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Huckabee : US et États du Golfe évoquent l’administration post-guerre de Gaza

L'envoyé US parle de négociations en cours, mais n'a pas connaissance d'un accord prêt à être signé ; offensive sur Gaza-City, Israël fera ce qu'il faut pour récupérer ses otages

L'ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, prononçant un discours alors que le président américain Donald Trump reçoit le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour un dîner dans la Blue Room, à la Maison Blanche, à Washington, le 7 juillet 2025. (Crédit : Andrew Harnik/Getty Images via AFP)
L'ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, prononçant un discours alors que le président américain Donald Trump reçoit le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour un dîner dans la Blue Room, à la Maison Blanche, à Washington, le 7 juillet 2025. (Crédit : Andrew Harnik/Getty Images via AFP)

Les États-Unis ont engagé des discussions avec les États arabes du Golfe au sujet de la possibilité qu’ils administrent la bande de Gaza à l’issue de la guerre, a déclaré vendredi à Reuters l’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee.

Selon Huckabee, la question d’une structure de gouvernance provisoire impliquant les États arabes du Golfe, avec éventuellement les États-Unis dans un rôle de supervision, a été abordée. Une décision sur un accord permanent devrait alors être prise ultérieurement.

« Il s’agit d’une discussion. Il ne s’agit pas de quelque chose qui a été accepté par l’administration, par Israël, par qui que ce soit. Je n’ai pas connaissance de l’existence d’un accord prêt à être signé », a-t-il déclaré.

Huckabee n’a précisé ni quand ces discussions avaient eu lieu, ni quels États du Golfe y avaient participé. Les États du Golfe n’ont pas encore répondu aux demandes de commentaires.

En juillet, Axios a indiqué que les États-Unis étaient en pourparlers avec Israël et les Émirats arabes unis au sujet d’un plan pour l’après-guerre à Gaza, dans lequel des soldats des Émirats arabes unis contribueraient à une mission de maintien de la paix.

Les États arabes ont longtemps conditionné leur engagement dans la gestion de Gaza après la guerre à une invitation de la part de l’Autorité palestinienne, dans le cadre d’un processus visant à établir un État palestinien unifié en Cisjordanie et à Gaza.

Le président américain Donald Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, dans le Bureau ovale, à la Maison Blanche, le 8 juillet 2025. (Crédit : Avi Ohayon/GPO)

Mais le Premier ministre Benjamin Netanyahu rejette depuis longtemps toute initiative visant à permettre à l’Autorité palestinienne de s’implanter à Gaza. L’enclave côtière est administrée par le Hamas depuis que le groupe terroriste a chassé les forces fidèles au président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, en 2007.

Israël, après près de deux ans de guerre à Gaza, n’a pas clairement dit quelle gouvernance il souhaiterait voir en place dans la bande de Gaza. Un large consensus international existe toutefois sur le fait que le Hamas ne peut pas rester au pouvoir.

Huckabee a quant à lui fait savoir que les États-Unis ne participeraient à aucun plan incluant l’Autorité palestinienne si celle-ci continuait à verser des allocations aux individus et aux familles impliqués dans des attentats terroristes, une pratique à laquelle l’Autorité palestinienne a annoncé avoir mis fin il y a plusieurs mois.

« Pourquoi soutiendrions-nous une entité qui viole notre propre loi ? C’est quelque chose que nous ne ferons jamais », a affirmé Huckabee lors d’une interview.

Il a également appelé le Hamas à « abandonner ». Israël a exigé le désarmement du Hamas comme condition à la fin de la guerre. Le groupe terroriste, s’il a reconnu qu’il ne gouvernerait plus Gaza une fois les combats terminés, a néanmoins refusé d’aborder la question du désarmement.

« Ils doivent impérativement abandonner. Ils ne peuvent pas continuer à penser qu’ils ont un avenir », a martelé Huckabee à propos du Hamas, lors d’un discours prononcé à l’ambassade américaine à Jérusalem.

Huckabee a en outre indiqué ne pas avoir connaissance de discussions entre Israël et les États-Unis sur le partage de Gaza, des discussions évoquées cette semaine par le ministre des Finances Bezalel Smotrich, qui occupe également un poste au sein du ministère israélien de la Défense.

Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, lors d’une conférence de presse au ministère des Finances, à Jérusalem, le 6 août 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

D’après Smotrich, partisan d’une annexion de la bande de Gaza, les États-Unis et Israël négocient actuellement les termes d’un partage de la « manne immobilière » après la guerre, reprenant ainsi les mots utilisés par le président américain Donald Trump en février, lorsque ce dernier s’était promis de s’emparer de ce « vaste terrain immobilier » et d’en expulser les habitants.

Trump, qui a été le premier à légitimer le concept de « migration volontaire » en annonçant son intention de prendre le contrôle de Gaza et de déplacer définitivement tous les Gazaouis, a depuis pris ses distances avec cette idée.

Pour sa part, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair travaille également sur un plan pour Gaza après la guerre, selon Huckabee, qui a ajouté ne pas en connaître les détails.

L’ancien Premier ministre britannique Tony Blair durant le sommet COP28 des Nations unies sur le climat, dimanche 3 décembre 2023, à Dubaï, aux Émirats arabes unis. (Crédit : AP Photo/Rafiq Maqbool)

En début de semaine, le Times of Israel a dévoilé ce projet qui vise à mettre en place un organe de transition d’après-guerre chargé de gouverner la bande de Gaza, jusqu’à ce que la gouvernance puisse être transférée à l’Autorité palestinienne.

Par ailleurs, interrogé sur le message délivré cette semaine par le secrétaire d’État américain Marco Rubio en visite en Israël au sujet de la nouvelle offensive de l’armée israélienne à Gaza-City, Huckabee a répondu que Washington reconnaissait que « Israël devait faire ce qui était nécessaire pour récupérer ses otages et mettre fin à la guerre ».

Tsahal a confirmé cette semaine avoir lancé l’invasion de la ville par des forces terrestres. Selon les estimations des militaires, quelque 480 000 habitants de la ville – sur une population d’environ un million – ont répondu à l’appel de l’armée israélienne à évacuer.

Des Palestiniens de Gaza-City se dirigent vers le sud avec tous leurs biens, sur la route côtière près du camp de réfugiés de Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza, le 19 septembre 2025 (Crédit : Eyad BABA / AFP).

La majorité des quelque 2 millions d’habitants de Gaza ont été déplacés au moins une fois depuis le début de la guerre déclenchée par l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023.

Les organisations d’aide ont lancé une mise en garde : l’offensive sur Gaza-City risque d’aggraver la crise humanitaire en cours. La ville fait actuellement face à la famine, selon un rapport de l’ONU publié le mois dernier et démenti par Israël.

Selon certaines informations, l’armée israélienne a de surcroît déconseillé au gouvernement de mener cette opération, affirmant qu’elle mettrait en danger les soldats et les otages restants.

Jacob Magid a contribué à cet article.

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