Iran: les médiateurs se réuniront dimanche en Égypte
Le Pakistan, l’Arabie saoudite, la Turquie et l’Égypte vont se réunir au Caire ; Trump : « Nous ne nous sommes pas rencontrés par désespoir, c’est l’Iran qui l’a fait » ; Téhéran exige que les navires transitant par le détroit d’Ormuz coordonnent leurs itinéraires

Les pays médiateurs dans le conflit entre les États-Unis et l’Iran, notamment le Pakistan, l’Arabie saoudite et la Turquie, devraient se réunir dimanche en Égypte pour des discussions, après l’annulation du rendez-vous qui était prévu vendredi en Suisse entre les négociateurs – une source d’incertitude quant à l’avenir des pourparlers, alors que le délai de 60 jours imparti pour finaliser les détails d’un accord était déjà engagé.
Vendredi, par ailleurs, l’Iran a semblé continuer à imposer des restrictions aux navires qui transitent par le détroit d’Ormuz, alors même qu’un protocole d’accord a été signé cette semaine.
À Washington, le président américain Donald Trump s’en est pris une nouvelle fois à l’Iran, dans un contexte d’intensification des combats au Liban – une situation qui aurait poussé l’Iran à faire obstruction aux négociations nucléaires, actuellement dans l’impasse. Si Israël et le Hezbollah sont convenus vendredi d’un nouveau cessez-le-feu, l’avenir des négociations reste néanmoins incertain.
« Nous ne nous sommes pas rencontrés par désespoir, c’est l’Iran qui l’a fait », a écrit Trump vendredi dans un message publié sur les réseaux sociaux. « Ils sont FINIS ! Nous allons laisser passer les 60 jours. Ils n’auront pas un sou, pas même dix centimes ! »
Vendredi, le ministère pakistanais des Affaires étrangères a déclaré pour sa part que la réunion quadripartite prévue au Caire entre les ministres des Affaires étrangères du Pakistan, de l’Arabie saoudite, de la Turquie et de l’Égypte permettrait d’« évoquer les développements régionaux, et d’échanger des points de vue sur des questions liées à la paix, à la sécurité et à la stabilité ».
Le ministère égyptien des Affaires étrangères a annoncé jeudi soir que cette réunion serait suivie de pourparlers élargis, puis d’une conférence de presse conjointe. Le ministère avait initialement indiqué que la réunion se tiendrait dans la station balnéaire égyptienne d’El Alamein, avant de revenir sur sa décision et de fixer le lieu au Caire.
Les quatre ministres des Affaires étrangères s’étaient réunis pour la dernière fois en avril, en marge d’un forum diplomatique organisé dans la station balnéaire turque d’Antalya.
La réunion du Caire intervient après le report, annoncé par le ministère suisse des Affaires étrangères, des pourparlers entre les États-Unis et l’Iran qui devaient se tenir vendredi en Suisse, dans le prolongement de l’accord visant à mettre fin à la guerre. La Maison Blanche a confirmé que le déplacement prévu du vice-président américain JD Vance en Suisse pour ces pourparlers avait été annulé.
Le ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré vendredi que des démarches étaient en cours pour définir une nouvelle date de pourparlers dans les prochains jours. La réunion en Suisse, a-t-il précisé, n’était plus une priorité, un protocole d’accord sur la fin de la guerre ayant déjà été signé par voie numérique entre les deux parties.
Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a souligné vendredi que les pourparlers avec les États-Unis resteraient soumis aux « lignes rouges » fixées par Téhéran.
« Comme nous l’avons déjà montré au cours des précédentes négociations, nous sommes déterminés à faire respecter les conditions et les lignes rouges fixées, dans l’intérêt de la nation iranienne », a affirmé Ghalibaf, cité par l’agence de presse officielle IRNA. « Si l’ennemi tente d’aller trop loin, il sait que nous avons le doigt sur la gâchette, et que nous n’hésiterons pas à lui infliger une riposte écrasante. »
L’accord, signé cette semaine par Trump et son homologue iranien Masoud Pezeshkian, vise à mettre fin à un conflit qui a débuté le 28 février avec les frappes américano-israéliennes contre l’Iran. Il prévoit également la réouverture du détroit d’Ormuz et le lancement d’une période de négociation de 60 jours sur des questions plus larges, notamment le programme nucléaire de Téhéran.
L’organisme iranien chargé de la gestion du détroit d’Ormuz a cependant fait savoir qu’il continuait à fixer les conditions de transit dans ce passage stratégique. S’il a indiqué être prêt à renoncer aux redevances à percevoir auprès des navires empruntant le détroit pendant la période de négociation de 60 jours, il a toutefois précisé que ces derniers devaient soumettre leur demande de transit au moins 48 heures avant leur arrivée.
L’Autorité iranienne du détroit du golfe Persique (PGSA) a en effet annoncé dans un communiqué qu’elle exonérerait les navires des redevances liées à la sécurité, à la sûreté, aux services environnementaux et aux assurances associées pendant cette période. Elle exige néanmoins que les navires coordonnent à l’avance leurs itinéraires et leurs horaires de transit, notamment en raison de la présence de zones minées et afin de garantir une navigation en toute sécurité.
Selon la société britannique de sécurité maritime Ambrey, les forces iraniennes ont ordonné jeudi à un pétrolier battant pavillon de Hong Kong et à un vraquier battant pavillon de Saint-Kitts-et-Nevis de faire demi-tour.
Dans un avis non daté diffusé aux acteurs du secteur maritime ces dernières 24 heures et consulté par Reuters, l’Autorité iranienne du détroit du golfe Persique (PGSA) a décrété qu’« aucun navire n’est autorisé à traverser le détroit d’Ormuz sans un permis de passage valide délivré par la PGSA ».
La PGSA, qui se présente comme l’unique autorité habilitée à délivrer ces permis, a également ajouté qu’elle se réservait le droit d’instaurer des frais d’assurance, obligeant les armateurs à souscrire et à renouveler leurs polices.
Le 18 juin, ce sont 25 traversées commerciales qui ont été enregistrées dans le détroit d’Ormuz – le nombre le plus élevé en une seule journée depuis le 18 avril, et plus de cinq fois la moyenne quotidienne des dix premiers jours de juin, d’après les données d’AXS Marine. Le trafic reste toutefois bien en deçà du niveau d’avant-conflit, qui était d’environ 120 traversées par jour.







