Israël affirme avoir communiqué sur les humanitaires de Gaza suspectés d’aider le Hamas
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Israël affirme avoir communiqué sur les humanitaires de Gaza suspectés d’aider le Hamas

Les Affaires étrangères démentent que des “alliés cruciaux” n’aient pas été informés des accusations contre les employés de World Vision et de l’ONU

Mohamed Halabi, membre du Hamas et directeur des opérations de l'organisme World vision dans la bande de Gaza, a été inculpé le 4 août 2016 par Israël pour avoir détourné les fonds de l'organisme de bienfaisance au profit de l'organisation terroriste. (Crédit : capture d'écran World Vision)
Mohamed Halabi, membre du Hamas et directeur des opérations de l'organisme World vision dans la bande de Gaza, a été inculpé le 4 août 2016 par Israël pour avoir détourné les fonds de l'organisme de bienfaisance au profit de l'organisation terroriste. (Crédit : capture d'écran World Vision)

Israël a rejeté vendredi les accusations selon lesquelles il n’aurait pas informé les états donateurs occidentaux des arrestations d’un travailleur humanitaire dans la bande de Gaza qui serait impliqué dans le détournement de millions de dollars au Hamas, groupe terroriste qui dirige le territoire, et d’un ingénieur de l’ONU lui aussi accusé de détournement.

Selon le quotidien Haaretz, Israël a reçu des plaintes d’ « alliés cruciaux » concernant la détention d’un responsable de World Vision, Mohamed Halabi, qui a été accusé d’avoir détourné des dizaines de millions de dollars de l’œuvre caritative vers le Hamas pour des objectifs terroristes.

World Vision, une association humanitaire chrétienne dont les quartiers généraux sont aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, travaille dans près de 100 pays. Son budget est d’environ 6,2 milliards de dollars, et elle emploie 50 000 personnes. Il s’agit de l’une des organisations humanitaires américaines les plus importantes, et elle travaille en Israël, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza depuis les années 1970.

Le ministère des Affaires étrangères de Jérusalem a démenti ne pas avoir informé les pays donateurs des suspicions contre Halabi ou contre Waheed Abd Allah Bossh, un ingénieur du programme de développement de l’ONU, qui a été arrêté en juillet par le Shin Bet parce qu’il aurait détourné des ressources au profit de l’organisation terroriste.

Waheed Abdullah Bosch, ingénieur du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), a été accusé d'utiliser son poste pour aider l'organisation terroriste du Hamas, le 9 août 2016. (Crédit : Shin Bet)
Waheed Abdullah Bosch, ingénieur du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), a été accusé d’utiliser son poste pour aider l’organisation terroriste du Hamas, le 9 août 2016. (Crédit : Shin Bet)

« L’affirmation qu’Israël n’a pas informé les pays donateurs de World Vision et du programme de développement de l’ONU (Pnud) concernant l’historique des arrestations des suspects est incorrecte », a déclaré le ministère dans un communiqué.

« Depuis les inculpations contre les personnels de World Vision et du programme de développement de l’ONU pour leur implication dans des activités terroristes du Hamas, les informations pertinentes ont été transmises, par différents moyens, aux pays impliqués dans l’activité humanitaire, a-t-il ajouté. Le ministère des Affaires étrangères continuera à coordonner le transfert des informations. »

Haaretz a cité des diplomates occidentaux anonymes déclarant que les actions d’Israël entraînaient le sentiment que le gouvernement cherchait à générer un « buzz de diplomatie publique », et pas à trouver une solution aux accusations.

« Les priorités israéliennes dans cette affaire sont très étranges », a déclaré un diplomate anonyme cité par le quotidien. « La conduite d’Israël est très décevante. »

L'ambassadeur israélien à l'ONU, Danny Danon, accueille le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, à son arrivée en Israël, le 27 juin 2016. (Crédit : Avi Davidi)
L’ambassadeur israélien à l’ONU, Danny Danon, accueille le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, à son arrivée en Israël, le 27 juin 2016. (Crédit : Avi Davidi)

Le département juridique de l’ONU a « demandé » qu’Israël libère Bossh, et a affirmé qu’il devrait bénéficier de l’immunité diplomatique, a déclaré jeudi l’ambassadeur d’Israël à l’ONU.

Danon et le ministère israélien des Affaires étrangères ont refusé la demande, déclarant que les affirmations de l’ONU selon lesquelles l’homme avait une immunité d’arrestation étaient « infondées ».

« Il est inconcevable qu’un homme aidant une organisation terroriste jouisse de l’immunité de l’ONU », a déclaré jeudi le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

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