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Inauguration d’un gymnase parisien nommé en souvenir du boxeur Victor « Young » Perez

L’inauguration a eu lieu ce 24 janvier, en présence notamment d’élus, du grand rabbin de France et de responsables communautaires

L’'inauguration du gymnase Victor "Young" Perez à Paris, le 24 janvier 2022. (Crédit : Laurence Patrice / Mairie de Paris / Twitter)
L’'inauguration du gymnase Victor "Young" Perez à Paris, le 24 janvier 2022. (Crédit : Laurence Patrice / Mairie de Paris / Twitter)

Un gymnase du 12e arrondissement a été nommé en souvenir du boxeur juif tunisien Victor « Young » Perez. L’inauguration a eu lieu ce 24 janvier, en présence notamment d’élus, dont Laurence Patrice, adjointe à la maire de Paris chargée de la mémoire et du monde combattant, et Pierre Rabadan, adjoint à la maire de Paris chargé des sports, du grand rabbin de France Haïm Korsia et de responsables communautaires, a rapporté le CRIF.

Le gymnase portait jusqu’alors le nom de Bercy-Bastille. Il est situé au 242 rue de Bercy.

La décision avait été prise par le Conseil de Paris en 2017.

En 1931, Perez, 20 ans, était devenu le plus jeune champion du monde poids plume de l’histoire de la boxe, et avait gagné de nombreux championnats français. Mais rien de cela n’a compté quand il a été dénoncé en septembre 1943 et envoyé à Auschwitz.

Victor ‘Young’ Perez, boxeur juif français né à Tunis. Il a été assassiné à Auschwitz-Birkenau. (Crédit : domaine public)

Il avait décidé de rester à Paris pendant la guerre par amour pour l’actrice Mireille Balin, alors que l’antisémitisme et la collaboration étaient déjà bien répandus en France.

« Au début, les SS le laissaient s’entraîner pour qu’il puisse donner un spectacle de combat pour leur divertissement contre un membre de la SS », a écrit Agnès Grunwald-Spier, qui a publié en 2015 un livre intitulé Who betrayed the Jews? (Qui a trahi les Juifs ?). Après, il a été traité comme les autres prisonniers et a été forcé de participer à des matchs de boxe pour l’amusement des nazis. En 1945, Victor avait survécu à 140 combats en 15 mois et en avait gagné 139. »

Il aurait eu à combattre un Allemand de quatre fois son poids, demandant à ce qu’une ration améliorée soit distribuée à tous ses camarades s’il tenait les 15 rounds – ce qu’il réussit.

La vie du jeune champion s’est terminée pendant la marche de la mort depuis Auschwitz, en janvier 1945. Il aurait été abattu par un SS contre lequel il aurait auparavant combattu. Il avait 33 ans.

Son histoire avait fait l’objet d’un film en 2016.

« En donnant son nom à un gymnase du 12e arrondissement, ont été honorés le champion du monde, le Juif victime d’antisémitisme et de la collaboration et surtout l’Homme qui a résisté dans l’horreur absolue des camps avec le soucis de ses frères », a écrit le CRIF. « En ces temps complexes que nous traversons, alors que l’histoire est revisitée par certains, il est important de donner à notre jeunesse des repères et des exemples qui leur racontent ce vers quoi peuvent nous amener, la haine, le racisme et le manque de courage. »

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