Irak/Jordanie : les échanges commerciaux reprennent à la frontière
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Irak/Jordanie : les échanges commerciaux reprennent à la frontière

Empêchées par la présence de l'Etat islamique sur une partie de la frontière irako-jordanienne, les relations économiques vont pouvoir reprendre entre les deux pays

Un puits de pétrole. Illustration. (Crédit : domaine public)
Un puits de pétrole. Illustration. (Crédit : domaine public)

Des camions ont repris samedi l’acheminement de pétrole irakien vers la Jordanie via un poste-frontière, où les dirigeants des deux pays ont annoncé la construction d’une zone franche industrielle commune et des mesures pour augmenter leurs échanges commerciaux.

Les Premiers ministres irakien Adel Abdel Mahdi et jordanien Omar al-Razzaz se sont retrouvés avec plusieurs ministres au poste-frontière de Treibil – al-Karameh côté jordanien – rouvert fin août 2017.

L’unique point de passage entre les deux pays était resté fermé trois ans à cause du groupe Etat islamique (EI), vaincu fin 2017 en Irak selon Bagdad.

Samedi, les deux pays ont convenu que l’Irak allait « fournir chaque jour 10 000 barils de pétrole de Kirkouk » par camion à la Jordanie, a indiqué l’agence jordanienne Petra.

Le prix du baril – actuellement autour de 60 dollars – pratiqué pour ces échanges n’a pas été communiqué. Petra précise toutefois que des frais, notamment de transport, seront pris en compte.

La possibilité d’accorder des réductions sur les prix à la Jordanie avait mis en ébullition les réseaux sociaux irakiens.

La priorité pour Amman est de satisfaire ses besoins en hydrocarbures importés grâce à un projet d’oléoduc qui reliera Bassora, à la pointe sud de l’Irak, à son port d’Aqaba.

Les deux pays ont indiqué samedi avoir entamé des études pour sa construction.

Mi-janvier, le roi Abdallah II de Jordanie avait effectué sa deuxième visite en plus de dix ans à Bagdad, après plusieurs rencontres entre hauts responsables dans les deux capitales.

Tous ont évoqué la question de l’électricité, qui fait l’objet de pénuries chroniques en Irak depuis des années.

Pour obtenir de Washington une exemption temporaire de son dernier train de sanctions contre l’Iran, Bagdad a annoncé vouloir acheter son électricité à la Jordanie, à la Turquie et au Koweït.

Amman et Bagdad se sont mis samedi d’accord pour lancer les opérations de raccordement sous trois mois afin que « la Jordanie exporte de l’électricité vers l’Irak d’ici moins de deux ans », selon Petra.

Depuis samedi également, 393 produits jordaniens sont exempts de taxes en Irak. Les deux pays s’attellent par ailleurs à ouvrir une zone industrielle commune.

L’Irak est bordé par la Jordanie et la Syrie en guerre à l’ouest, la Turquie au nord, l’Iran à l’est et l’Arabie saoudite au sud ainsi que le Koweït.

La frontière avec l’Iran, deuxième fournisseur commercial de l’Irak, est l’une des principales portes d’entrée des importations par voie terrestre.

Au sud, Bagdad et Ryad disent vouloir rouvrir prochainement leur principal poste-frontière, Arar, fermé depuis 28 ans.

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