Israël a déçu l’industrie des engrais avec l’affaire de l’ammoniaque
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Israël a déçu l’industrie des engrais avec l’affaire de l’ammoniaque

Eli Groner affirme que le réservoir de Haifa contenant le produit toxique ne doit pas être fermé tant qu'une alternative ne sera pas trouvée

Le réservoir d'ammoniac de Haïfa. (Crédit : ministère de l'Environnement)
Le réservoir d'ammoniac de Haïfa. (Crédit : ministère de l'Environnement)

Le directeur du bureau du Premier ministre a déclaré mercredi que le gouvernement avait déçu l’industrie « glorieuse » des engrais d’Israël en ne mettant pas en place une usine de fabrication dans le sud du pays à temps, avant la fermeture d’un réservoir d’ammoniaque à Haïfa.

En 2013, le gouvernement a décidé de fermer le réservoir d’ammoniaque de la baie de Haïfa en 2017, et de mettre en place une nouvelle usine de production dans le Negev à la place, en raison des préoccupations pour la sécurité des citoyens de Haïfa.

Lorsqu’il a pris sa décision, le gouvernement s’est également engagé à assurer un approvisionnement continu provenant du réservoir de Haïfa, jusqu’à ce que la nouvelle usine de production soit opérationnelle.

L’ammoniaque est utilisé par les fabricants de produits chimiques en Israël, y compris Haifa Chemicals Ltd., pour fabriquer du nitrate de potassium, un engrais utilisé par les agriculteurs en Israël et dans le monde pour faire pousser des fleurs et cultiver des fruits et des légumes.

La zone industrielle de Haïfa. Le réservoir d'ammoniac est visible sur la jetée, à droite. (Crédit : Shay Levy/Flash90)
La zone industrielle de Haïfa. Le réservoir d’ammoniac est visible sur la jetée, à droite. (Crédit : Shay Levy/Flash90)

Suite à la publication d’un rapport commandé par la ville de Haïfa, qui a constaté que les opérations impliquant l’ammoniaque représentaient un risque sérieux pour la population, un tribunal israélien a ordonné la fermeture du réservoir où l’ammoniaque est stocké, lorsqu’il arrive en pétrolier, dans la baie de Haïfa. Comme l’appel d’offres pour la mise en place de la nouvelle usine du Néguev a échoué en 2016 en raison d’un manque de candidats, la nouvelle installation est loin d’être construite, laissant la nation sans approvisionnement en ammoniaque, et des milliers d’employés sous la menace de perdre leur emploi.

Haifa Chemicals a déclaré que son entreprise ne pouvait pas fonctionner sans ammoniaque, et fait pression auprès du gouvernement pour trouver un approvisionnement alternatif du composé chimique jusqu’à ce qu’une nouvelle usine de fabrication puisse être construite dans le sud du pays.

« Lorsque le gouvernement a pris cette décision en 2013, l’objectif n’était pas de fermer l’industrie, de renvoyer des milliers de travailleurs à la maison et d’abandonner 2 % des exportations industrielles », a déclaré Eli Groner lors d’un point presse avec des journalistes à Tel Aviv.

« Je crains qu’il y ait eu un manque de concordance entre les dates de la fermeture du réservoir à Haïfa et la mise en place de l’usine au sud et donc toute l’industrie des engrais en Israël, qui est une industrie glorieuse […], tout ce secteur est en danger, et c’est très triste ».

Eli Groner, directeur général du bureau du Premier ministre, le 26 janvier 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Eli Groner, directeur général du bureau du Premier ministre, le 26 janvier 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Groner estime que le réservoir ne devrait être fermé qu’après qu’une autre source d’ammoniaque a été trouvée pour les entreprises qui utilisent le composé chimique pour produire des engrais.

« Le fait est qu’une décision a été prise en 2013 pour mettre en place une nouvelle usine pour produire de l’ammoniaque dans le Néguev, et nous sommes maintenant en avril 2017 et rien ne s’est passé. C’est certainement l’un des exemples où le gouvernement ne respecte pas ses objectifs », a-t-il déploré.

Le gouvernement devrait également participer à certains des coûts liés à la mise en place de la nouvelle usine d’ammoniac, a-t-il ajouté.

Le Times of Israël a envoyé plusieurs courriels au ministère des Finances et au ministère de l’Environnement, chargé de superviser la mise en place de la nouvelle usine dans le sud, pour obtenir une réaction, mais n’a pas reçu de réponse.

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