Iran: Washington sanctionne deux juges accusés de « bâillonner » le peuple
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Iran: Washington sanctionne deux juges accusés de « bâillonner » le peuple

Ces nouvelles mesures punitives sont les dernières d'une longue liste depuis que Donald Trump a décidé, en 2018, d'exercer une "pression maximale" sur Téhéran

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo en conférence de presse au Département d'Etat à Washington DC, le 18 novembre 2019. (Crédit : JIM WATSON/AFP)
Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo en conférence de presse au Département d'Etat à Washington DC, le 18 novembre 2019. (Crédit : JIM WATSON/AFP)

Les Etats-Unis ont imposé jeudi des sanctions à deux juges iraniens qu’ils accusent de vouloir « bâillonner » les Iraniens et d’avoir condamné à mort de nombreux « prisonniers politiques ».

L’un de ces juges, Abdolghassem Salavati, a notamment condamné à dix ans de prison pour espionnage Xiyue Wang, un Américain finalement libéré début décembre, après trois ans d’incarcération, dans le cadre d’un échange de détenus entre l’Iran et les Etats-Unis.

« Nous sommes heureux d’avoir obtenu la libération de Xiyue mais il n’aurait jamais dû être condamné ou écroué au départ », a déclaré le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo en annonçant ces sanctions lors d’un discours à Washington sur les droits humains en Iran.

Ce juge, qui préside une branche de la Cour révolutionnaire de Téhéran, « est un instrument de la répression menée par le régime, pas un ami impartial de la justice », a-t-il lancé.

Selon le Trésor américain, Abdolghassem Salavati a condamné à de lourdes peines, y compris la peine capitale, « plus de 100 prisonniers politiques, défenseurs des droits humains, employés de médias » et « manifestants pacifiques », ce qui lui a valu le surnom de « juge de la mort ».

L’autre juge visé est Mohammad Moghisseh, qui préside une autre branche de cette même juridiction.

« Il a supervisé un nombre incalculable de procès injustes », condamnant de nombreux journalistes et internautes, ainsi que des artistes ou des membres de la minorité religieuse bahaï, ajoute le Trésor dans un communiqué.

Les deux juges verront leurs éventuels avoirs aux Etats-Unis gelés et leur accès au système financier américain barré.

Ces nouvelles mesures punitives sont les dernières d’une longue liste depuis que Donald Trump a décidé, en 2018, d’exercer une « pression maximale » sur Téhéran. Le président américain, qui a claqué la porte de l’accord international de 2015 sur le nucléaire iranien, veut pousser la République islamique à négocier un pacte encore plus draconien afin de réduire à néant toute éventuelle ambition atomique et de contenir son influence jugée « néfaste » au Moyen-Orient.

Les sanctions interviennent aussi après la répression d’un mouvement de contestation en Iran, au cours de laquelle Washington accuse Téhéran d’avoir tué mi-novembre plus de 1 000 manifestants descendus dans les rues contre une forte hausse du prix de l’essence.

« Les voyous qui tuent des enfants ne seront pas autorisés à envoyer leurs propres enfants étudier aux Etats-Unis », a aussi assuré Mike Pompeo en annonçant un nouveau tour de vis aux restrictions de visas déjà drastiques visant les Iraniens.

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