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Inspirée des Etats-Unis et d’Israël, une yeshiva non-confessionnelle ouvre en Écosse

Si ces programmes existent depuis longtemps, Azara peut se targuer d'être le premier établissement d'Europe à offrir un espace pluraliste dédié à l'étude du Talmud et des textes sacrés

Participants à la Havruta, ou étude en binôme, pendant le séminaire d'été d'Azara. (Crédit : Ben Schwaub via JTA)
Participants à la Havruta, ou étude en binôme, pendant le séminaire d'été d'Azara. (Crédit : Ben Schwaub via JTA)

JTA – Les étudiants entament leur journée par des prières à 8 heures du matin, puis se lancent dans un programme chargé d’études rigoureuses des textes juifs. Originaires de plusieurs pays, ils présentent des différences de genre, pratiquent le judaïsme de différentes manières et s’identifient à divers mouvements, parfois à aucun. Certains des 18 participants aspirent à devenir rabbins, tandis que d’autres s’adonnent aux études juives en tant qu’activité secondaire.

De tels programmes existent depuis plus d’une décennie, mais celui-ci, appelé Azara, est peut-être la première yeshiva non confessionnelle d’Europe. Les fondateurs d’Azara, qui ont posé leurs valises à Édimbourg pour l’été, espèrent offrir un espace pluraliste pour une étude intensive du Talmud et d’autres textes sacrés, en s’inspirant de modèles mis en place à New York, Jérusalem et ailleurs.

« Nous pensions simplement qu’il y avait un grand besoin au Royaume-Uni pour une éducation un peu plus poussée, quelque chose qui va un peu plus en profondeur, quelque chose qui est accessible, ouvert à tous », a déclaré Jessica Spencer, étudiante en cinquième année de rabbinat à l’Hebrew College, originaire d’Édimbourg et l’une des fondatrices d’Azara.

« Le véritable objectif vers lequel nous avons travaillé est le programme d’été, car cela représente quelque chose de symbolique ; avoir quelque chose de cette importance, à temps plein, cette profondeur qui ne soit pas aux États-Unis ou en Israël », a-t-elle ajouté.

Azara fait partie des nouvelles institutions dédiées à l’étude juive non confessionnelle jusqu’alors uniquement présentes sur le nouveau continent. Des yeshivot telles que Hadar à New York ou Pardes à Jérusalem proposent un programme traditionnel d’étude intellectuelle des textes juifs tout au long de la journée, tout en maintenant un engagement envers l’observance stricte du judaïsme, l’apprentissage mixte et l’inclusion des Juifs LGBTQ.

Azara a reçu un financement de Hadar et les fondateurs disent s’en inspirer ainsi que de Pardes et de Svara, une yeshiva basée à Chicago fondée pour les Juifs LGBTQ. Azara évite le terme « égalitaire » car certains de ses étudiants et enseignants se définissent comme orthodoxes. Cependant, des personnes de tous genres étudient ensemble et les prières du matin à la yeshiva sont égalitaires en termes de genre. (Il existe également un petit groupe orthodoxe qui prie ensemble, mais sans le minyan, quorum de 10 hommes traditionnellement requis par la loi juive.)

Les participants d’Azara apportent leur Torah au beit midrash sur une photo non datée. (Crédit : Naomi Klionsky via JTA)

« Nous essayons de combiner des aspects de tous ces lieux, car aucun d’entre eux n’existe vraiment au Royaume-Uni », a déclaré Spencer, qui prévoit de travailler pour le mouvement Massorti britannique, similaire au mouvement conservateur, après son ordination. « Il y a un réel besoin de faire quelque chose que tous ces endroits font – être intercommunautaire comme Pardes, ouvert à tous et offrir ce type d’apprentissage épanouissant et joyeux comme le fait Svara, ainsi que la dimension sérieuse et rigoureuse que j’ai vue chez Hadar ».

Spencer dit avoir été initiée au projet de code de la loi rabbinique par le biais d’Open Talmud, un programme d’étude interconfessionnel fondé en 2009. Azara est la suite de ce projet et d’une autre initiative appelée Pop-Up Beit Midrash, qui était basée à Londres et proposait divers cours d’études juives.

Spencer a fondé Azara l’année dernière avec Rabba Lindsey Taylor-Guthartz, qui est orthodoxe et le rabbin Leah Jordan du mouvement libéral, similaire au judaïsme réformé aux États-Unis. Les trois chercheuses ont commencé par proposer des cours en ligne via Zoom, des programmes de week-end, des sessions intensives et des classes du soir à JW3, un centre communautaire juif de Londres.

Pour leur yeshiva d’été, cependant, elles ont décidé de s’installer dans l’école de théologie de l’Université d’Édimbourg, où les étudiants logent dans les résidences universitaires et se nourrissent de repas casher végétariens apportés depuis Glasgow, à environ une heure en voiture. Spencer espère que l’implantation de l’école dans une ville à faible population juive permettra aux étudiants de créer des liens et de se concentrer sur leur apprentissage.

« Nous pensions que cela contribuerait à l’ambiance du programme et créerait une communauté plus immersive », a-t-elle déclaré. « À Londres, les gens auraient été dispersés dans toute la ville et ils auraient eu leur vie quotidienne, ils n’auraient pas été aussi concentrés sur le programme ».

Les participants au programme d’été passeront le mois à étudier la loi juive, la pensée juive moderne et d’autres sujets juifs, en lisant et analysant les textes originaux en hébreu et en araméen, en petits groupes. La journée commence par des prières et le petit-déjeuner, suivis d’un cours de Talmud de trois heures le matin. Tous les étudiants étudient le même chapitre de Kiddushin, un traité du Talmud qui traite des fiançailles et du mariage. Les débutants apprennent à lire les textes hébreux et araméens originaux, tandis que les étudiants plus avancés étudient les commentaires sur le Talmud. La programmation officielle prévoit le respect du Shabbat et de la casheroute.

Le corps professoral d’Azara comprend des chercheurs de Hadar, de Pardes, du Progressive Leo Baeck College à Londres et de Yeshivat Maharat, un séminaire orthodoxe libéral qui forme des femmes au rabbinat à New York.

Illustration : Sarah Rosenberg, une étudiante du programme d’ordination, étudie au beit midrash, un espace d’apprentissage, à Yeshivat Maharat dans l’arrondissement du Bronx à New York, le 8 décembre 2021. (Crédit : AP Photo/Jessie Wardarski)

« Azara donne accès à un apprentissage profond de la Torah à tout un groupe de personnes qui n’en ont jamais eu l’occasion », a déclaré Jeremy Tabick, membre du corps professoral de Hadar et enseignant de Talmud à Azara cet été. « C’est inspirant de voir des participants aussi engagés et enthousiastes se lancer dans une expérience d’un mois ».

Le fait que les trois fondatrices de la yeshiva soient des femmes, selon Spencer, « relève un peu du hasard », soulignant que plusieurs rabbins hommes britanniques ont également pris part depuis longtemps à la création d’un tel programme.

« Nous vivons encore dans un monde où les femmes ont beaucoup moins d’opportunités d’apprentissage que les hommes, surtout pour ce genre de choses », a-t-elle ajouté. « C’est pourquoi les femmes ont peut-être une impulsion plus forte pour créer des lieux d’apprentissage non traditionnels et accessibles, mais en réalité, je peux penser à plusieurs hommes qui ont été très impliqués dans ce projet à différents moments ».

Rabba Dr. Lindsey Taylor-Guthartz. (Crédit : Alex Taibel)

Taylor-Guthartz, l’une des co-fondatrices d’Azara, a également de l’expérience dans la remise en question des limites de la communauté juive britannique. Après avoir été ordonnée à Yeshivat Maharat, elle a été brièvement licenciée d’un poste d’enseignante à la London School of Jewish Studies, provoquant une agitation communautaire qui a conduit à l’annulation de cette décision.

« Cela peut prendre du temps – cela peut même prendre plus d’une vie — mais il faut continuer à avancer », a-t-elle déclaré à l’Agence télégraphique juive en 2021, concernant le processus de changement dans les institutions juives britanniques. « Il faut continuer à avancer. Je pense que nous en sommes au début de ce processus ».

Pour financer ses programmes, Spencer a déclaré que Azara est principalement financée par des dons, y compris des subventions de Hadar (qui paie également le salaire de Tabick pour le mois), de l’incubateur de communautés juives intentionnelles de Hazon et de la Fondation Samuel Bronfman. Les frais de scolarité pour le programme d’été étaient flexibles, avec des suggestions de tarifs échelonnés pour les participants allant d’environ 450 à 1 600 dollars.

La yeshiva organise également des sessions d’étude avec la communauté juive d’Édimbourg. Lors de la dernière séance, le 5 juillet, les étudiants ont animé une session d’arts et d’artisanat sur un texte lié au jeûne du 17 Tammuz, qui a eu lieu le 6 juillet. Un autre étudiant a réalisé une lecture mettant en relation un poème de Sylvia Plath avec Eshet Hayil, le poème biblique sur la « femme vaillante » traditionnellement chanté le vendredi soir.

Spencer co-enseigne un cours de Talmud avec Laliv Clenman, une professeure du Leo Baeck College spécialisée en formation rabbinique, en hébreu et en araméen. Spencer a déclaré que les progrès réalisés par les étudiants en seulement une semaine et demie ont été « incroyables ».

« Nous parlons de personnes qui étaient un peu incertaines de leurs voyelles en entrant, certaines d’entre elles, et qui ne savaient pas que la lettre hébraïque ‘vav’ signifie ‘et’, à ce niveau-là – des débutants vraiment, vraiment débutants », a-t-elle dit. « Et ils lisent des lignes de Guemara », ou Talmud.

« On a l’impression de faire quelque chose de très spécial », a-t-elle ajouté.

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