Herzog : je coopérerai avec toute enquête policière sur les irrégularités de financement
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Herzog : je coopérerai avec toute enquête policière sur les irrégularités de financement

Le chef de l’Union sioniste est suspecté de fraudes pour le financement de sa campagne ; une enquête criminelle pourrait être ouverte

Isaac Herzog à l'AIPAC, le 21 mars 2016 (Crédit : capture d'écran YouTube)
Isaac Herzog à l'AIPAC, le 21 mars 2016 (Crédit : capture d'écran YouTube)

Le chef de l’opposition Isaac Herzog a déclaré mardi qu’il coopèrerait avec toute enquête policière sur les irrégularités de financement de son élection afin de clore l’enquête « dès que possible ».

Le chef de l’Union sioniste répondait à des informations de lundi soir annonçant que la police cherchait à l’interroger pour des accusations de corruption.

« Je coopèrerai afin de clore l’enquête dès que possible », a déclaré Herzog selon la radio militaire.

Le mois dernier, Herzog a été identifié comme le deuxième député important suspecté de corruption, à la suite de suspicions de financements incorrects de la campagne pour la présidence du Parti travailliste en 2013.

L’information avait été annoncée un jour après que le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri, qui a passé plusieurs années en prison pour détournement, a révélé qu’il était à nouveau au centre d’une enquête pour corruption importante.

La police a demandé la permission d’enquêter sur Herzog au procureur général Avichai Mandelblit, a annoncé lundi la Deuxième chaîne, a également révélé que l’ancien directeur de campagne de Herzog, Shimon Batat, avait déjà été interrogé dans le cadre de violations de financement de campagne.

Alors que le reportage télévisé de lundi a annoncé que la police se dirigeait simplement vers un interrogatoire de Herzog, la radio militaire indiquait mardi que la police allait lancer une enquête criminelle sur le dirigeant de l’Union sioniste.

Etre interrogé dans ce cadre est souvent un premier pas vers l’ouverture d’une enquête criminelle.

Avichai Mandelblit en 2010 (Crédit : Kobi Gideon/Flash90)
Avichai Mandelblit en 2010 (Crédit : Kobi Gideon/Flash90)

Jusqu’à présent, Mandelblit a ordonné une enquête préliminaire pour des suspicions qui s’est concentrée sur le financement des élections primaires du Parti travailliste de 2013 il y a deux ans et demi, dans lesquelles Herzog avait battu la dirigeante sortante, Shelly Yachimovich.

Le Parti travailliste est le plus grand des deux partis qui forment l’Union sioniste à la Knesset, principal parti d’opposition.

Les préoccupations sont centrées sur le financement lié à une association utilisée par les partisans de Herzog pour gérer une campagne négative contre Yachimovich, a dit la Deuxième chaîne, ajoutant que des témoignages avaient déjà été collecté de plusieurs individus, dont des figures connues du monde politique.

Entre autres, l’affaire implique le directeur général d’une agence de soins infirmiers qui aurait investi des dizaines de milliers de shekels dépassant le budget officiel de la campagne pour financer la campagne négative.

La députée de l'Union sioniste Shelly Yachimovich à la Knesset le 8 juin 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
La députée de l’Union sioniste Shelly Yachimovich à la Knesset le 8 juin 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

A ce jour, la seule personne condamnée et ayant purgé une peine de prison ferme pour des malversations de financement internes à un parti a été Omri Sharon, le fils du Premier ministre décédé Ariel Sharon.

L’ancienne députée Naomi Blumenthal (Likud) a été jugé coupable d’avoir corrompu 15 militants et membres du comité central pendant les primaires du Likud en décembre 2003 en les invitant dans un hôtel de Ramat Gan.

Dans un article de juin 2014, l’ancien contrôleur de l’Etat Yosef Shapira avait déterminé que Herzog avait dépassé la limite des dépenses autorisées dans les primaires pour la direction du Parti travailliste contre Yachimovich mais qu’il n’avait pas enfreint la loi.

Acceptant l’explication de Herzog sur une « erreur comptable innocente », Shapira avait décidé de ne pas sanctionner financièrement le chef du parti.

Dans une lettre d’information envoyée à ses partisans à la fin de la semaine dernière, Herzog a déclaré qu’il avait reçu des milliers d’offres de soutien qui lui donnaient le sentiment « qu’il y a une maison et des amis qui sont fiables. »

« Après la publication sur l’enquête, j’ai demandé de fermer l’usine aux rumeurs, de conclure l’enquête sur le sujet aussi vite que possible et de me permettre de donner des réponses à toutes les questions afin de mettre cette saga derrière nous. »

Il a ajouté que « nous ne pouvons pas accepter un phénomène dans lequel les parties intéressées essaient de porter des plaintes et des affirmations afin de forcer une enquête à chaque fois qu’il semble que la coalition se brise ou avant chaque élection. C’est un phénomène dangereux pour la démocratie. »

Le ministre des Finances Moshe Kahlon (à gauche) avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu  pendant une session plénière à la Knesset, le 16 novembre 2015.  (Crédit : Miriam Alster / Flash90)
Le ministre des Finances Moshe Kahlon (à gauche) avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant une session plénière à la Knesset, le 16 novembre 2015. (Crédit : Miriam Alster / Flash90)

La semaine dernière, le ministre des Fiances Moshe Kahlon avait déclaré que les discussions pour faire venir l’Union sioniste au sein de la coalition gouvernementale s’étaient arrêtées quand les suspicions sur Herzog avaient été mises en lumière.

Herzog a exercé son droit à rester silencieux quand une enquête a été menée sur lui en 1999 quand il était secrétaire du cabinet, en lien avec des irrégularités présumées de financement de campagne de la part du Premier ministre de l’époque, Ehud Barak.

La semaine dernière, Mandelblit a donné le feu vert à la police pour une enquête criminelle sur Deri, le président du parti Shas, sur des irrégularités impliquant des holdings d’immobilier.

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