La justice ouvre une enquête sur Aryeh Deri
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La justice ouvre une enquête sur Aryeh Deri

Les biens immobiliers du ministre de l'Intérieur, qui a déjà purgé une peine de prison pour corruption, seront examinés

Aryeh Deri pendant une conférence à l'hôtel Ramada à Jérusalem, le 30 mars 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Aryeh Deri pendant une conférence à l'hôtel Ramada à Jérusalem, le 30 mars 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le procureur général Avichai Mandelblit a annoncé jeudi qu’une enquête criminelle sera ouverte contre le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri pour suspicion de corruption, suite aux nouvelles accusations de fraude qui ont été portées contre le leader du parti Shas lundi.

L’enquête se concentre apparemment autour de biens immobiliers non déclarés appartenant à Deri et les membres de sa famille, y compris une maison secondaire dans le nord d’Israël et des appartements appartenant à chacun de ses neuf enfants.

Deri a, pour sa part, répondu à l’annonce faite par le procureur général, en affirmant qu’il se conformerait à l’enquête et que l’enquête prouverait son innocence.

« Le ministre a déclaré dès le début de la révélation de l’enquête qu’il était prêt à répondre à toute question », a déclaré un porte-parole de Deri dans un communiqué. « Le ministre va coopérer avec les organismes d’application de la loi et est convaincu que ses réponses préciseront qu’il a agi correctement ».

La résidence secondaire du ministre de l'Intérieur Aryeh Deri dans le nord d'Israël (Crédit : Capture d'écran la Deuxième chaîne)
La résidence secondaire du ministre de l’Intérieur Aryeh Deri dans le nord d’Israël (Crédit : Capture d’écran la Deuxième chaîne)

Deri, qui a déjà purgé une peine de prison pour corruption – également lorsqu’il occupait le ministre de l’Intérieur – s’est identifié comme étant l’un des deux législateurs qui faisait l’objet d’une enquête pour corruption après que la Deuxième chaîne ait diffusé un reportage sur l’enquête mardi soir.

Il a appelé ensuite à une enquête rapide pour être lavé de tout soupçon.

Mercredi, le procureur général a officiellement approuvé une enquête préliminaire sur Deri et un autre député, qui à l’époque n’était pas encore identifié. Depuis, il a été identifié comme étant le dirigeant de l’Union sioniste et chef de l’opposition, Isaac Herzog.

Deri, qui a purgé 22 mois en prison entre 2000 à 2002 après avoir été reconnu coupable de corruption passif lorsqu’il était le ministre de l’Intérieur, est revenu en politique au début de cette décennie pour diriger le parti ultra-orthodoxe à la Knesset.

Il a repris la direction de son parti Shas peu avant les élections à la Knesset de l’an dernier, en remplaçant Eli Yishai. Le législateur de Shas a repris son poste au ministère de l’Intérieur plus tôt cette année après qu’un tribunal ait jugé que sa condamnation antérieure ne le disqualifiait pas pour occuper ce poste.

Aryeh Deri, à gauche, avec Isaac Herzog lors d'une fête à Jérusalem le 23 décembre 2015 (Crédit : Yaakov Cohen / FLASH90)
Aryeh Deri, à gauche, avec Isaac Herzog lors d’une fête à Jérusalem le 23 décembre 2015 (Crédit : Yaakov Cohen / FLASH90)

Plus tôt dans la journée, Deri, qui a fait sa campagne en affirmant qu’il souhaitait représenter l’homme ordinaire, a cherché à minimiser les accusations au sujet de ses biens immobiliers.

« Hier, j’ai découvert que ma femme et moi étions devenus des magnats de l’immobilier », a-t-il expliqué sur un ton sarcastique, selon la Deuxième chaîne.

« Nous avons eu un appartement pendant environ 25 ans, dans lequel nous avons élevé nos neuf enfants et pour lequel nous payons encore l’hypothèque. En outre, nous avons une maison de vacances à Safsufa pour la famille élargie, y compris les petits-enfants ».

Mercredi également, Isaac Herzog, qui dirige la liste de l’Union sioniste qui est une fusion des parties travailliste et Hatnuah, a été désigné comme étant le deuxième député israélien de haut rang non identifié auparavant qui fait l’objet de l’enquête pour corruption.

Les soupçons contre Herzog reposent sur des paiements directs effectués par des donateurs à des membres de sa campagne à la direction de son parti, selon la Dixième chaîne. Le reportage a également révélé que la police a récupéré des reçus qui démontraient qu’Herzog était au courant de ces transactions illicites.

Herzog n’a pas tardé à réagir alors que l’information sur l’enquête contre lui a été révélées, se félicitant de l’enquête, mais a rejeté les accusations comme étant le produit de « politique délirant qui remue la boue » promu par le rival de son parti, le Likud et les « activistes frustrés » avant les élections à la Knesset de l’an dernier.

« Je suis sûr que l’examen [de ces allégations] réfutera ces affirmations délirantes une fois pour toutes », a-t-il déclaré dans un communiqué, promettant de « coopérer pleinement » avec n’importe quelle partie pour que « la question est clarifiée le plus tôt possible ».

Ce n’est pas la première fois que le président de l’Union sioniste fait face à des soupçons relatifs au financement de la campagne.

Il a une fois, de façon mémorable, exercé son droit de garder le silence en 1999 alors qu’il occupait le poste de secrétaire du cabinet, dans le cadre d’une enquête pour de prétendues irrégularités de financement dans la campagne du Premier ministre de l’époque, Ehud Barak.

Le Times of Israel a contribué à cet article.

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