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HaMahane HaMamlahti se positionne sur la sécurité avec le « plan Eizenkot »

Le parti de Gantz affirme que la sécurité intérieure est une priorité, jurant, entre autres mesures, de renforcer les ressources pour lutter contre le crime organisé

Carrie Keller-Lynn est la correspondante politique et juridique du Times of Israël.

L'ancien chef d'État-major et candidat à la Knesset Gadi Eizenkot dévoile le plan de sécurité du parti HaMahane HaMamlahti pour améliorer la sécurité intérieure, le 18 octobre 2022. (Crédit : Elad Malka)
L'ancien chef d'État-major et candidat à la Knesset Gadi Eizenkot dévoile le plan de sécurité du parti HaMahane HaMamlahti pour améliorer la sécurité intérieure, le 18 octobre 2022. (Crédit : Elad Malka)

Le parti HaMahane HaMamlahti a annoncé publiquement, mardi, son programme visant à améliorer la sécurité nationale sur le territoire israélien, deux semaines seulement avant les élections générales.

Avec deux anciens chefs d’État-major à la barre, HaMahane HaMamlahti et son « plan Eisenkot »- qui porte le nom de l’ancien chef de l’armée israélienne qui est numéro trois sur la liste de la formation, Gadi Eisenkot – proposent tout un éventail de ressources, d’outils de dissuasion et de réformes dans la gouvernance, un ensemble de mesures dont l’objectif est de mettre un terme au terrorisme intérieur et au crime organisé.

Le parti s’est engagé à s’attaquer à la fois aux actes de nature terroriste – avec une recrudescence des violences qui a touché Jérusalem-Est et la Cisjordanie, ces dernières semaines – et au milieu du crime organisé qui s’est implanté dans de nombreux secteurs du pays, en particulier au sein des communautés arabes.

« Je suis conscient du fait que les résidents du sud et du nord, les agriculteurs, les citoyens arabes d’Israël, ont eu leur lot de promesses et de paroles vaines », a indiqué le chef du parti Benny Gantz, qui est l’actuel ministre de la Défense, en présentant le plan.

HaMahane HaMamlahti s’engage à renforcer les ressources dans la police, à intensifier les sanctions criminelles et à déraciner le crime organisé. Pour coordonner cette initiative, la faction propose de créer un cabinet « de guerre contre le crime » qui sera placé sous l’autorité du futur Premier ministre, sur le modèle de l’actuel cabinet de sécurité.

« Le phénomène du crime et la perte de la sécurité individuelle pour les résidents et les civils ont atteint un niveau tel qu’ils nuisent dorénavant à la sécurité nationale dans les situations de routine ou d’urgence – comme nous l’avons constaté au cours des événements survenus pendant l’opération Gardiens des murs », a expliqué Eisenkot, faisant référence au conflit qui, au mois de mai 2021, avait opposé Israël et les groupes terroristes de la bande de Gaza et qui avait entraîné des violences entre Juifs et Arabes au sein de l’État juif.

Le plan Eizenkot prévoit de « multiplier par deux » le nombre de policiers en se concentrant sur le recrutement d’anciens soldats de combat, et de renforcer ses rangs à l’aide de 3 000 jeunes recrues effectuant leur service militaire. Il préconise également de déployer la police des frontières lors des urgences nationales, de créer des unités spéciales en milieu urbain pour mieux afficher la présence policière et d’améliorer les incitations financières qui pourront déterminer les agents à continuer leur carrière dans la police.

Le plan prône également des jugements plus rapides des délinquants en étoffant les rangs des magistrats et des procureurs, et l’élimination de la possibilité de peines raccourcies pour les individus condamnés à la prison à vie, à l’exception de « circonstances particulières ».

Le ministre de la Défense Benny Gantz dévoile le plan ourdi par le parti HaMahane HaMamlahti pour améliorer la sécurité sur le territoire israélien, le 18 octobre 2022. (Crédit : Elad Malka)

Pour combattre le crime organisé, le plan se concentrera sur la nécessité de réduire la circulation des armes illégales dans les rues du pays – une cause défendue devant la Knesset sortante par le ministre de la Justice Gideon Saar, numéro deux sur la liste du parti.

Réformer la gouvernance et renforcer la sécurité individuelle « sont les problématiques dans lesquelles j’ai investi la plus grande partie de mes efforts législatifs l’année passée », a commenté Saar, qui avait défendu une loi qui relevait le seuil des condamnations minimum venant sanctionner les délits liés aux armes illégales.

Le ministre de la Défense Benny Gantz, à gauche, et le ministre de la Justice Gideon Saar à la Knesset de Jérusalem, le 22 juin 2022. (Crédit :Olivier Fitoussi/Flash90)

« Ça fait longtemps – et ça a été particulièrement le cas pendant le mandat de Netanyahu – que cette question a été complètement négligée, glissée sous le tapis et presque rien n’a été fait pour s’y attaquer », a-t-il ajouté.

Le plan de la formation se focalisera aussi sur la lutte contre le phénomène de « l’argent de la protection » et sur la nécessité de renforcer les pouvoirs de la police et de toutes les autorités chargées de faire respecter la loi pour mieux combattre le crime organisé, spécialement en ce qui concerne le blanchiment d’argent et l’évasion fiscale.

Dans l’une des propositions les plus extrêmes du plan, celui-ci prévoit la disparition de la demande nécessaire d’un mandat de perquisition dans un cas de « crime grave ».

Et en ce qui concerne le terrorisme, le plan veut s’attaquer au « terrorisme agricole » comme il s’attaque au terrorisme nationaliste. Au cours de l’année dernière, des sinistres déclenchés par des ballons incendiaires lancés depuis la bande de Gaza ont entraîné de graves dégâts dans les exploitations agricoles israéliennes.

« Ce plan sera l’une des priorités promues par un gouvernement placé sous ma responsabilité », a affirmé Gantz.

Le ministre de la Défense, qui est aussi ancien chef d’État-major Gantz, tente de démontrer sa fiabilité sur la question sécuritaire face au bloc de droite et religieux du leader du Likud, Benjamin Netanyahu.

Alors que cette campagne va se terminer dans quelques jours, aucun dirigeant potentiel de bloc politique ne semble avoir une voie toute tracée pour accéder au pouvoir. Gantz espère de son côté pouvoir devenir le candidat du compromis qui sera en mesure de rassembler autour de lui un gouvernement qui permettrait d’éviter un sixième scrutin.

« Un gouvernement extrémiste ne fera que radicaliser la situation et un sixième scrutin ne permettra pas de régler la question », a dit Gantz. « Nous avons besoin d’un État, de dirigeants responsables siégeant dans un gouvernement stable pour pouvoir nous attaquer au crime ».

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