffrent de violence ou de négligence. C’est une situation très difficile ».

« De nouvelles personnes souffrent de la pauvreté à cause du coronavirus. Nous recevons beaucoup de demandes de personnes qui ne s’étaient jamais adressées à nous auparavant. Hier, j’ai parlé à un homme qui ne s’était jamais adressé aux services sociaux auparavant. Il a huit enfants et a récemment été licencié. La famille souffre de pénuries de base, ce qui crée des tensions entre lui et sa femme. Et sa situation s’aggrave », a déclaré Amir.

Le salaire moyen des travailleurs sociaux en Israël est nettement inférieur à celui d’autres pays, notamment les États-Unis, le Danemark, l’Australie et le Royaume-Uni.

Les employés du ministère des Affaires sociales qui planifient la grève ont affirmé que le ministère des Finances « ignore » les répercussions sociales de la COVID-19.

Les employés exigent l’allocation des ressources nécessaires, y compris une augmentation des effectifs, la compensation des heures supplémentaires, ainsi que l’amélioration et le maintien des conditions d’emploi.

« Malheureusement, il y a une grave pénurie de travailleurs, qui sont obligés de travailler du matin au soir sur une quantité déraisonnable de nouveaux cas – tout cela à cause de la résistance du ministère des Finances, » a déploré la présidente de la commission des travailleurs du ministère des Affaires sociales, Mazal Golan.

« Nous ne demandons pas de salaire, mais des normes de dotation en personnel et une compensation pour le travail que nous effectuons en heures supplémentaires, afin de pouvoir nous occuper des communautés défavorisées dans l’État d’Israël. »

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