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Herzog rencontre le roi de Jordanie à Amman sur fond de tensions liées au Ramadan

Le président sera le troisième haut responsable israélien à se rendre en Jordanie pour rencontrer le monarque hachémite ce mois-ci

Le président Isaac Herzog (à gauche) s'exprime lors d'une conférence à Jérusalem, le 1er août 2021 ; le roi Abdallah II de Jordanie (à droite) écoute lors d'une réunion avec le secrétaire d'État américain Antony Blinken, à Amman, en Jordanie, le 26 mai 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90 ; Crédit : Alex Brandon/AP)
Le président Isaac Herzog (à gauche) s'exprime lors d'une conférence à Jérusalem, le 1er août 2021 ; le roi Abdallah II de Jordanie (à droite) écoute lors d'une réunion avec le secrétaire d'État américain Antony Blinken, à Amman, en Jordanie, le 26 mai 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90 ; Crédit : Alex Brandon/AP)

Isaac Herzog se rendra en Jordanie mercredi pour des entretiens avec le roi Abdallah II, a déclaré le bureau du président israélien, le dernier d’une série de réunions de haut niveau et d’activités diplomatiques de ces dernières semaines.

La réunion, qui se tiendra en public, suit de près la visite du ministre de la Défense Benny Gantz mardi, la visite d’Abdallah en Cisjordanie un jour plus tôt et le voyage à Amman du ministre des Affaires étrangères Yair Lapid au début du mois. Ces contacts ont mis fin à des années de rapports froids entre Jérusalem et Amman, datant de l’époque de l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Il semblerait que les réunions aient pour but de discuter des efforts à déployer pour réduire les tensions entre Israéliens et Palestiniens avant le mois sacré du Ramadan, qui commence début avril.

La confluence du Ramadan, de la Pâque juive et de Pâques en avril est également un sujet de préoccupation pour l’administration Biden, des responsables américains et israéliens ayant déclaré au Times of Israel le mois dernier que Washington avait demandé à Jérusalem de prendre des mesures pour faire baisser les tensions et prévenir une flambée de violence similaire à celle qui s’est produite en mai dernier, lorsqu’Israël a mené une guerre de 11 jours contre le Hamas à Gaza.

Trois attentats terroristes perpétrés en Israël en une semaine ont coûté la vie à onze personnes, ce qui a considérablement accru les tensions.

Dans un geste rare, la visite a été annoncée à l’avance et se déroulera en public. La plupart des visites de responsables israéliens sont gardées secrètes et ne sont révélées qu’après avoir eu lieu.

Selon le bureau de M. Herzog, le président et le roi discuteront de « l’approfondissement des relations israélo-jordaniennes, du maintien de la stabilité régionale en mettant l’accent sur la période des fêtes à venir, du renforcement de la paix et de la normalisation, ainsi que des nombreuses opportunités latentes dans les relations entre Israël, la Jordanie et la région au sens large ». Il n’y a pas eu de commentaire immédiat de la part de la Jordanie.

La dernière rencontre entre Herzog et Abdallah remonte à septembre, mais elle s’est déroulée en secret et n’a été divulguée qu’après avoir eu lieu.

Le ministre de la Défense, Benny Gantz, rencontre à Amman le roi Abdallah de Jordanie, le 29 mars 2022. (Crédit : cour royale hachémite)

Lors de la rencontre de mardi entre Gantz et Abdallah, le bureau du ministre de la Défense a déclaré qu’il avait présenté au roi les mesures qu’Israël entendait prendre pour garantir la liberté de prier des Palestiniens à Jérusalem pendant le Ramadan, ainsi que d’autres mesures destinées à améliorer la vie des Palestiniens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

Israël a récemment augmenté de 8 000 le nombre de permis permettant aux Gazaouis de travailler en Israël, pour atteindre un total de 20 000.

« Le ministre de la Défense lui a souligné l’importance du maintien de la stabilité régionale et le calme, ainsi que la nécessité générale de combattre le terrorisme, et en particulier contre l’organisation État islamique, qui est à l’origine des récentes attaques terroristes en Israël », a déclaré le bureau de M. Gantz.

Abdallah a dit à Gantz que les « toutes provocations qui pourraient entraîner une escalade » doivent être évitées, selon le palais royal.

Abdallah a réitéré le soutien de la Jordanie à une solution à deux États. Le monarque a également insisté pour qu’Israël lève tout obstacle à la « prière » des musulmans palestiniens sur l’esplanade des Mosquées pendant le ramadan.

Le ministre de la Sécurité intérieure, Omer Barlev, a également rencontré récemment, en secret, le ministre jordanien des Affaires étrangères, Ayman Safadi. Cette réunion a également porté sur les efforts visant à maintenir le calme à Jérusalem pendant le mois musulman du Ramadan.

Neige à Jérusalem, sur le mont du Temple, le 27 janvier 2022 (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Les liens d’Israël avec la Jordanie ont atteint leur point le plus bas ces dernières années, en grande partie à cause des mauvaises relations entre Abdallah et Netanyahu, et les deux parties se sont efforcées de les améliorer ces derniers mois.

Mais alors que les responsables israéliens ont effectué de fréquentes visites à Amman, les hauts responsables jordaniens ont évité de rendre la pareille, dans le cadre d’une politique de longue date visant à éviter de tels gestes symboliques en l’absence d’une percée dans les efforts de paix israélo-palestiniens.

Le ministre des Affaires étrangères, Ayman Safadi, s’est contenté de rencontrer ses homologues israéliens au passage Allenby, entre la Cisjordanie et la Jordanie. La dernière visite d’Abdallah en Israël remonte à 2004, alors que le premier ministre de l’époque, Ariel Sharon, s’apprêtait à se retirer unilatéralement des implantations israéliennes de la bande de Gaza.

Lundi, il s’est rendu à Ramallah pour la première fois depuis cinq ans, déclarant au président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas qu’il était là pour « vous écouter et entendre de votre part vos attentes à l’égard des Jordaniens ». Cette rencontre a eu lieu au moment où Lapid a accueilli les ministres des Affaires étrangères des États-Unis et du monde arabe pour un sommet sans précédent. Safadi n’était pas présent.

Jacob Magid a contribué à cet article.

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